Les derniers mois d’actualité politique à Besançon n’étaient pas franchement en faveur d’Anne Vignot et de sa liste « Besançon, Vivante, Juste et Humaine ». Lâchée puis taclée par le Parti socialiste (PS) et par La France insoumise (LFI), l’écologiste a timidement lancé sa campagne en novembre. En affichant une liste d’étiquettes politiques et de personnalités bisontines dont la réelle influence sur Besançon reste encore à mesurer, l’élue est apparue un temps isolée, esseulée… mais toujours déterminée. « On ne lâchera jamais », avait-elle lancé à l’issue d’un improbable débat à ciel ouvert face à Sévérine Véziès (LFI), en décembre, alors que plusieurs dizaines de citoyens inquiets pour l’avenir de la gauche bisontine avaient tenté, et réussi, à obtenir des réponses.
Dans cette course pour incarner la gauche, le vent a commencé à tourner en faveur de la maire sortante après un premier communiqué conjointement signé par la députée écologiste de la 2e circonscription du Doubs, Dominique Voynet, mais surtout par l’ancienne présidente socialiste de la Région Bourgogne-Franche-Comté, Marie-Guite Dufay.
Le Parti socialiste lâche Jean-Sébastien Leuba
Tout s’est ensuite accéléré pour la candidate. Après Marie-Guite Dufay, le Parti socialiste (PS) annonce rejoindre Anne Vignot dans sa campagne. Une décision née d’un accord national que l’on pressentait depuis quelques semaines entre le parti de la rose et les Écologistes. Un énorme coup dur pour la liste de Jean-Sébastien Leuba, investie par les socialistes et soutenue par une coalition réunissant Place Publique, Cap 21 et le Parti radical de gauche. Dépossédé de son étiquette politique, le candidat rend les armes, non sans amertume. « La liste Besançon Forte et Solidaire maintient la conviction sincère que cette union de premier tour prive un certain nombre de citoyens d’une “offre politique” légitime et porteuse pour la victoire de la gauche à Besançon », peut-on lire dans le communiqué publié le soir de l’annonce du PS.
Si le Parti socialiste, au niveau national, a choisi son camp, Jean-Sébastien Leuba et son équipe ne se sont pas encore prononcés officiellement, espérant encore négocier. C’est désormais Anne Vignot qui a les cartes en main et l’avantage. « Anne veut “bien faire les choses” et parler avec tout le monde, même si maintenant les citoyens ont compris que la gauche, c’est nous », confie un écologiste. Alors qu’il espérait récupérer l’investiture socialiste, Nicolas Bodin, adjoint socialiste en charge de l’économie et candidat annoncé, s’est également retiré, laissant le champ totalement ouvert à la liste « Besançon, Vivante, Juste et Humaine ».
Démonstration de force au local de campagne
Dans la continuité de cette annonce, samedi 10 janvier, au 49 Grande Rue, l’équipe de campagne inaugurait son local. Certains socialistes étaient déjà bien là, à l’image d’Abdel Ghezali, adjoint aux Sports. À ses côtés, 200 autres Bisontins, amassés à l’intérieur et devant la vitrine, ont fait le déplacement. Chauffés par un quiz en forme de bilan et de critique à l’encontre de la minorité, la ferveur diffusée par l’équipe de campagne infuse dans l’esprit des participants réunis pour soutenir leur candidate. « Le scrutin approche, l’attente est grande et toutes les réunions que nous avons faites ces dernières semaines portent leurs fruits. Surtout, ressentez cette ferveur, cette joie d’être réunis et de porter un projet heureux pour Besançon face à ceux qui ne cessent de partager une politique violente et dure. Ce sont toujours les dynamiques positives qui impulsent les grandes idées », lance Anne Vignot. Une joie de vivre et une résistance symbolisées par le chant antifasciste « Bella Ciao », repris à tue-tête par l’ensemble des participants, y compris Marie-Guite Dufay, conquise. Le symbole fait sourire. À 76 ans, la socialiste est une figure politique majeure et proactive dans la campagne d’Anne Vignot.
M.S


































