Quelquefois, certaines de nos interprétations sont totalement erronées. C’est ce qui est arrivé à une famille de Gilley en juin 1896.

Au soir du 16 juin 1896, un orage s’est abattu sur la commune. Vers 23h00, la foudre est tombée « sur la maison de M. Proud’hon, Jules, située à la gare de Gilley, et a endommagé la toiture en deux endroits différents » (n°4656, p. 3.). Autrefois aussi, la foudre pouvait produire des dégâts importants, et ce même à l’intérieur des maisons : « Dans plusieurs chambres du rez-de-chaussée et de l’étage, les murs ont été traversés par le fluide et de grosses pierres projetées en dehors. Les clous qui fixaient une ruche à cadres ont été arrachés, les abeilles n’ont eu aucun mal. Sept personnes étaient couchées dans la maison, mais personne n’a été réveillé. La foudre a pourtant laissé plusieurs traces de son passage dans une chambre où dormait un nommé Pacifique, maçon. »

Au petit matin du 17 juin 1896, madame Proud’hon a constaté les dégâts. Elle les a interprétés comme étant l’œuvre d’un ou plusieurs individus qui voulaient « lui jouer de mauvais tours ». Elle est allée en avertir le maire pour faire venir les gendarmes, afin de constater les faits. Le coupable était tout autre ! « Ce sont des voisins qui ont fait connaître l’auteur de la violation de domicile. Les poursuites ont été arrêtées et on a bien ri ! », conclut l’auteur anonyme de l’article publié dans l’édition du 20 juin 1896 du journal Le Petit Comtois.

Encore aujourd’hui, prudence donc envers les orages et… envers les interprétations trop rapides !