Avec les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle, il est aisé de créer de fausses informations. Au XIXe siècle déjà, des actualités erronées étaient, de temps en temps, rapportées dans la presse. Pour s’en prémunir, hier comme aujourd’hui, il convient de confronter plusieurs sources.

En ne lisant que le numéro du 30 septembre 1896, les lecteurs du Petit Comtois auraient pu garder en tête une information incorrecte. Aux Fourgs, en septembre 1896, un « cultivateur, âgé de 70 ans, fut trouvé tout ensanglanté par son neveu, qui avait l’habitude d’aller le voir tous les matins », écrivit un rédacteur anonyme (n°4758, p. 3). L’homme avait « une meurtrissure très profonde à la nuque et ne [pouvait] donner aucun renseignement sur ce qui lui [était] arrivé : il ne [prononçait] que des paroles incohérentes. On crut tout d’abord à un accident, puis bientôt certaines remarques firent naître d’autres soupçons et le neveu du blessé [fit] ouvrir une enquête. » Était-ce une tentative d’assassinat, comme évoquée dans Le Petit Comtois du 2 octobre 1896 (n°4760, p. 3) ? Que d’insécurité…

Ceux qui faisaient l’effort de lire souvent ce journal pouvaient toutefois prendre connaissance d’un erratum : « La tentative d’assassinat sur la personne du sieur [X], dont un correspondant occasionnel a entretenu les lecteurs du Petit Comtois, n’a pas existé. » C’était pure spéculation !

L’homme blessé avait « fait de nombreuses libations » et sur le retour vers sa commune, « de nombreuses chutes ont eu lieu sur les cailloux du chemin. C’est la blessure à la tempe qui a occasionné la perte de la parole. Cet accident n’a fait que précipiter cette paralysie partielle, qui serait certainement arrivée plus tard par l’abus de l’alcool ». L’alcoolisme faisait des ravages à la fin du XIXe siècle. Aucun criminel, pas plus de délinquant à l’horizon. L’ennemi était ailleurs !