Edito. Une Coupe du Monde qui tombe à point nommé ?

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La Coupe du Monde de football 2026, c’est dans moins d’un mois !

Et pourtant, l’ambiance peine à monter. Comme si l’événement, traditionnellement fédérateur, arrivait cette fois dans un contexte trop lourd pour susciter l’enthousiasme habituel. Tensions géopolitiques, incertitudes économiques, crispations politiques : difficile de se projeter dans une fête sportive. Pourtant les précédentes compétitions arrivaient aussi dans des contextes particulièrement peu propice au rassemblement. La dernière en date la Coupe du Monde 2022 organisée par le Qatar, juste avant Noël. Une période d’après Covid où plus personne ne savait vraiment sociabiliser…

Pourtant, après une période de fractures politiques, des élections municipales éprouvantes et une actualité internationale particulièrement anxiogène, quoi de mieux qu’une Coupe du monde pour se rassembler ? Comme un vieux couple qui se serait éloigné pendant quatre ans, les Français finiront par se retrouver, autour de leur équipe. Les invariables racistes prendront la parole sur les réseaux sociaux ou viendront débattre sur CNEWS pour pointer du doigt le nombre de joueurs issus de l’immigration portant le maillot de l’équipe de France…Les experts autoproclamés du ballon rond débattront sans fin sur la composition choisie par Deschamps, qui ne sera, bien évidemment jamais à leur goût. Bref, on semble tous connaitre la chanson.

Mais cette édition a quelque chose de différent. D’abord par son organisation éclatée entre trois pays — le Mexique, les États-Unis et le Canada — un choix qui interroge à l’heure où les enjeux environnementaux indéniables (sauf pour Donald Trump) imposent plus de sobriété. Ensuite, parce que le monde semble plus fragmenté que jamais, rendant difficile l’idée d’une compétition purement sportive. Comment ignorer ce contexte, quand ailleurs des populations subissent guerre, exil ou violence, pendant que des hommes, payés à coups de millions, courent après un ballon et sont célébrés par la foule ? La question dérange mais elle est légitime.

Et pourtant, c’est aussi ça, la magie du sport. Réunir là où tout semble opposer. Offrir une parenthèse. Permettre à des millions de personnes de s’évader le temps de quelques minutes suspendues… le temps d’un match. Faire renaitre des émotions que l’on croyait perdues.