Rubrique. Billet d’Humeur : « Un budget pour la nation au plus vite »

C’est tout du moins l’objectif fixé par le président de la République à l’exécutif. La commission des finances de l’Assemblée s’est remise au travail après la trêve des confiseurs.

215
Assemblée Nationale Budget 2026 Lecornu 49.3
Y aura-t-il un budget voté en janvier 2026 ? ©Assemblée Nationale Photo Libre de Droit

Plus de recettes fiscales vs moins de dépenses

« Comment trouver 9 milliards d’euros de plus pour limiter le déficit public à 5% du PIB au lieu de 5,3% initialement prévu ». C’est l’équation (impossible ?) imaginée par le gouvernement. La gauche à l’Assemblée souhaite davantage de recettes fiscales et moins de coupes dans les dépenses. Au Sénat, dominé par la droite, pas question de voter une quelconque mesure fiscale supplémentaire. Dans ces conditions, difficile pour Sébastien Lecornu de trouver un compromis à trois mois des élections municipales et 14 mois de l’échéance présidentielle.

Une crise politique majeure ?

En l’absence d’un consensus qui mettrait encore plus les entreprises et les particuliers à contribution, Sébastien Lecornu risque bien de voir écourté son bail à Matignon. La France Insoumise, les Écologistes et le Parti Communiste ne devraient pas voter « un budget pire que celui de la Sécurité sociale » tempête Éric Coquerel,  Président (LFI) de la commission des finances de l’Assemblée. De son côté, le Rassemblement national a déjà annoncé, par la voix de son président Jordan Bardella, « qu’il voterait contre quoi qu’il arrive ».

Si le Premier ministre veut absolument un budget en janvier, il ne lui reste que le recours au 49.3. Et qui dit 49.3, dit éventuelle motion de censure. Sébastien Lecornu peut encore espérer que les députés du bloc central, les socialistes et les Républicains, craignant tellement de retourner devant leurs électeurs, puisse faire adopter son budget sans vote ! Au passage, la taxe de 5% des primes sur « l’assurance émeutes » pourrait bien passer, une solution bien loin de ce que Gabriel Attal, alors Premier ministre, annonçait en 2024 « Tu casses, tu répares ! Tu salis, tu nettoies ! Tu défies l’autorité, on t’apprend à la respecter ».

Yves Quemeneur