Dossier de la semaine. Élections sénatoriales dans le Doubs : trois sièges pour un scrutin incertain

Le 27 septembre prochain, les "grands électeurs" du Doubs devront élire les trois nouveaux sénateurs du département. Un scrutin complexe, incertain et à fort enjeu politique qui passionne pourtant peu les citoyens. Hebdo25 tente de décrypter les principaux enjeux de ces élections sénatoriales dans le Doubs.

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Le scrutin des élections sénatoriales approche à grands pas. Pourtant, ce rendez-vous électoral ne semble pas passionner les foules. Et pour cause : contrairement aux élections présidentielles, municipales, départementales, régionales ou législatives, les Français ne votent pas directement. Ce sont les « grands électeurs » qui sont appelés aux urnes pour désigner les futurs sénateurs. Dans le Doubs, trois sièges sont à pourvoir le 27 septembre prochain. Si le rapport de force politique semble donner un avantage au centre et à la droite, difficile toutefois de se risquer à un pronostic. Le renouvellement important des grands électeurs à la suite des élections municipales, la campagne menée depuis plusieurs mois par les candidats auprès des élus et l’arrivée de nouvelles listes pourraient bien rebattre les cartes.

Le Sénat, une chambre souvent mal-aimée et incomprise

Composé de 348 sénateurs et renouvelé par moitié tous les trois ans, le Sénat est la chambre haute du Parlement français, représentant les collectivités territoriales de la République. Pourtant au cœur du processus législatif, cette institution souffre d’un manque de popularité et reste parfois mal comprise du grand public. Souvent présentée comme une chambre plus conservatrice que l’Assemblée nationale, et parfois accusée de ralentir certaines réformes, les sénateurs sont aussi à l’origine de propositions de lois. L’enjeu des élections sénatoriales est donc loin d’être symbolique. Le Sénat participe à l’élaboration et à l’adoption des lois. Alors que la chambre haute est ancrée à droite depuis plusieurs années, l’arrivée de nouvelles listes pourrait toutefois modifier les équilibres dans certains départements.

Un scrutin complexe et particulier

Les élections sénatoriales sont organisées au suffrage universel indirect. Par conséquent, les citoyens ne votent pas mais ce sont les grands électeurs — principalement les élus municipaux, départementaux et régionaux — qui votent. Dans le Doubs, trois sièges seront attribués lors d’un scrutin de liste à un tour, le 27 septembre prochain. Ils votent pour des listes composées de cinq candidats. Particularité du scrutin, la liste qui arrive en tête des suffrages ne remporte pas automatiquement les trois sièges. La répartition s’effectue selon les règles spécifiques prévues pour ce scrutin, notamment à la plus forte moyenne. Cette mécanique électorale particulière contribue à rendre le scrutin particulièrement difficile à anticiper, d’autant que les candidats ne s’adressent pas directement à l’ensemble de la population mais font campagne auprès des élus.

Dans le Doubs, la droite divisée, la gauche unie

Dans le Doubs, le rapport de force politique semble donner un avantage au centre et à la droite. Mais cette fois, plusieurs éléments viennent brouiller les cartes : le renouvellement du collège des grands électeurs, la division de la droite entre trois listes, l’union d’une partie de la gauche et l’arrivée de LFI. Pour ce scrutin, les trois sénateurs sortants sont candidats à leur réélection. Jean-François Longeot et Annick Jacquemet,  tous deux membres du groupe Union centriste au Sénat, figurent sur la liste « Bon sens et proximité », tandis que Jacques Grosperrin se présente sous l’étiquette Les Républicains. Ce dernier a notamment choisi de faire figurer sur sa liste Christine Bouquin, actuelle présidente du Département du Doubs. Un choix fort qui pourrait peser dans le rapport de force. À droite, la bataille se joue donc entre ces deux listes qui s’adressent en grande partie au même électorat et avec une liste RN menée par Géraldine Grangier. Même si Jean-François Longeot est particulièrement bien implanté dans le monde rural, la présence de Christine Bouquin sur la liste des Républicains, figure politique importante du Département et particulièrement implantée dans le Haut-Doubs (elle a été maire de Charquemont et présidente de la Communauté de communes du Pays de Maîche), pourrait perturber cette dynamique.

Les élections municipales de mars dernier ont par ailleurs profondément renouvelé une partie du collège électoral. Les victoires enregistrées par la droite dans plusieurs villes importantes du département, notamment Besançon, et Montbéliard, ont également modifié le rapport de force parmi les grands électeurs. Une situation qui pourrait profiter à l’une ou l’autre des listes du centre droit et de la droite, mais qui pourrait aussi, en cas de dispersion des voix, ouvrir un espace pour la gauche, où une partie des forces politiques a réussi à s’unir. Une liste commune menée par Arnaud Marthey, maire de Baume-les-Dames et conseiller régional, a finalement réuni plusieurs formations de gauche comme Les Écologistes. Le Parti communiste français, qui avait initialement envisagé de présenter sa propre liste, a finalement rejoint cette candidature commune, aux côtés notamment des socialistes.

Des cartes rebattues avec le RN et LFI ?

Le RN et LFI présentent chacun une liste aux élections sénatoriales. Pour le RN, c’est la députée Géraldine Grangier qui mène la liste. Du côté de LFI, la candidature est conduite par Geoffroy Lang. C’est d’ailleurs la première fois que ce parti politique présente une liste aux élections sénatoriales dans le Doubs. Reste désormais à savoir quel poids ces deux listes pourront réellement représenter dans un scrutin où le corps électoral est bien différent de celui des autres élections. Ces deux listes parviendront-elles à profiter de la dynamique observée lors des dernières élections municipales ? Réussiront-elles à convaincre suffisamment d’élus pour s’imposer dans la répartition des sièges ? Leur présence pourrait en tout cas avoir une conséquence importante : fragmenter davantage les voix et rendre l’issue du scrutin encore plus incertaine.

Les listes officielles des candidats aux sénatoriales dans l’ordre de présentation de la préfecture

Liste 1 « Le Doubs avance quand il fait équipe » : Jacques Grosperrin / Christine Bouquin / Cédric Bôle / Emmanuelle Laville / Damien Guillaume

Liste 2 « Au service des communes pour défendre le Doubs » : Géraldine Grangier / Jacques Denis / Floriane Jeandenand / Walter Plançon / Anaïs Vial

Liste 3 « Bon sens et proximité » : Jean-François Longeot / Annick Jacquemet / Fabien Henriet / Gladys Deuscher / Philippe Mathieu

Liste 4 « Une voix utile, nouvelle et constructive pour le Doubs » : Arnaud Marthey / Valérie Pagnot / Christophe Lime / Odile Joannes / Christophe Garnier

Liste 5 « Faisons entrer le programme du nouveau Front populaire au Sénat » : Geoffroy Lang / Séverine Véziès / Cédric Laithier / Maryse Vuerli / Martin Mellion

Liste 6 « Ré-Agissons » : Philippe Jourdin / Florence Joly / David Rodriguez / Sonia Borne / Sébastien Chevassu