L’accès au quartier Chapelle-Charpillot et les bouchons de la rocade Georges-Pompidou ont animé la campagne électorale en mars dernier. Élus, Patrick Comte et son équipe, ont commencé à étudier les évolutions possibles dès le mois de mai, en commençant par une rencontre avec les habitants du quartier.
Suppression des feux, radars et zone à 30km/h : le projet de la Ville
Face aux adhérents de l’Amicale Chapelle-Charpillot (ACC), l’élu a maintenu sa volonté de supprimer les feux tricolores de la rocade. Une mesure au cœur d’un projet plus large (lire ci-dessous). Pour l’association, ce projet ne fait que déplacer le problème. « En supprimant les feux, il sera impossible de s’insérer sur la rocade depuis notre quartier ou même depuis le rond-point de la gare TGV, où les futurs bouchons seraient énormes. Cela reporterait aussi le problème sur le pont des Granges et son rond-point (lire l’encadré, ndlr). Le trafic ne s’améliorerait pas pour autant, mais la situation dans notre quartier serait nettement dégradée », résume Catherine Bovet, membre de l’ACC.
Des feux verts d’une durée plus longue
Dès lors, la municipalité et l’association se sont accordées sur un premier test : allonger la durée des feux tricolores de la rocade. « Aujourd’hui, 15 véhicules passent à chaque feu vert, contre 25 à 30 dans les mêmes conditions ailleurs. Une fois le rond-point Malraux passé, 30 % des véhicules se dirigent vers le centre-ville quand le reste poursuit sa route en direction de la gare. Les bouchons sur cette portion durent entre 7 et 8 minutes, ce n’est pas grand-chose », précise Patrick Comte. « Une majorité de personnes estime que ces feux sont le problème. Alors essayons des choses ! Mais les bouchons entre La Cluse-et-Mijoux et l’entrée de Pontarlier, c’est au niveau du pont des Rosiers que cela se joue ». Actuellement, la durée du feu vert le long de la rocade est d’une minute et dix secondes. « Le règlement nous interdit d’aller à deux minutes, donc on va pousser autour d’une minute et cinquante secondes », enchaîne Patrick Comte.
Un test retardé au 24 août… faute d’agents formés
Si cette expérimentation a d’abord été envisagée dès cet été, la municipalité s’est retrouvée bloquée malgré elle : « j’ai découvert que nos services n’avaient pas les compétences pour changer la durée d’un feu de signalisation. C’est étonnant… », concède le maire. L’allongement de la durée des feux est donc programmé pour le 24 août et deux agents de la Ville devraient être formés au même moment. De quoi satisfaire tous les acteurs, et notamment l’ACC, qui craignait qu’un tel essai en période de vacances « ne reflète pas la vraie circulation à Pontarlier », souligne François Tournier. « Au mois de septembre, on aura un premier bon aperçu. »
De son côté, Patrick Comte craint une autre conséquence. « Avec le feu de la rue du Stand, juste avant le pont Saint-Claude, et l’allongement de ceux de la rocade, j’ai peur qu’un nouveau bouchon se forme. Si ce test n’est pas concluant, on procédera à notre méthode ».
Suppression des feux, zones à 30km/h et radars : le projet de la municipalité
La municipalité veut aller beaucoup plus loin. D’abord, en supprimant les feux tricolores de la rocade Georges Pompidou, tout en passant le carrefour à 30 km/h, « comme toutes les entrées de ville », précise Patrick Comte. Concernant la RN57, la nouvelle majorité est confrontée à un autre problème : une portion de route nationale ne peut rester indéfiniment limitée à cette vitesse. « La DIR Est refuse. On peut toutefois maintenir ce test provisoire sur une longue période », glisse Patrick Comte. L’équipe municipale envisage également d’installer des radars en amont de ce croisement.
Ensuite le carrefour serait totalement repensé. L’accès au quartier Chapelle-Charpillot depuis la rocade serait possible uniquement dans le sens Besançon – Vallorbe. L’accès à la rocade depuis le quartier serait toujours possible, mais uniquement en direction de Vallorbe. L’actuel tourne-à-gauche pour rejoindre le rond-point de la gare TGV serait supprimé. Enfin, toujours dans le même sens de circulation, l’accès au centre-ville depuis la rocade serait également supprimé. Les automobilistes devraient passer par la rue de l’Industrie (menant à l’hôpital, ndlr) ou opérer un demi-tour au rond-point Malraux.
Dans le sens Vallorbe – Besançon (en direction du rond-point de la gare TGV, ndlr), un nouvel embranchement en direction du centre-ville serait aménagé, en utilisant le parking de la place Saint-Claude. L’accès à la rocade depuis la rue Montrieux serait aussi supprimé. Pour accéder au quartier Chapelle-Charpillot, les automobilistes devraient opérer un demi-tour au rond-point de la gare TGV, ou passer par le pont des Granges. « À 30 km/h, les voitures en provenance de Chapelle-Charpillot ou du centre-ville peuvent plus facilement s’insérer. C’est une limite de vitesse psychologique car, d’après les études déjà réalisées, la vitesse moyenne sur ce secteur oscille déjà entre 30 et 40 km/h », précise Patrick Comte.
Côté piéton, le passage près du bar Le Pelikan’s serait lui aussi réaménagé pour plus de sécurité, tout comme l’accès devant l’établissement, élargi pour permettre de passer plus facilement sous le pont Saint-Claude. « On va peut-être envisager de supprimer un trottoir sous le pont pour agrandir et sécuriser l’autre. Aujourd’hui, quand deux personnes se croisent, c’est compliqué », admet l’élu.
En cas d’essai non concluant concernant l’allongement de la durée des feux à compter du 24 août, la Ville de Pontarlier pourrait engager le réaménagement du carrefour dès le début de l’année 2027. Reste à convaincre l’Amicale Chapelle-Charpillot, qui ne compte pas « se laisser faire », assume François Tournier. « Des adjoints actuels vivent dans notre quartier, comme plus de 2 500 Pontissaliens. On paie notre taxe foncière et nos impôts ici, contrairement à la plupart des automobilistes. On souhaite préserver ce statu quo actuel. Ce n’est pas la solution parfaite, certes, mais c’est surtout la moins mauvaise. » La Ville de Pontarlier doit également composer avec un autre problème de taille : les finances, plus que jamais dans le rouge.




























