Entre la bande frontalière, le Grand Besançon et le Doubs central, tout s’est joué, ou presque, dimanche 15 mars, lors du premier tour des élections municipales 2026. Deux jours plus tard, à 18 h, au moment de clôturer le dépôt des listes pour le second tour, la préfecture du Doubs enregistrait 18 candidatures. Seules trois communes de notre zone géographique, Besançon, Beure et Pontarlier, sont concernées par le scrutin du 22 mars. En attendant ses résultats, les équipes élues à travers le territoire, elles, prennent place. Ces élections 2026 auront offert leur lot d’émotions à tous les candidats.
Sereins, certains l’ont été plus que d’autres, comme à Châtillon-le-Duc et Devecey. Les deux communes voisines ont vécu un mandat 2020-2026 plus que chahuté, avant d’être apaisées par les équipes de Martial Devaux et de Gérard Monnien. L’un comme l’autre sont repartis pour un mandat complet cette fois, et les votants leur ont fait confiance. Malgré une élection sans suspense et les 54 % d’abstention à Châtillon-le-Duc, Martial Devaux et son équipe « Toujours à l’écoute, engagés avec vous » obtiennent 40,69 % des voix des inscrits. « Je suis content, j’ai même vu d’anciens opposants venir voter. Nous allons maintenant travailler avec tout le monde pour adapter les projets à la géographie de notre commune. Entre Cayenne, la zone commerciale collée à École-Valentin, le bas du village et le haut, on ne peut pas fonctionner en centralisant tout : il en faut pour tout le monde », précise l’élu. À Devecey, le taux de participation a dépassé les 50 % et l’équipe « Devecey avant tout ! », portée par Gérard Monnien, a intégré des membres de son ancienne opposition pour obtenir 46,19 % des suffrages des inscrits.
À École-Valentin, Kadir Yldirim crée la surprise en battant Yves Guyen
Serein, Yves Guyen l’était aussi à École-Valentin, où l’élu, installé dans le fauteuil de maire depuis 2008, souhaitait repartir pour un nouveau mandat. Le vice-président de Grand Besançon Métropole (GBM), en charge notamment des mobilités, avait même pensé à sa succession au sein de sa liste « Agir pour vous ». C’était sans compter sur la candidature, annoncée dans les dernières semaines de campagne, de son conseiller sortant, Kadir Yldirim, en tête de la liste « Un nouvel élan ». Tout au long du dimanche 15 mars, les électeurs se sont succédé pour se prononcer dans ce duel aux allures de David contre Goliath, avec un taux de participation de 64,27 %. Au bout du compte, et contre toute attente, Kadir Yldirim s’est imposé par un écart de 83 voix. « C’est historique », a lâché, ému, l’enseignant et nouveau maire d’École-Valentin. « On savait qu’il y avait une attente et je suis heureux que les Écovaliens nous fassent confiance. » Par sa zone commerciale, sa proximité avec Besançon et son accès à l’autoroute, École-Valentin est l’une des centralités majeures de l’agglomération. L’annonce de la défaite d’Yves Guyen a surpris plus d’un observateur de la vie politique bisontine dimanche soir. L’intéressé analyse avec sobriété ce revers : « Je relativise. École-Valentin s’est bien développée en 38 ans de mandat. Je n’ai pas d’animosité particulière, j’espère simplement que cette nouvelle équipe, inexpérimentée, pourra maintenir le dynamisme de la commune. Je leur souhaite. »
Pascal Routhier et Marcel Felt, nouveaux doyens du Grand Besançon Métropole
À l’inverse, Pascal Routhier, maire sortant de Saint-Vit, n’a pas tremblé avec sa liste « Notre Engagement, Saint-Vit », face à une nouvelle équipe de citoyens, « Saint-Vit ensemble », réunie autour de Gwenaël Martin. Avec une participation de 57,64 %, le maire, élu depuis 2001, est confortablement réélu avec 73,33 % des suffrages exprimés. Même constat du côté de Miserey-Salines, où Marcel Felt, lui aussi en poste depuis 2001, se représentait avec l’équipe « Miserey Avenir ». Face au maire sortant, la liste « Construisons ensemble Miserey-Salines » n’a pas réussi à bousculer son opposant dans les urnes, malgré un taux de participation conséquent de 70,24 %. Avec 71,06 % des suffrages, une très large majorité des électeurs ont renouvelé leur confiance à l’élu en place.
