C’est l’un des premiers dossiers épineux auquel doit faire face le nouveau maire de Besançon, Ludovic Fagaut. Celui de la situation financière et du fonctionnement de la MJC Clairs-Soleils, structure sociale implantée dans un quartier prioritaire de Besançon, qui suscite depuis plusieurs mois des interrogations. Pour rappel, à la fin de l’été, la Ville avait décidé de suspendre le versement de ses subventions à la structure. Une décision qui avait provoqué des réactions au sein de l’opposition municipale, mais également des inquiétudes concernant la poursuite des activités proposées par l’établissement aux habitants du quartier. La MJC avait alors réagi sur les réseaux sociaux pour dénoncer cette décision et alerter sur les risques d’une fermeture d’ici octobre prochain. Après plusieurs semaines de silence, le dossier a fait irruption dans les débats du conseil municipal, suscitant des échanges particulièrement électriques. Si plusieurs éléments de contexte ont été apportés par les élus, l’avenir de la structure reste pour l’heure, encore incertain. Un conseil d’administration doit prochainement se réunir afin d’examiner la situation.
Des problèmes de gestion financière qui durent depuis plusieurs années
Au coeur des débats, c’est la gestion financière de la structure sociale qui pose de nombreuses questions. Car les difficultés rencontrées par la MJC Clairs-Soleils semblent loin d’être une nouveauté. « C’est une structure qui a de gros problèmes de gouvernance. Un directeur qui ne répond pas. Cela fait depuis des années que la situation perdure« , a ainsi introduit Ludovic Fagaut. La municipalité évoque notamment l’absence de plusieurs documents comptables nécessaires au suivi de la structure et qui n’auraient pas été transmis depuis plusieurs années à la Ville. « Il n’y a aucun bilan comptable, ni aucun bilan d’activités. La CAF a proposé un accompagnement à plusieurs reprises qui a été refusé par la direction« , a déclaré Myriam Lemercier, adjointe en charge de la Vie de Quartier. « La Ville de Besançon verse 243 000€ de subventions annuelles à la MJC Clairs-Soleils« . Or, aujourd’hui le déficit de la structure sociale se situerait aux alentours de 80 000€. Contactée, la direction de la MJC n’a, à ce jour, pas répondu à nos sollicitations.
Le renouvellement de la convention de la Ville au cœur des débats
Mais au-delà de la situation actuelle et le déficit de 80 000€ affiché par la MJC, Ludovic Fagaut reproche à l’ancienne maire Anne Vignot d’avoir renouvelé le soutien financier de la Ville de Besançon à la MJC Clairs-Soleils malgré le manque de transparence et de garanties financières fournies par la direction. « Vous avez relancé une convention cadre en 2025 avec la MJC qui court jusqu’en 2029 alors même que vous étiez au courant des difficultés de gouvernance. C’est une faute Madame Vignot » a lancé avec véhémence le maire de Besançon.
L’opposition se défend et plaide pour la continuité du service public
En réponse aux accusations de Ludovic Fagaut, l’ancienne maire de Besançon, Anne Vignot, a tenté de nuancer : « Il ne faut pas oublier que nous sommes arrivés en plein Covid. Les structures sociales de la ville ont été particulièrement impactées et nous avons réussi à les redresser une à une. C’est le cas de l’ASEP ou de la MJC de Palente. L’économie des MJC est extrêmement fragile. On a réussi sauf pour la MJC Clairs-Soleils« , conclut-elle. Toute aussi embarrassée par la situation et les problèmes de gouvernance durables de la structure, l’opposition a remis en question le choix de couper brutalement les subventions pour la MJC : « Nous regrettons que cette décision de coupure des subventions sans pré-avis ait eu pour conséquence la fin des activités proposées dans le quartier des Clairs-Soleils et pénalise les habitants« , a déclaré Jean-Sébastien Leuba. « La Ville n’abandonnera pas le quartier des Clairs-Soleils mais nous sommes les garants des deniers publics alloués et nous avons fait le choix d’agir en conséquence » , lui a répondu Ludovic Fagaut.
Quel avenir pour la MJC ?
D’après le maire, une réunion organisée avec la préfecture, la CAF et la mairie de Besançon cette semaine aurait permis de faire le point sur la situation. Un conseil d’administration de la MJC doit désormais se réunir, ce lundi 21 septembre afin d’évoquer l’avenir de la structure. Mais aucune précision n’a été avancée par le maire et ses adjoints concernant le devenir de la structure, malgré les inquiétudes et les multiples questionnements soulevés par l’opposition. « Des réflexions sont en cours. La MJC a peut-être encore un avenir mais c’est son conseil d’administration qui en décidera lundi« , a indiqué le maire. Une chose semble néanmoins faire consensus : quelle que soit l’issue des discussions, la situation actuelle fragilise une structure qui joue un rôle important dans la vie du quartier des Clairs-Soleils.





























