
Au sein du foyer « Enfance Bourdault » et avec l’aide de deux éducateurs, Mathais, Rose, Sofiane et Suha s’apprêtent à écrire et mettre en musique leurs histoires personnelles, leurs rêves et leurs colères dans le cadre d’un atelier d’écriture. Les deux jeunes réalisateurs talentueux (on se souvient de « L’interdite » le documentaire de Bertrand Vinsu sur la grande histoire de l’Absinthe en Franche-Comté) sont alors en premier lieu pour documenter l’atelier. Dès les premiers échanges avec Jérémy Thieulin, un des deux éducateurs spécialisés qui mènent cet atelier, l’idée de se lancer dans un long métrage séduit tout le monde.
6 mois de tournage en 2025
Bertrand Vinsu et Alexis Lamotte sont rapidement adoptés par les quatre jeunes. Six mois plus tard, le film est une addition de vérités et d’émotions, d’évocations, notamment à travers leurs textes, des difficultés traversées par ces adolescents aux parcours accidentés et de leurs rires aussi. Des témoignages courageux qui contribuent à déconstruire les préjugés dont ils font l’objet.
Une parole libre dans un documentaire non guidé
Le but des deux réalisateurs et de l’équipe éducative d’Enfance Bourdault était de retranscrire la réalité avec authenticité, travailler les images comme on modèle de l’argile pour en garder toute la dimension humaine, « une façon différente de porter et de traduire un regard ». Les jeunes ont la parole, participent au processus de création et disposent d’un droit de regard sur le montage. Les deux réalisateurs d’ABZ Prod poursuivent la diffusion en salles de cinéma afin d’échanger avec le public. Ils souhaitent concourir en festivals et c’est aussi auprès de toutes les structures en lien avec la protection de l’enfance que ce film pourrait trouver sa place.
De « K’soss comme vous dites » à « Compostelle »
Bertrand Vinsu et Alexis Lamotte refusent la comparaison avec le film de Yann Samuell. « Les jeunes que nous avons filmés sont effectivement sous « main de justice » placés dans un foyer, une décision prise pour les protéger, il n’y a aucun lien à faire avec la délinquance, c’est hors de propos mais on vous en remercie car cette comparaison démontre l’utilité publique de ce film » insistent les deux réalisateurs.
Pourtant, dans les deux cas, il s’agit bien de détecter chez ces jeunes adolescents leurs qualités, de parler de leurs faiblesses et non de leurs défauts, de les rendre fiers de leur travail, de leurs efforts, de leur donner la parole au lieu de simplement traduire leur mal-être. De ce point de vue, la comparaison vaut raison !
Yves Quemeneur
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Projection le 30 avril à 20h au cinéma Majestic à Vesoul et le 7 mai à 20h au Mégarama Valentin à Besançon.




























