L’invité de la semaine. Alain Pralon, président de Terra Flora, nouveau festival du végétal vivant

Terra Flora, un nouveau festival du végétal vivant, de la biodiversité, de l’artisanat d’art et du patrimoine naturel de la Haute-Saône, investit le Jardin d’Acorus à Autoreille les 3 et 4 octobre. Au programme : exposition, visites pédagogiques, jeux, découverte d’artisans d’art ou encore table ronde autour de la filière florale.

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Alain Pralon, président de Terra Flora ©Alain Pralon

Quelle est l’ambition de ce nouveau festival Terra Flora ?

Notre mission est de promouvoir le patrimoine floral présent en Haute-Saône. Sur notre territoire, il y a un patrimoine de la fleur sauvage hallucinant. Cette prise de conscience a donné naissance à un travail sur 17 ans mis en place par le conseil départemental, avec une sorte de cartographie de toutes ces variétés présentes, en lien avec le conservatoire botanique de Franche-Comté. Cela a donné naissance à l’atlas de la Haute-Saône. Il est gratuit, accessible à tous les établissements scolaires du département. Il faut le faire connaître. On a aussi un patrimoine bâti au niveau des lavoirs qui est extraordinaire. On est le premier département de France à avoir plus de 1700 lavoirs. Avec Terra Flora, on a aussi le but de promouvoir nos jardins et notamment des jardins classés “remarquables”.

Il y a aujourd’hui un “french art de vivre” sur le domaine du jardin avec les métiers d’art associés et tout ce que cela véhicule sur le modèle économique. Il y a un vrai marché mais il est dédié à l’étranger. Le monopole de la fleur françaisen’appartient pas au marché français mais à la Hollande car on n’a pas organisé la filière de la fleur. Tout le monde est en train de prendre conscience qu’il y a quelque chose à créer pour remplacer ce qui ne fonctionne pas.

Terra Flora est un festival qui va parler de ces enjeux au grand public, le sensibiliser en faisant intervenir des acteurs locaux et français, et encourager le consommateur à repenser sa manière de consommer mais aussi sensibiliser les jeunes aux métiers associés à tout ça. L’ambition du festival va être de proposer un espace de discussions le dimanche matin autour de tous ces enjeux-là.

Que va-t-on pouvoir faire lors du festival ?

Il y aura des visites pédagogiques pour les enfants. Ils auront un jeu de piste pour découvrir les 25 photos de Diego Virgile qui fait quand même la Une de Terre Sauvage. L’exposition de photos sera donc associée au patrimoine floral et arboré, avec un jeu interactif.

Il y aura la découverte du lavoir avec une pyramide olfactive, ainsi qu’un espace de jeux en bois. Les enfants seront dans des activités où l’on se concentre et où l’on découvre avec les parents. On veut créer des souvenirs pour tout le monde. Il y aura un coloriage géant. Et puis, il y aura la découverte des artisans d’art. L’année prochaine, on souhaite avoir des démonstrations. On est sur un salon qui fait découvrir des gestes et qui transmet un patrimoine immatériel de la connaissance. Ces savoir-faire sont en train de se perdre et on ne les a pas tous dans nos instituts de formation. Terra Flora est un festival du patrimoine vivant.

Il y aura un espace boutique, une buvette et une pépinière. Sur notre espace boutique, on développe un modèle économique qui va soutenir massivement l’artisanat d’art. On va créer un chèque-cadeau qui va intégrer un temps de fabrication de l’objet, qui est un délai de trois mois et donc qui tombera au moment de Noël. Le chèque-cadeau va financer la commande du produit et l’artisan n’aura pas de stock car tout ce qu’il fait sera déjà vendu.

Le samedi soir, Lys Impala donnera un concert privé pour remercier aussi les bénévoles et les exposants. On voudrait créer un festival où les acteurs adhèrent à l’objet de l’association et où tout le monde est considéré comme une force vive du projet.

Pourquoi avoir choisi le jardin d’Acorus pour installer le festival ?

On a trouvé qu’à Autoreille, on avait l’espace pour créer tout ça. On a un jardin remarquable pour installer l’exposition. Il faut qu’on valorise un patrimoine bâti, le lavoir d’Autoreille. On va le scénographier, on va aller chercher Terre d’Oc comme partenaire pour mettre des brumisateurs afin de créer une expérience sensorielle. Il faut qu’on se saisisse de tout ce qui est existant. Tout va se faire à moins de 300 mètres. On doit valoriser le travail de l’artisanat, de la fleur coupée, faire connaître l’art du bouquet avec des démonstrations. L’objectif premier du projet est de fédérer les acteurs du département. Il faut créer un réseau, penser à nos jeunes. On a des pépites sur notre territoire. L’objectif est de faire participer le grand public.

Pour cette première édition, le Japon est le pays d’honneur, pourquoi ?

C’est en lien avec mes voyages où j’ai découvert l’art du jardin là-bas. Les valeurs sont proches des nôtres et les Japonais adorent la France. Avoir un partenariat avec le Japon qui a dans sa culture et dans son ADN ce niveau d’excellence proche du nôtre, montre qu’on a des cultures qui peuvent s’intégrer à la nôtre et qui peuvent même la compléter, l’affiner. En mélangeant ces deux univers, je pense qu’on peut faire quelque chose de très chouette.

Terra Flora, 3 et 4 octobre de 9h à 18h. Quatre lieux à visiter : le Jardin d’Acorus (entrée gratuite pour les moins de 15 ans, et 10€ pour les adultes), le lavoir des pluies (gratuit), l’espace de jeux en bois (gratuit) et la salle polyvalente d’Autoreille (gratuit). Concert le 3 octobre suivi d’un cocktail dinatoire, places limitées, tarif 50€. Réservation obligatoire au 06 80 60 42 97.