Pontarlier. Avec Nicolas Barbe élu à la tête de la CCGP, Pontarlier perd la présidence

Lors du conseil d’installation du Grand Pontarlier ce mercredi 22 avril, deux candidats étaient en lice : Nicolas Barbe, maire de Chaffois et Patrick Comte, maire de Pontarlier. Cela faisait 26 ans que la présidence était détenue par le maire de la capitale du Haut-Doubs. Un vote historique qui suscite de la déception du côté de Pontarlier où Patrick Comte dénonce des « compromissions politiques » et une « décision préjudiciable ».

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Nicolas Barbe Grand Pontarlier
Nicolas Barbe (à gauche), maire de Chaffois, est le nouveau président de la CCGP ©CT

2026 est synonyme de changement sur le territoire pontissalien. Le retrait de Patrick Genre de la vie politique a suscité de nombreuses convoitises. Déjà par les élections municipales où quatre candidats étaient en lice. C’est finalement Patrick Comte, qui avait misé sur un « renouveau », qui l’a emporté.

Ce renouveau s’est ensuite transcrit au niveau communautaire avec l’élection du nouveau président lors de l’installation du conseil le mercredi 22 avril. Deux élus se sont portés candidats. Patrick Comte et Nicolas Barbe, maire de Chaffois. Ce dernier a remporté l’élection. Pour la première fois depuis 26 ans, le président n’est pas le maire de Pontarlier. Un vote historique donc, mais également très serré puisque Nicolas Barbe l’emporte avec 19 voix, contre 16 pour Patrick Comte.

Les neufs villages qui composent la CCGP disposent de 18 sièges, soit la majorité absolue. Le maire de Pontarlier a naturellement récolté les voix de son équipe, soit 14 élus. Il a aussi reçu le soutien de Bertrand Guinchard (sa liste “Pontarlier, forte, vivante et responsable ne dispose que d’un siège”) qui n’a cessé de revendiquer durant toute la campagne électorale que le président de la CCGP devait être le maire de Pontarlier. Un élu d’un village a également donné son vote à Patrick Comte, lui permettant de monter son nombre de voix à 16.

Tout s’est joué alors avec le vote de la liste “Pontarlier en actes”, représentée en conseil communautaire par Bénédicte Hérard et Xavier Garcia. Avec ces voix, Patrick Comte aurait récolté la majorité absolue. Mais c’est un autre scénario qui s’est produit, puisque les deux conseillers pontissaliens ont choisi d’apporter leur soutien à Nicolas Barbe. Patrick Comte ne cache pas sa déception. « Je m’attendais à ça car la liste “Pontarlier en actes” m’avait prévenu qu’elle voterait Nicolas Barbe pour le remercier de les avoir soutenus pendant la campagne. Ces compromissions politiques m’énervent. Je suis dégouté par ça »

« Nous n’avons pas à Pontarlier le monopole de l’intelligence »

Une accusation réfutée par Bénédicte Hérard. « J’aimerais qu’on s’attache au vocabulaire. Ça sous-entend que j’obtiendrais quelque chose en contrepartie pour notre groupe. J’aimerais bien qu’on me dise ce que nous avons obtenu. Je dénonce ces accusations diffamatoires dans le sens où le vote est libre. À Pontarlier, quand les électeurs ont plébiscité Patrick Comte, je ne crois pas avoir dénoncé des compromissions mais j’ai simplement respecté le vote. Le changement souhaité à Pontarlier, il faut l’accepter aussi à la communauté de communes. On ne peut pas accepter du changement quand on est concerné et le réfuter quand on ne l’est pas. Nous n’avons pas à Pontarlier le monopole de l’intelligence. Il y a énormément d’intercommunalités qui sont gérées par des présidents qui ne sont pas forcément de la ville centre (c’est le cas à Pays de Montbéliard Agglomération par exemple, ndlr) ».

La conseillère communautaire rappelle que durant toute sa campagne, elle souhaitait, si elle était élue maire de Pontarlier, dissocier les deux rôles, en proposant Didier Chauvin en candidat à la présidence de la CCGP. « Ce sont des dossiers à la fois complexes pour Pontarlier et pour la communauté de communes donc il faut du temps ».