Au Grand Besançon, Pascal Routhier et Marcel Felt siégeront désormais comme les doyens d’une assemblée globalement renouvelée. Parmi les nouveaux visages, on retrouve notamment Yves Calvat, successeur de Benoît Vuillemin à Saône. Conseiller municipal pendant 12 ans, l’élu a remporté le scrutin dimanche 15 mars avec 67,58 % des suffrages exprimés face à Yoran Delarue (32,42 %). Si le marais de Saône a fait parler de lui au cours de la campagne bisontine, sa sécurisation sera l’un des grands enjeux du mandat, tout comme l’installation du nouveau commissariat, dont les plans ont été validés par Benoît Vuillemin avant son départ.
Du suspense jusqu’au bout à Nancray et Pugey
L’élection municipale à Pugey s’annonçait tendue et elle a tenu toutes ses promesses. Le maire sortant, Franck Laidié, briguait un troisième mandat face à son ancien adjoint, Sébastien Morel. Entre les deux hommes, un climat délétère a rendu la campagne particulièrement difficile. « Cette campagne électorale a été humainement très décevante », confirme Franck Laidié, réélu avec 56,68 % des suffrages. Place au travail pour l’équipe municipale, dont « l’envie commune est de partager et de faire de l’intergénérationnel », avec notamment le lancement du premier projet du mandat : une épicerie associative au cœur du village.
À Nancray, c’est un peu l’affrontement entre pro et anti-éolien qui se jouait dans les urnes, après un mandat 2020-2026 régulièrement marqué par ce dossier porté par le maire sortant Vincent Fiétier. Jusqu’au bout du dépouillement, le candidat à sa réélection aura cru à la victoire avant de finalement s’incliner face à son opposant, Charles Perrigot, pour 21 voix. « Le projet éolien n’est toutefois pas remis en cause : la préfecture l’a validé et le dossier est engagé », glisse Vincent Fiétier. « L’élection s’est bien passée. Je suis surtout content de la participation (75,98 % !), qui montre que les habitants se sont exprimés. Je pars sans amertume, mais après douze ans à sacrifier ma vie personnelle au service de l’intérêt général, j’assume de ne pas siéger dans l’opposition. »
Au bout de la soirée, après recomptage, Sylvie Le Hir confortée à Valdahon
À Valdahon, le suspense a duré une bonne partie de la soirée. Il faut dire que rien n’était joué entre Sylvie Le Hir, candidate à sa réélection à la mairie, et Patricia Lime Vieille, conseillère départementale et élue dans l’opposition municipale. Les habitants se sont déplacés en nombre, avec plus de 60 % de participation, pour départager les deux candidates. Après un recomptage des votes, c’est la maire sortante, Sylvie Le Hir, qui a finalement été réélue avec 53,92 % des suffrages. Et, comme lors du mandat précédent, impossible de contacter la maire après sa victoire…
Enfin, dans l’une des communautés de communes les plus vastes du département, Loue-Lison, le président sortant et maire emblématique de L’Hôpital-du-Grosbois, Jean-Claude Grenier, rempile pour un 6ᵉ mandat municipal. Dans cette commune de 630 habitants, il était le seul candidat en lice et a été réélu avec un taux de participation de 56 %. « C’est un bon taux de participation pour dire que j’étais tout seul. Ça légitime le conseil municipal, c’est une très bonne chose ! »
Concernant les projets du mandat, la fin du remboursement des emprunts liés à la construction de la nouvelle école, prévue pour 2030, devrait permettre au village de réaliser de nouveaux investissements. L’aménagement d’un nouveau parc est prévu. Par ailleurs, en tant que président sortant de la communauté de communes Loue-Lison, Jean-Claude Grenier ne cache pas ses ambitions : « Je serai de nouveau candidat à la présidence », a-t-il annoncé.





























