Région. Conseil départemental : la majorité revendique sa « résilience » , l’opposition pointe une « récession »

À l'occasion de sa dernière séance avant la pause estivale, lundi 22 juin 2026, la majorité départementale conduite par sa présidente Christine Bouquin a défendu son bilan financier après une année bousculée par les mesures d'austérité imposées par l'État. Au travers du bilan d'activité et du compte administratif 2025, l'opposition, elle, juge que le résultat est en décalage avec les ambitions affichées.

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La majorité départementale menée par Christine Bouquin a dressé le bilan de son action lors de la dernière séance du conseil départemental du Doubs avant les vacances d’été, lundi 22 juin 2026. Une séance marquée par la présentation du bilan d’activité et du compte administratif 2025, deux documents clés pour évaluer l’action et la situation financière de la collectivité, mais également une rallonge budgétaire pour 2026.

Jeunesse et habitat : les priorités revendiquées de l’exécutif

Lors de la présentation du bilan d’activité 2025, la présidente du Département, Christine Bouquin a insisté sur les deux « priorités structurantes » de sa mandature : la jeunesse et l’habitat. La jeunesse « est au coeur de la construction des politiques publiques du futur« . Elle a ainsi salué le lancement de CAP Jeunesses, un dispositif présenté comme  » un marqueur fort qui va bien au-delà du seul mandat« . Il s’agit d’associer les jeunes aux décisions publiques grâce à des questionnaires et à la création d’un Conseil départemental de la jeunesse. À ce jour, 4 385 réponses ont déjà été recueillies. Une « grande satisfaction » pour l’exécutif, qui y voit la preuve de « la volonté des jeunes du territoire de s’emparer de leur destin sur de nombreux sujets« . Autre motif de satisfaction soulevé par la présidente : la politique de l’habitat. La vice-présidente à sa charge, Jacqueline Cuenot-Stadler, a ainsi souligné que 2025 constituait une année record pour la mobilisation des aides de l’Agence nationale de l’habitat (ANAH), avec plus de 8,5 millions d’euros mobilisés. L’opposition a toutefois dénoncé une politique jugée insuffisamment ambitieuse, évoquant notamment « la solution par défaut des Tiny Houses » ou encore le nouveau statut d’Autorité Organisatrice de l’Habitat (AOH) demandé par le Département, sans garantie sur les futurs financements de l’État.

Un compte administratif, deux analyses

« Véritable moment de vérité du budget« , selon Raphaël Krucien, chef de l’opposition départementale, le compte administratif 2025 a été présenté par Olivier Billot, vice-président chargé des Finances. Ce document particulièrement important qui traduit la situation financière de la collectivité, retrace les dépenses et recettes réellement exécutées par la collectivité. Le compte administratif se doit donc d’être le plus proche possible des lignes inscrites dans le Budget Prévisionnel. Pourtant, au début de l’année 2025, difficile pour les élus et les services du Département d’élaborer un document budgétaire réaliste « dans un contexte particulièrement incertain, sans loi de finances au niveau national« , a rappelé Christine Bouquin. Malgré ce contexte, l’exécutif estime par la voix d’Olivier Billot « avoir préservé les grands équilibres financiers de la collectivité« . Avec un taux de réalisation de 96,9% en fonctionnement et de 96,7% en investissement, la majorité s’est félicitée de tels résultats : « l’exercice est, pour moi, plus que réussi. Nous avons connu une année complexe mais nous sommes restés avec un cap, beaucoup de réalisme et d’engagement », a affirmé Christine Bouquin.

647,8 millions d’euros de dépenses, 656,6 millions de recettes

Malgré plusieurs hausses de charges imposées au Département — revalorisation du RSA, augmentation des cotisations retraites ou encore mécanisme national de lissage des recettes fiscales (DILICO) —, « nous avons réussi à maitriser les dépenses de fonctionnement à +0,5%« , s’est félicité Olivier Billot. Au total, le compte administratif 2025 fait état de 647,8 millions d’euros de dépenses réellement exécutées pour 656,6 millions d’euros de recettes.

Entre « promesses et réalité » l’écart est grand pour l’opposition

Cette lecture budgétaire n’a pas été partagée par l’opposition, loin de là. Celle-ci évoque « un écart entre les promesses et la réalité« . Raphaël Krucien a notamment pointé une baisse des investissements réels de plus de 13,7 millions d’euros, estimant que le Département est rentré dans une phase de « récession« . Olivier Billot a contesté cette analyse, reconnaissant un recul des investissements par rapport à 2024 tout en rappelant les priorités du Département, en particulier les mobilités, les infrastructures et les collèges. Ainsi, ce sont 76,1 millions d’euros (hors dette) qui ont été investis alors que les recettes d’investissement atteignent 60,1 millions d’euros, dont 39 millions d’euros d’emprunt. A l’issue du conseil, Christine Bouquin est revenue sur ce bilan financier : « On a quand même réussi à investir et à maintenir nos politiques publiques. Malgré les tornades qu’il y a pu avoir, si on m’avait présenté un bilan comme celui-là en début d’année, j’aurais signé tout de suite« , a-t-elle conclu.

Un million d’euros supplémentaire pour le budget 2026 Il ne s’agissait pas seulement de dresser un état des lieux de l’année écoulée. Lors de cette séance, le conseil départemental a également voté un million d’euros de budget supplémentaire pour l’année 2026. Une enveloppe débloquée pour pallier plusieurs dépenses imprévues qui ont impacté le budget prévisionnel 2026. En cause notamment, plusieurs épisodes climatiques hivernaux qui ont augmenté les dépenses mais aussi la hausse du prix du carburant ou encore l’inflation. Autre dépense imprévue et qui représente une charge financière conséquente au Département, la revalorisation nationale du RSA à partir du 1er avril 2026 (+0,8%). La présidente Christine Bouquin a également rappelé que le Schéma directeur d’aménagement des collèges (SDAC) se poursuivrait durant l’année 2026 avec le commencement de certains travaux notamment aux collèges de Seloncourt et Grenier de Pontarlier.

Le SPASER, grande satisfaction de la commande publique départementale

Parmi les dossiers présentés figurait également le bilan du SPASER (Schéma de promotion des achats socialement et écologiquement responsables), véritable feuille de route de la commande publique du Département depuis 2024. Ce dispositif vise à intégrer des objectifs économiques, sociaux et environnementaux dans l’ensemble des marchés publics. Les résultats 2025 témoignent d’une progression globale de la performance du Département. Côté économique, la collectivité fait état de plus de 53 % des marchés publics attribués à des opérateurs implantés dans le Doubs, pour un montant total de 30 millions d’euros. Ce résultat met en lumière la volonté de privilégier les entreprises locales. Autre constatation encourageante sur le plan environnemental, 92 % des contrats conclus par le Département comportent des clauses environnementales, contre 77 % en 2024. Enfin, le Département souligne ses performances en matière de délais de paiement. Avec une moyenne de 11,63 jours, contre environ 20 jours au niveau national, la collectivité se positionne parmi les plus performantes en la matière. Seule ombre au tableau selon Claude Delavalle, conseiller d’opposition, la baisse du nombre d’heures d’insertion, notamment destinées aux bénéficiaires du RSA.