Grand Besançon : l’aire de grand passage, ça ne passe pas !

Après une première délibération le 24 mai 2018, le conseil communautaire de Grand Besançon Métropole a de nouveau validé le 16 décembre 2021 la construction de l’aire de grand passage des gens du voyage sur la commune de Chemaudin-et-Vaux…validation dans la douleur avec 8 abstentions.

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L'aire de grand passage sur les communes de Chemaudin-et-Vaux et Champagney était au menu du conseil communautaire de Grand Besançon le 16 décembre 2021

« Nous entendons convaincre la population d’accepter cette aire de manière à éradiquer les campements illégaux » annonçait en 2018 Gilbert Gavignet le Maire de Chemaudin-et-Vaux. Il faisait référence en particulier aux petits rassemblements de caravanes sur la zone de l’Echange.

Il aura fallu près de 4 ans et l’adoption le 21 janvier 2021 du « schéma départemental pour l’accueil et l’habitat des gens du voyage du Doubs 2021-2026 » pour remettre à jour la construction d’une aire de très grand passage qui pourrait être opérationnelle au printemps 2024. D’ici là, de recours en contestations, cet aménagement pourrait être encore reporté.

Les habitants des communes limitrophes…pas chauds du tout

Si les maires des communes de Chemaudin-et-Vaux, de Champagney, Champvans-les-moulins et Mazerolles-le-Salin ont donné leur accord de principe, ils souhaitent dorénavant une concertation large avec l’ensemble des habitants. Les riverains se sont irrités de constater dans le rapport présenté au conseil communautaire « la nécessité d’emporter l’adhésion des gens du voyage » sans la nécessité…d’emporter l’adhésion des habitants ! A la pointe du combat, Daniel Paris, le maire de Mazerolles-le-Salin : s’il n’est pas opposé par principe à l’aménagement « il ne peut en être question que si un giratoire est construit à l’intersection de la RD 233 et la RD 67 ». Tout en soulignant que l’hypothèse de ce giratoire « sur un carrefour particulièrement accidentogène » n’avait jamais été évoqué avant le conseil communautaire du 16 décembre, le maire de Mazerolles-le-Salin demeure circonspect sur sa réalisation, compétence départementale.

6 hectares de terrain aménagé

L’aire de grand passage représente 4 hectares pouvant accueillir 200 caravanes (ouverte du 1er avril au 30 septembre) sur des périodes de 1 à 4 semaines. Une aire de délestage en tout-venant d’une superficie de 6 500 m² permettra d’accueillir toute l’année environ 44 familles. La voirie et les aménagements (merlons et végétalisations) en bordure d’autoroute complètent l’ensemble.

S’agissant d’une installation pérenne, une alimentation en eau et en électricité ainsi qu’un système d’assainissement sont prévus comme la collecte de déchets ménagers.

Les travaux prévoient un accès au site depuis la RD 67 en élargissant la route en direction de Recologne avec la création d’un îlot central  rendant impossible la traversée de la route. Depuis Recologne, les véhicules et caravanes devront faire demi-tour au giratoire de la zone de l’Echange. La construction d’un second giratoire à l’intersection RD 67/RD 233 « est une condition nécessaire » pour les porteurs du projet… »un pré-requis indispensable » pour les communes limitrophes.

2,5 millions d’euros

Le rapport précise que les 1,1M€ d’aménagement intérieur du site sont prévisionnels. L’élargissement de la route départementale et la construction du giratoire supplémentaire coûteront 900 000€. Bien que ces équipements soient obligatoires (Loi Besson du 5 juillet 2000), l’Etat ne financera pas l’investissement. Pour la part départementale, elle est pour l’instant limitée à 15 000€, hors construction du giratoire.

Quatre ans de retard sur la date initiale du projet

Les études techniques, la modification du PLUI et les contraintes liées à la loi sur l’eau reportent le début des travaux en 2023 pour une mise en service au printemps 2024. Le projet présenté en 2018 par Robert Stepourjine (alors maire de Pirey et vice-président de GBM en charge des gens du voyage) prévoyait un site opérationnel en ….2020 !

Les investissements publics ne se font pas  « d’un claquement de doigts », on le comprend bien. Mais les aiguilles de l’horloge administrative avancent lentement dans la capitale du temps.

Yves Quemeneur