Haut-Doubs. La lamproie est-elle encore présente dans nos rivières ?

Plus qu’une simple enquête pour répertorier l’espèce, cette action permet d’en savoir plus sur l’état général des rivières qui justement conditionne la présence de la lamproie.

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Si vous voyez quelques spécimens, faites-le savoir.

« Son corps d’environ 20 cm de long de couleur brun-jaune avec nageoires peu développées, donc peu visibles, lui donnent l’allure d’une petite couleuvre » explique Jean-Pierre Herold de SOS Loue Rivières Comtoises.

La présence de la lamproie dans les eaux des cours d’eau têtes de bassin en Franche Comté est prouvée par des observations publiées dans plusieurs revues scientifiques, mais la situation évolue vers une régression des populations depuis deux décennies. Elle est classée « vulnérable » sur la liste rouge des Poissons de Franche Comté depuis 2014.

« Il y a bientôt deux ans, nous mettions au défi les gens qui le souhaitaient de nous remonter leurs observations de Lamproie. L’enquête continue » « Les secteurs qui hébergent encore cette espèce deviennent rares : c’est pourquoi il est fait appel aux naturalistes, pêcheurs et à tous ceux qui fréquenteront les rivières comtoises en 2022 pour contribuer à une mise à jour de cette cartographie ». Ces observations sont importantes pour préciser l’état et l’évolution des populations et donc des rivières. « La lamproie est en effet une espèce indicatrice de la qualité des milieux et de l’eau » souligne-t-il. « Ouvrez l’œil et cherchez des nids dans les graviers ou des individus morts après la reproduction ce qui est la règle suite à la ponte de plusieurs milliers d’œufs ». Cette ponte a lieu entre mars et mai selon la température de l’eau, soit entre 8° et 11°. Ces relevés permettront de savoir si l’espèce est encore présente dans la Loue, le Lison, le Dessoubre, le Cusancin et le Doubs.

Elle est en tout cas présente à l’aquarium de la Citadelle de Besançon où un projet de reproduction de la lamproie a été mené avec succès ces derniers mois.