Le 29 avril dernier, la Fédération française de ski a dévoilé ses équipes de France de combiné nordique pour la saison 2025-2026. Une liste dans laquelle l’immense majorité des athlètes sélectionnés sont issus du Haut-Doubs et plus largement du Massif jurassien.
10 des 14 athlètes de France A et B sont haut-doubiens
À première vue, la composition des équipes nationales ressemble presque à un annuaire du Haut-Doubs. Chez les hommes, quatre membres de l’équipe de France A sont licenciés dans des clubs du territoire : Mattéo Baud et Marco Heinis à l’Olympic Mont d’Or, Gaël Blondeau au Ski Club Mont Noir ainsi qu’Edgar Vallet au Club des Skieurs Randonneurs de Pontarlier. Chez les femmes, Romane Baud (Olympic Mont d’Or) et Marion Droz-Vincent (Ski Club Les Verrières-La Cluse) portent également les couleurs de clubs du Haut-Doubs. L’équipe de France B confirme cette tendance. Anaëlle Paris (AS Oye-et-Pallet), Simon Pagnier (Risoux Club Chaux-Neuve), Lilian Tréand (Olympic Mont d’Or) et Maël Tyrode (Ski Club Les Fourgs) représentent eux aussi les clubs du territoire. Au total, 10 des 14 athlètes retenus évoluent dans des structures du Haut-Doubs et pour la grande majorité ils sont nés sur ces mêmes terres. Le compte monte à 11 si l’on ajoute Laurent Mühlethaler de Prémanon Ski Club, originaire du Jura. Seuls Léna Brocard (Dauphiné), Lubin Martin (Mont-Blanc) et Tom Rochat (Vosges) ne sont pas de la région.
Pour Étienne Gouy, directeur du saut à ski et du combiné nordique à la Fédération française de ski, cette situation n’a rien d’un hasard : « Dans le Haut-Doubs, on aime le ski de fond et on aime le saut, donc ça fait des combinés nordiques. » Une réalité qui s’inscrit dans l’histoire même de la discipline en France. « Il y a toujours eu cette tradition. Il y a toujours eu beaucoup de tremplins sur le territoire, donc c’est naturellement que le combiné nordique s’est installé ici, peut-être plus que dans le Mont-Blanc ou en Savoie où ils sont davantage orientés vers le ski alpin ou le saut à ski », explique celui qui évolue au sein du staff de l’équipe de France depuis plus de vingt ans.
Une tradition locale
Le combiné nordique reste un sport à part dans le paysage des disciplines hivernales. Il associe deux spécialités radicalement différentes : le saut à ski et le ski de fond. « C’est un sport complexe de par ses deux disciplines qui sont complètement opposées », souligne Étienne Gouy. Selon lui, cette spécificité explique aussi pourquoi certaines régions, pourtant très tournées vers les sports d’hiver, produisent peu de combinés de haut niveau. « La politique nationale, c’est de faire du combiné jusqu’à 15 ans puis de se spécialiser dans le fond ou le saut. Je trouve ça dommage », estime-t-il.
Le combiné nordique joue par ailleurs une partie de son avenir sur la scène internationale. À la fin du mois de juin, le Comité international olympique doit statuer sur sa présence aux Jeux olympiques futurs.
« Soit le combiné nordique sera olympique avec les dames et les hommes, soit il n’y aura plus du tout de combiné nordique », résume Étienne Gouy. Aujourd’hui encore, les épreuves féminines ne figurent pas au programme olympique.
Chaux-Neuve, une usine à champions
S’il existe un symbole de cette réussite haut-doubienne, c’est bien le site des tremplins de Chaux-Neuve. Le site est l’un des rares complexes français homologués pour accueillir des compétitions internationales de saut à ski et de combiné nordique. Il dispose de quatre tremplins : « On a la chance d’avoir toutes les tailles de tremplins, de l’initiation au saut professionnel », rappelle Étienne Gouy. Depuis près de trente ans, les plus grands noms français de la discipline y sont passés : « Les Coupes du monde organisées à Chaux-Neuve, ainsi que les victoires de Jason Lamy-Chappuis et Sébastien Lacroix, ont créé un véritable élan chez les jeunes du secteur. » Étienne Gouy trouve tout de même le combiné nordique encore trop sous-estimé : « Il n’y a pas encore assez de clubs autour de Chaux-Neuve. Tous les enfants devraient s’initier au saut et au combiné nordique. »
L’équipe de France débute sa saison estivale. Du 15 au 22 août, les meilleurs combinés français participeront aux étapes du Summer Grand Prix, dont l’une se déroulera justement à Chaux-Neuve. « Cela va nous permettre de voir où on en est au niveau de notre préparation. L’objectif principal reste quand même d’être compétitif l’hiver et notamment pour les championnats du monde de 2027 en Suède. »




























