
Un rendez-vous national pour faire progresser la recherche
5ème édition de ce rendez-vous national qui tend à rapprocher la communauté scientifique des personnes malades, des aidants et plus largement du grand public, « Parlons recherche permet au public de mieux comprendre les avancées scientifiques et les enjeux de la recherche actuelle, notamment en offrant une large place aux échanges avec les chercheurs » soulignait Marie Fuzzati, Directrice scientifique France Parkinson.
272 000 patients recensés en France
On enregistre environ 25 000 nouveaux cas chaque année. La maladie de Parkinson est la seconde maladie neurodégénérative la plus répandue après la maladie d’Alzheimer. Selon le docteur Mathieu Bereau, neurologue au CHU Besançon Franche-Comté et coordinateur du centre expert Parkinson, « l’augmentation du nombre de cas est liée à la fois à un meilleur diagnostic et au vieillissement général de la population ». En 30 ans, le nombre de cas a été multiplié par 3,5.
Parkinson, la maladie de la lenteur
La maladie de Parkinson est une affection neurodégénérative chronique caractérisée par la perte progressive des neurones qui produisent la dopamine dans le cerveau.
Parfois appelée à tort « hormone du bonheur », la dopamine est un messager chimique du cerveau qui active le circuit de la récompense et incite à l’action. Elle aide surtout le cerveau à retenir les actions bénéfiques au bien-être et participe au contrôle de la motricité.
La bradykinésie est l’un des symptômes les plus fréquents de la maladie de Parkinson. Elle se manifeste par la lenteur générale des mouvements, une réduction des mouvements automatiques (clignement des yeux par exemple) ou encore une diminution de l’expression faciale. La lenteur va se traduire par des difficultés à accomplir des tâches quotidiennes comme le boutonnage d’une chemise ou le laçage des chaussures.
Des traitements mais pas de guérison
Contrairement à la maladie d’Alzheimer pour laquelle aucun traitement (à ce jour) ne permet d’en réduire les effets, la recherche clinique a fait de grands progrès dans le traitement de la maladie de Parkinson.
Le Docteur Mathieu Bereau insiste sur « l’origine multifactorielle de la maladie ». La maladie est causée par la destruction progressive des neurones qui fabriquent la dopamine dans le cerveau. Si l’âge est le principal facteur de risque, l’environnement et l’hygiène de vie peuvent contribuer à développer la maladie.
Souvent identifié comme l’expression physique de la maladie de Parkinson, le tremblement apparaît quand les muscles sont relâchés. Pourtant, il n’est pas systématique. « 30% des patients parkinsoniens ne tremblent pas » précise le Docteur Bereau.
Compenser le déficit de dopamine
Des traitements médicamenteux permettent de compenser le déficit dans la production de dopamine. La lévodopa est une molécule qui, arrivée dans le cerveau, se transforme en dopamine. Le patient va en constater les effets bénéfiques rapidement mais sa durée d’action est relativement courte. Cela nécessite donc une augmentation des doses et de la fréquence qui peuvent engendrer des effets secondaires, notamment des mouvements involontaires et incontrôlés.
La stimulation cérébrale profonde
L’événement 2026 de France Parkinson a permis de mettre en avant la collaboration des chercheurs au niveau international. Marie Fuzzati, Directrice scientifique de France Parkinson, avait ainsi invité Eduardo Moraud, Professeur associé à l’École polytechnique fédérale de Lausanne et au Centre hospitalier universitaire Vaudois.
« La stimulation cérébrale profonde est un traitement neurochirurgical qui consiste à implanter des micro-électrodes dans une zone très précise du cerveau, alimentées électriquement par un boîtier sous-cutané qui envoie des impulsions électriques permanentes » précise Eduardo Moraud. Cette action va permettre de réguler l’activité anormale des neurones et notamment améliorer la raideur et la lenteur des mouvements. Indirectement, ce traitement neurochirurgical permet de réduire le traitement médicamenteux et en limiter les effets secondaires. Toutefois, ce traitement est réservé aux formes invalidantes de la maladie. Il est décidé au cas par cas après un bilan complet.
Mettre à l’honneur la coopération franco-suisse
Cette journée nationale à Besançon a permis de franchir une nouvelle étape dans la recherche sur cette maladie. Mathieu Bereau et Eduardo Moraud vont ainsi entamer une collaboration plus intense des deux côtés de la frontière, avec le soutien du programme Interreg Franco-Suisse. La Ville de Besançon suit également avec attention cette collaboration. « En nous rapprochant de nos partenaires suisses, nous faisons le pari de l’intelligence collective. Face à Parkinson, les avancées naissent du partage des connaissances et de la coopération entre chercheurs » a conclu Marie Fuzzati.
Yves Quemeneur
+ d’infos
Depuis 40 ans, France Parkinson accompagne les personnes malades et leurs proches au quotidien. L’association anime un réseau de plus de 1 000 bénévoles dans 87 comités départementaux. Reconnue d’utilité publique, elle recueille les dons des particuliers ou des mécénats d’entreprise comme celle du Crédit Agricole de Franche-Comté pour soutenir activement la recherche à travers le financement de projets en lien avec la maladie de Parkinson. www.franceparkinson.fr


























