Besançon. Le Taureau d’Avrigney a retrouvé sa place au musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Besançon

Le Taureau d’Avrigney, bronze exceptionnel, a retrouvé sa place au musée de Besançon après une restauration soignée et respectueuse de l’œuvre.

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Le taureau d'Avrigney, un bronze datant du 1er siècle de notre ère, trône à nouveau au musée des Beaux-Arts et d'Archéologie de Besançon ©DR

Cet exceptionnel bronze avait été découvert en 1756 à Avrigney, une commune de Haute-Saône.

Taureau à trois cornes, il avait connu plusieurs propriétaires avant de tomber dans l’escarcelle du musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Besançon en 1873.

Victime d’une chute accidentelle en janvier 2025

Les dégâts s’étaient limités à l’altération d’une ancienne restauration maintenant la patte postérieure au corps de l’animal.

Suite à cet incident, une étude détaillée du bronze avait dévoilé une légère fissure au niveau du joint d’assemblage entre la partie avant et la partie arrière du dos du taureau.

Bronze de taureau à trois cornes après restauration au musée de Besançon.
Texte de la légende

Une restauration respectant les principes déontologiques

Deux interventions de conservation-restauration ont été menées en novembre 2025 puis en février 2026.

Le premier travail a nécessité le démontage de l’ancienne restauration réalisée à la fin du XIXe siècle, celle-ci s’avérant problématique pour la conservation de l’œuvre.

Les matériaux utilisés alors (plaques et vis en alliage ferreux et comblement en plâtre) pouvaient favoriser un risque de corrosion du bronze, fragilisant à terme l’œuvre.

Pour la seconde action menée en février 2026, les restauratrices ont procédé aux interventions de restauration.

La fissure au niveau du dos a été consolidée et la patte postérieure replacée en utilisant les anciens trous de vis et de la résine colorée.

Chaque opération a été pensée de manière à pouvoir être réversible sans altérer l’intégrité de l’œuvre.

Stabilité pour les matériaux utilisés

Les alliages cuivreux en remplacement des éléments ferreux, sont adaptés à la conservation des bronzes antiques.

Les ajouts modernes, eux, demeurent volontairement perceptibles, permettant de distinguer la zone restaurée tout en conservant une lecture harmonieuse de l’ensemble.

Enfin, le sinistre a démontré l’inadaptation de l’ancien socle.

Le nouveau soclage est plus présent visuellement et garantit une meilleure stabilité, un impératif pour permettre à l’un des joyaux du musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Besançon de retrouver sa place.

Yves Quemeneur