Haut-Doubs. Sans les JO, quel avenir pour le combiné nordique et les tremplins de Chaux-Neuve ?

La décision du comité international olympique de retirer le combiné nordique des épreuves olympiques d’hiver a été un véritable coup de massue dans la région. Désormais, les acteurs du Haut-Doubs s'interrogent sur l’avenir de la discipline, et de ses structures, notamment les tremplins de Chaux-Neuve.

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Les tremplins de Chaux-Neuve ont accueilli plusieurs FESA CUP ©photo d'archives et d'illustration CT

La menace planait depuis plusieurs semaines, elle est désormais réalité. La commission exécutive CIO (comité international olympique) a acté la suppression du combiné nordique des épreuves olympiques. La discipline y était présente depuis 1924, lors des JO de Chamonix-Mont-Blanc. Elle ne sera pas au programme dans les Alpes en 2030. Un coup de massue en Franche-Comté, et plus particulièrement dans le Haut-Doubs, vivier du combiné nordique français où dix des quatorze athlètes de France A et B proviennent du secteur. La Franche-Comté a connu plusieurs champions ou vice-champions olympiques avec Fabrice Guy, Jason Lamy-Chappuis et Sylvain Guillaume.  » Un vrai coup de poignard « , témoignait Fabrice Guy, champion olympique en 1992 à France 3 Franche-Comté.

Des aides financières nécessaires

Qu’adviendra-t-il désormais du combiné nordique ? La solidarité se met en place.  » J’espère que les fédérations vont continuer à financer la formation d’athlètes pour continuer à faire un circuit mondial. Essayer de conserver nos structures. S’il n’y a pas d’aides financières, c’est la mort du combiné nordique « , témoigne Stéphane Invernizzi, président de l’association du site nordique international de Chaux-Neuve (ASNI), qui gère les tremplins. Il ne cache pas sa peur pour l’avenir des tremplins. D’autant plus que l’association organise une étape de la Coupe du monde d’été de combiné nordique les 22 et 23 août et avait la volonté de prouver qu’elle était capable d’accueillir une Coupe du monde hiver,  » en sachant qu’on est en pleine reconstruction « . Devra-t-elle se tourner sur le saut à ski ?  » Ce n’est pas les mêmes budgets « . L’avenir des tremplins devrait donc reposer sur des décisions politiques.  » L’intérêt est aussi de développer l’aspect touristique. Le fait qu’il n’y ait plus de combiné, la décision sera purement politique. Vous pouvez compter sur moi pour continuer à me battre et à essayer de faire des événements « .

Tremplins de saut à ski de Chaux-Neuve enneigés
Les Tremplins de Chaux-Neuve ©Cassandra Tempesta

Des arguments olympiques incompris

Pour rappel, le CIO reproche au combiné nordique la non-mixité des épreuves, la participation d’un nombre de nations trop faible mais aussi une popularité en baisse.  » Il ne faut pas oublier l’histoire. En 1992, quand Sylvain Guillaume et Fabrice Guy gagnent aux JO d’Albertville, ça a été le sport le plus vu médiatiquement tout simplement car le combiné nordique avait inventé la poursuite, chose qui n’existait pas ni en biathlon ni en ski de fond. Le combiné a été très innovant. Depuis, on s’est un petit peu endormis, et c’est la faute de tous « , poursuit le président de l’ASNI.  » Pour tout le reste, je ne comprends pas. Quand ils nous disent qu’il n’y a pas assez de diversité de nations sur les podiums, c’est totalement faux. On avait les Finlandais qui revenaient en force, on a vu des Estoniens, des Allemands, des Autrichiens, des Français chez les hommes. Chez les filles, il y avait une diversité hallucinante à la dernière Coupe du Monde. J’ai plus l’impression que le sport olympique c’est davantage du lobbying et de l’argent maintenant que le sport en lui-même « .

Si le président reconnaît des actes manqués, il rappelle que la FIS (fédération internationale de ski) a travaillé pour amener des nouveautés, notamment le vol à ski pour le combiné nordique, dont le record est détenu par Marco Heinis (Olympic Mont d’Or) avec 233,5m.  » À nous de nous reconstruire et d’essayer de diversifier ça. Pour la représentation des femmes (elles ne participaient pas aux JO, ndlr), c’est quelque chose qu’on a travaillé depuis plusieurs années. Il y a quatre ans, peut-être que le niveau des filles était en pleine progression. Actuellement, elles sont vraiment très fortes. Là, c’est clairement une décision du CIO de ne pas les intégrer « , conclut Stéphane Invernizzi.