Économie. « Il est temps de réagir » : au Carrefour des collectivités, les travaux publics alertent sur « la dette grise »

À l’occasion de l’inauguration du Carrefour des Collectivités qui se tient les 8 et 9 octobre à Micropolis, Frédéric  Bonnefoy Président de la Fédération régionale des Travaux Publics, a vertement tancé l’État et alerté les élus locaux sur l’urgence " à réagir sans délai".

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La 1ère journée du Carrefour des collectivités à Besançon Micropolis affichait complet ©YQ

Une filière économique essentielle en grande difficulté

Les travaux publics sont une activité essentielle pour l’économie des territoires.Frédéric Bonnefoy s’adressait directement à l’État au travers du Préfet du Doubs. Il s’adressait également aux élus locaux pour les mettre en garde sur la « dette grise » qui devient incontrôlable.

Des vœux à mettre au pied du cormier

« Continuer à investir pour les territoires » le vœu de Christine Bouquin, Présidente du conseil départemental du Doubs ©YQ

Trônant au cœur du stand de la Fédération des Travaux Publics, un cormier recevait des petits fanions exprimant les souhaits des élus pour les cinq prochaines années. Le symbole était fort au pied d’un arbre fruitier dont la longévité dépasse souvent 200 ans.

Frédéric Bonnefoy ne se projetait pas au XXIIIe siècle tout en formant le vœu « qu’ensemble, collectivités et travaux publics, aménageons les territoires de demain ».

Première édition du Carrefour des collectivités pour Ludovic Fagaut, maire et président de Grand Besançon Métropole ©YQ

Le Président de Grand Besançon, Ludovic Fagaut formait pour sa part « le vœu de la stabilité pour continuer à investir au service de la population et mettre de la souplesse dans les normes ».

Jean-Claude Grenier, Président de l’Association des maires du Doubs souhaite « que le bloc communal retrouve sa liberté ».

Face à l’absence d’entretien des infrastructures, à la baisse drastique de 26% des appels d’offres, des commandes au point mort, les professionnels des travaux publics étaient moroses.

« Nous sommes face au mur de la dette grise »

Frédéric Bonnefoy Président de la Fédération Régionale des Travaux Publics (FRTP) a tancé l’État lui demandant de « réagir sans délai » ©YQ

Frédéric Bonnefoy tire la sonnette d’alarme sur cette dette invisible. « Retarder l’entretien, la rénovation et la régénération des infrastructures (routes, ferroviaire, canalisations, voies fluviales, bâtiments publics, écoles…) 1€ non investi au bon moment, c’est 10€ de dépenses supplémentaires à venir, une situation alors intenable pour l’État et les collectivités ».

Le Projet de Loi de Finances 2027 est désormais au Parlement. Le Comité des Finances Locales de l’Association des maires de France s’est clairement insurgé contre ce projet qui va à l’opposé des attentes des territoires. « Si nous voulons ensemble construire encore dans les territoires, il faut pouvoir continuer à investir. L’État ne nous en donne pas les moyens » a ajouté Christine Bouquin, Présidente du conseil départemental du Doubs.

43% du chiffre d’affaires des Travaux Publics est lié aux commandes publiques

Christophe Ribette, Président d’ECORSE TP a insisté sur ce chiffre devant les 110 exposants réunis à Micropolis en ajoutant que la filière des Travaux Publics est « l’acteur essentiel de l’aménagement harmonieux et durable des territoires ».

Autour du préfet du Doubs Rémi Bastille, plusieurs parlementaires et de nombreux élus locaux étaient attentifs à la situation géopolitique actuelle « il nous faut des infrastructures fiables pour passer les crises » a souligné Frédéric Bonnefoy Président de la FRTP ©YQ

Rémi Bastille, préfet du Doubs, « a souhaité rappeler tout le monde aux faits. Je ne peux pas laisser dire que l’État ne fait rien, est responsable de tout. Le budget de l’État, c’est le budget de la Nation toute entière, celui aussi des collectivités locales. Il n’y a pas de bons gestionnaires dans les communes et de mauvais à Bercy. Je vous rappelle que la DETR (Dotation d’équipement des territoires ruraux) est une subvention de l’État qui aide les communes à financer leurs projets d’investissement ».

Le préfet réfute également l’allongement anormal des délais de paiement. « Depuis trois ans dans le Doubs, je n’ai pas été alerté de problèmes de délais trop longs. Le problème de trésorerie provient plus souvent des relations de paiement entre donneurs d’ordres et sous-traitants ». Rémi Bastille a enfin souligné l’importance du financement de l’État dans la construction de la Grande Bibliothèque à Besançon, de la voie de contournement entre Beure et Micropolis ou encore des travaux d’infrastructures à Pontarlier.

Une foule d’élus locaux très nombreux à Micropolis

Alain Chrétien Maire de Vesoul et vice-président de l’Association des Maires de France et Jean-Claude Grenier Maire de l’Hôpital-du-Grosbois et président de l’association des maires du Doubs « Nous faisons avancer la France » pour l’un « sans économie rien ne se fait » pour l’autre ©YQ

Le renouvellement des conseils municipaux et conseils communautaires ont porté aux responsabilités 40% de nouveaux élus. Alain Chrétien, laire de Vesoul et vice-président national de l’Association des Maires de France, a insisté « nous, collectivités locales, nous faisons avancer la France ». Et Serge Delfils, président de l’association des maires ruraux du Doubs de conclure « Nos villages débordent d’idées et de projets, nous faisons preuve d’audace et d’optimisme ».

Yves Quemeneur