Grand Besançon. Quel avenir pour la fromagerie historique de Fontain ?

Marc Girardot, le maire de Fontain, élu en mars dernier, souhaite faire revivre ce bâtiment emblématique de la commune. Une opération qui interroge l’opposition municipale.

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L'historique "chalet de fromagerie" de Fontain fait l'objet d'un projet de réhabilitation de la commune ©EPF BFC

Un lieu à réinventer

« Le Chalet de fromagerie » construit dans les années 50 a accueilli la fruitière de Fontain jusqu’en 2016, date du transfert dans la zone d’activités du Brey.

L’ancienne construction au cœur du village, bénéficie d’un emplacement à proximité des transports, des commerces et des équipements. La précédente municipalité avait acté le rachat du bâtiment auprès de l’Établissement Public Foncier (EPF).

Selon le communiqué de la mairie de Fontain, l’ancienne fromagerie s’étend sur 329 m² de surface de plancher pour une emprise foncière de 5 381 m² comportant des garages et hangars.

« Toutes les idées sont les bienvenues »

C’est dans ces termes que le maire de Fontain souhaite proposer à un porteur de projet une réhabilitation incluant des commerces, des artisans et des activités tertiaires en rez-de-chaussée et des logements en étage. Une première étude avait été réalisée par l’AUDAB en 2024.

Pour Marc Girardot, « notre objectif n’est pas simplement de vendre un bâtiment. Nous voulons trouver un projet qui ait du sens pour Fontain et qui participe à la vie du village. Toutes les idées sont les bienvenues ».

Un appel aux porteurs de projet

« La reconversion de l’ancienne fruitière est une opportunité pour valoriser et renforcer l’attractivité du village. Le projet devra répondre à son intégration dans le village, aux services qu’il pourra apporter aux habitants, dans un contexte de viabilité à long terme » souligne Marc Girardot.

La mairie de Fontain lance donc un appel aux entrepreneurs, artisans, entreprises ou investisseurs pour transformer ce site. Ils peuvent transmettre en mairie une présentation de leur activité et les grandes lignes du projet.

Une opération qui interroge

Marc Girardot affirme que la commune pourrait porter elle-même le projet mais cela impacterait durablement plusieurs mandatures compte tenu de son coût. « Nous vérifions donc une solution moins coûteuse auprès d’investisseurs ou porteurs de projet privés ».

Vivien Desgrange, candidat malheureux des élections du mois de mars et actuel conseiller municipal d’opposition s’étonne de « découvrir dans la presse que la commune envisage de vendre l’ancienne fruitière de Fontain ». L’élu municipal trouve surprenant d’apprendre ainsi une orientation importante concernant ce bâtiment communal, récemment acquis, « une vente ni évoquée ni débattue en conseil municipal ».

Coût estimé : 1,5 million d’euros

« Le maire et son équipe envisagent la création de cinq appartements, probablement à vocation sociale, au sein de l’ancienne fruitière » affirme Vivien Desgrange dans un communiqué. L’élu d’opposition s’étonne d’un coût financier trop important pour la commune. « Il est aujourd’hui estimé à environ 1,5 million d’euros auquel il faut ajouter le coût d’acquisition du bâtiment auprès de l’EPF (270 000€)…soit 360 000€ par appartement. Cela commence à faire cher » s’inquiète Vivien Desgrange.

L’opposition conteste la méthode

En faisant un appel à projet, Marc Girardot le maire de Fontain, tente d’apaiser le débat. Ses opposants rappellent que « l’acquisition de ce bâtiment emblématique du village avait été engagée sous la précédente municipalité et c’est bien la nouvelle équipe qui a finalisé l’achat auprès de l’EPF il y a seulement quelques semaines. Donc, quelques semaines après, nous apprenons par la presse qu’une revente est déjà envisagée à un opérateur privé ».

Dans son communiqué, Vivien Desgrange conclut « Sur un dossier concernant le patrimoine communal…il aurait été préférable de débattre d’abord, de décider ensuite avant de communiquer ». Le 9 septembre, Vivien Desgrange a quitté sa délégation – il était en charge de l’Économie et des relations avec les entreprises – mais a fait toutefois le choix de rester conseiller municipal.

Yves Quemeneur