Mouvement lycéen dans le Doubs : une forte mobilisation et des incidents

Ce jeudi 1er octobre, le mouvement de mobilisation des lycéens, lancé à l’échelle nationale, a gagné plusieurs établissements dans le Doubs. Les manifestants réclament « plus de moyens pour les lycées ». Plusieurs incidents ont été relevés dans le département et 61 interpellations ont été recensées.

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À l’échelle nationale, un large mouvement de mobilisation des lycées est en cours. Le Doubs ne fait pas exception. Ce jeudi 1er octobre à Besançon, des manifestations ont eu lieu dans de nombreux lycées de la ville : Pergaud, Pasteur, Montjoux, Sainte-Famille, Condé Victor Hugo ou encore Jules Haag. L’après-midi, un cortège a pris la direction du Rectorat de Besançon. Ce vendredi 2 octobre, la mobilisation lycéenne ne faiblit pas dans la capitale comtoise. À Pontarlier, ce sont le lycée professionnel Toussaint Louverture et le lycée Xavier Marmier qui ont été concernés par le mouvement. Des manifestations se sont également tenues à Montbéliard, notamment aux abords du lycée Germaine Tillion.

De nombreux lycées mobilisés à Besançon

La journée du 1er octobre a été particulièrement mouvementée devant plusieurs lycées bisontins. Dès le début de matinée, les manifestants ont bloqué l’accès aux établissements pour revendiquer plus de moyens dans l’Education Nationale et davantage de personnels notamment de professeurs. 

Plusieurs débordements ont éclaté en marge de la mobilisation lycéenne avec notamment la présence d’individus cagoulés et violents dans les cortèges, notamment du côté des lycées Jules Haag, Condé ou encore Victor Hugo. De nombreuses poubelles ont été brûlées et des policiers ont été pris à partie. Les sapeurs-pompiers ont également été caillassés en tentant d’éteindre des départs de feu de mobilier urbain. 

La mobilisation s’est poursuivie dans l’après-midi, cette fois-ci devant le Rectorat de Besançon. 

Ce vendredi matin, encore une centaine de lycéens étaient réunis devant le lycée Jules Haag pour protester. La police nationale ainsi que des CRS étaient également déployés en nombre pour éviter tout débordement. Mais la situation semble beaucoup plus calme qu’hier, à la même heure. Interrogés sur place, certains lycéens ont exprimé leur mécontentement : “on se mobilise ensemble pour protester contre le manque de professeurs. Ce qu’on voudrait c’est plus de moyens pour les lycées” déclare l’un d’entre eux. “On ne se sent pas écouté ni pris au sérieux quand on manifeste”, ajoute un autre mineur. 

Des centaines d’élèves devant le lycée Xavier Marmier

Ce 1er octobre, entre 200 et 300 élèves du lycée Xavier Marmier ont manifesté, rejoints par les élèves du lycée professionnel Toussaint Louverture, avec là aussi, les mêmes revendications. Sur la journée, entre 20 et 25 agents de la police nationale et de la police aux frontières ont été mobilisés. Plusieurs incidents ont été relevés. Un abribus a été cassé devant le lycée Xavier Marmier. Une palette et deux poubelles ont été brûlées au lycée Toussaint Louverture. « En fin de manifestation, il y a eu des jets de projectiles ainsi que des tirs de mortiers sur la police. Je ne pensais pas vivre ça ici à Pontarlier. Ça a engendré une réponse des forces de l’ordre au milieu de l’après-midi », détaille David Tognelli, commandant divisionnaire de la police de Pontarlier. 

Au total, sur la journée, six interpellations ont été réalisées dont trois mises en garde à vue. « Il n’y a pas eu de recours aux lacrymogènes. On a été très patient. La prochaine fois, en cas d’impact des policiers, avec jets de projectiles et encore plus en cas de jets de mortiers, on n’attendra pas. Le droit de manifestation est établi et prévu par la loi donc on va les laisser manifester. Néanmoins, on ne doit pas s’en prendre aux policiers qui sont aussi là pour assurer la sécurité de leur manifestation », prévient le commandant.

David Tognelli fait état également d’un policier blessé, avec une grosse entorse à la cheville, transporté à l’hôpital à la suite de l’interpellation d’un des jeunes. Un élève aurait également été blessé « pendant la manifestation entre eux, pas durant l’intervention des forces de l’ordre ». 

61 interpellations le 1er octobre

Sur la journée du 1er octobre, les forces de sécurité intérieure sont intervenues à plusieurs reprises aux abords des établissements concernés. Au total, 205 fonctionnaires et militaires ont été mobilisés sur le terrain. Selon un communiqué de la préfecture du Doubs, les forces de l’ordre ont procédé à 61 interpellations d’individus auteurs de tirs de mortier, de dégradations du mobilier urbain ou de jets de projectiles. Les sapeurs-pompiers ont effectué 15 interventions pour des feux de poubelle ou de mobilier urbain. 11 policiers et 2 gendarmes ont été blessés.

Un appel national est lancé pour une nouvelle mobilisation le 6 octobre prochain.

Pauline Graf et Cassandra Tempesta