Avez-vous déjà vu des cartes postales anciennes de Bisontins se déplaçant en barque dans les rues de la ville ? Au cours de son histoire, le Doubs connut plusieurs crues, comme celle de mars 1896.

« On annonce une crue très importante. Quatre sapins venant du port Rivotte sont allés se butter contre les arches du pont de Battant et, pris en travers, forment cascade », rapporte un rédacteur anonyme dans l’édition du 9 mars 1896 du journal Le Petit Comtois. Des hauteurs d’eau sont ensuite données. À Voujeaucourt, le 7 et 8 mars 1896, l’eau monta de « 7 centimètres 1/2 à l’heure ». Dans la capitale comtoise, à Besançon, la hausse était « de 11 centimètres à l’heure », pour atteindre une cote de plus de 5 mètres.

En conséquence, « les communications par la route [furent] interrompues entre Villers-le-Lac et Morteau, à environ un kilomètre de cette dernière localité, sur un parcours d’environ cent mètres. Le transport des piétons se fait par barques ; on prévoit que ce matin, 9 mars, la voie ferrée sera couverte par les eaux sur la même longueur », explique l’auteur de l’article (Le Petit Comtois, 9 mars 1896), avant d’ajouter : « A six heures du soir, l’eau, qui a commencé à pénétrer dans les caves de la place Labourey [place de la Révolution, Besançon], augmente rapidement et, à neuf heures, il y en a déjà environ cinquante centimètres. »

Rien de comparable toutefois avec celle de janvier 1910 qui reste pour Besançon un véritable événement ! En janvier 1910, la « crue subite du Doubs a pris les allures d’une véritable catastrophe, et cette catastrophe est d’autant plus terrible que rien ne permettait de la prévoir. Aujourd’hui, la plus grande partie de la ville intra-muros est sous l’eau », explique un rédacteur dans l’édition du 22 janvier 1910 du Petit Comtois. Évidemment, d’autres communes furent touchées par la crue du Doubs de 1910, comme Audincourt qui fut « presque entièrement sous l’eau, il y en a par endroit 1 m. 50. […] Dans certains quartiers bas, il y a de l’eau jusqu’au plafond des rez-de-chaussée. » (Le Petit Comtois, 22 janvier 1910).