Bénédicte Hérard justifie son vote pour Nicolas Barbe : « c’est quelqu’un d’excessivement investi, compétent, qui connaît les dossiers, qui a été force de proposition, d’amélioration et qui est au courant de tout. Je pense que c’est la bonne personne. Quand il a proposé son plan d’action avec un vice-président en charge uniquement des gros travaux, au regard de la période que la CCGP va traverser durant le mandat, je pense que c’est judicieux et que ça ne peut apporter que du positif. Nicolas Barbe sait fédérer, s’imposer quand c’est nécessaire et n’hésite pas à utiliser les grands moyens »

« Je refuse cet héritage »

Patrick Comte dénonce une décision « préjudiciable en tout cas pour ma gestion. Je voulais remettre de l’ordre dans les services. Il y a beaucoup de turnover et le fait de ne pas être patron des trois services, le CCAS, la Ville et la CCGP, ça va m’empêcher de gérer comme il faut. Il y a 200 employés à la communauté de communes et il y a beaucoup de postes mutualisés. Le maire de Pontarlier est sans arrêt convié et je pense que ça facilite les choses pour aller à la pêche aux subventions et à l’argent ». Sur ce dernier point, Nicolas Barbe estime que « c’est complètement faux. Le carnet d’adresse, on l’a tous, avec l’expérience on l’a. Il n’y a pas de copinage, on monte un dossier, si on est éligible à la subvention, on a les mêmes droits qu’un autre. Il n’y a pas de différence ».

En préambule de l’élection, Patrick Comte, lors de son discours avait fait un constat « certains d’entre vous sont marqués par la difficulté qu’ils ont eu d’agir en concertation sous l’ancien mandat et m’ont fait part de leur ressenti. Cependant, je refuse cet héritage ». Après les résultats, il estime que les villages lui font « payer les six dernières années ».

« On a besoin d’un président disponible »

De son côté, Nicolas Barbe a expliqué les raisons de sa candidature en préambule de l’élection. « Les électeurs de notre ville centre ont voté pour une équipe avec un programme ambitieux qui nécessite un engagement de chaque instant. La tâche sera grande pour un nouveau maire et son conseil municipal qui entrent en responsabilité et qui auront à cœur, j’en suis sûr, de faire rayonner leur ville. C’est pour cette raison, dans un esprit d’entraide et de coopération, en concertation avec la majorité des maires des autres communes, que je vous présente ma candidature. La communauté de communes du Grand Pontarlier a besoin d’un président disponible pour gérer les affaires au quotidien et vous pouvez compter sur mon engagement, avec l’aide des neuf autres maires, des vice-présidents et de vous tous, pour faire rayonner le territoire et travailler dans l’intérêt général ». Une « solidarité » balayée par Patrick Comte « c’est du pipeau. Gérer les agents de la ville, c’est le même boulot que gérer les agents de la communauté de communes »

Les nouveaux vice-présidents 

1er : Yves Louvrier (maire de la Cluse-et-Mijoux) en charge de la Gestion Patrimoine et Bâtiments

2e : Jean-Louis Gagelin (adjoint au maire de Pontarlier) en charge de l’Aménagement du territoire et du Développement économique

3e : Laurent Favre (maire de Dommartin) en charge de la Gestion des Finances

4e : Philippe Klein (adjoint au maire de Pontarlier) en charge du Développement durable et de l’Environnement

5e : Bruno Tempesta (maire de Doubs) en charge de la Gestion des Moyens techniques et opérationnels

6e : Nathalie Bertin (adjointe au maire de Pontarlier) en charge du Développement touristique et du Château de Joux

7e : Damien Guyot (maire de Houtaud) en charge de la Gestion en Ressources en Eau et Assainissement

8e : Raphaël Charmier (maire des Granges-Narboz) en charge de la Gestion et Valorisation des Déchets

9e : Agathe Henriet (adjointe au maire de Pontarlier) en charge de l’Action sociale et Services à la population

Les nouveaux membres du bureau

1er : Patrick Comte (maire de Pontarlier)

2e : Lionel Malfroy (maire de Sainte-Colombe)

3e : Marc Louvrier (maire des Verrières-de-Joux)

4e : Laurence Invernizzi (maire de Vuillecin)

5e : Christian Petit (adjoint au maire de Doubs)