Aucun cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) n’a été déclaré en France cette année. Une victoire pour les éleveurs. Cette maladie strictement animale, qui touche les bovins, les buffles et les zébus, a été particulièrement agressive en 2025, empêchant l’organisation des comices dans le Doubs, ainsi que du Super Comice, événement qui a lieu tous les cinq ans à Pontarlier. « On est optimistes, ça prouve que le protocole mis en place a fonctionné. On n’a pas eu de cas cet été déclaré en France. On a participé à la lutte en annulant les comices en 2025 », souligne Richard Ielsch, président de la Fédération des comices du Doubs.
Face à ces constats, le Groupement de Défense Sanitaire (GDS) a donné son autorisation pour organiser de nouveau les comices sur les vingt cantons du Doubs. Les festivités ont dès lors repris dès le 5 septembre à Rougemont et Montbéliard. « Les gens sont satisfaits. Les comices sont une tradition forte dans le département. Ils ont une résonance qui dépasse largement les frontières départementales. Les comices du Doubs ont été inscrits au patrimoine culturel immatériel français. C’est une reconnaissance de notre savoir-faire, de notre savoir d’organisateur et de nos traditions. Ça met en valeur nos élevages et ça récompense tous les bénévoles qui participent avec enthousiasme. On n’oublie pas la crise sanitaire qu’on a vécue et les problèmes liés à la sécheresse mais on a à cœur de présenter des animaux et de montrer à notre public que malgré toutes les contraintes qu’on subit, on a à cœur de s’occuper correctement de nos animaux », relève Richard Ielsch.
Une rencontre intergénérationnelle
La moitié des comices ont déjà eu lieu et les retours sont positifs. « On a une participation normale au niveau du nombre d’élevages, mais une légère baisse en nombre d’animaux présentés par vache. On estime entre 10 et 15% la baisse du nombre d’animaux présentés. Ce n’est pas énorme. Le plus important est que les élevages participent à cette fête. On voit qu’ils sont constants et même en légère augmentation sur certains comices. Après une année blanche, les gens avaient à cœur de se rassembler et de se retrouver. On accueille énormément de monde. On sent que c’est une attente de l’automne pour les familles. Les comices sont des rencontres intergénérationnelles », poursuit le président de la Fédération des Comices du Doubs.
Véritables fêtes populaires, « les comices ont ce pouvoir de fédérer la population pour leur organisation. C’est un travail collectif organisationnel entre les associations, les communes, les agriculteurs et les bénévoles. Tout le monde veut y participer ». De nombreuses animations sont prévues pour toute la famille dans les différents comices : mini fermes, maquillage, structures gonflables, produits locaux, décorations à l’effigie de la Montbéliarde, balades en calèche, fabrication de Comté, démonstrations de chiens de troupeaux, des centaines de repas, mais aussi et surtout, concours de Montbéliardes. À chaque comice, une grande championne du patrimoine est nommée.
600 vaches attendues pour le Super Comice
Le Super Comice, événement organisé tous les cinq ans à Pontarlier et qui réunit tous les élevages du département, est exceptionnellement délocalisé le 24 octobre à Morteau, ville étant en zone indemne. Nommé “Super Comice du Patrimoine”, pour célébrer l’inscription des comices du Doubs au patrimoine culturel immatériel français, l’événement s’apprête à accueillir 600 vaches Montbéliardes, 12 Simmentals, 10 Prim’Holstein, 2 Vosgiennes, ainsi que 20 juments de l’ANCTC (association nationale du Cheval de trait Comtois).
Le cœur de la manifestation se trouvera place du Champ-de-Foire, où se déroulera la grande finale des comices du Doubs. Dès 9h15, les éleveurs présenteront leurs animaux. Quatre catégories seront représentées : espoir, jeune, adulte et senior. Quatre championnes et quatre meilleures mamelles seront ainsi désignées, avant l’élection de la Super Championne du Patrimoine et d’une super mamelle. D’autres animations sont prévues telles que le défilé folklorique le midi dans les rues de Morteau, un marché de producteurs, un village fromager ou encore une exposition de machines agricoles anciennes.
Des défis à relever
Si les autorisations pour organiser les différents comices ont été données en août, les éleveurs doivent respecter des consignes. « Pour participer, il faut respecter scrupuleusement les conditions sanitaires imposées par le GDS. En zone vaccinale, les animaux doivent être vaccinés à 100%. Il y a aussi les réglementations classiques qu’on connaît chaque année. Ce sont des réglementations européennes par rapport à la maladie, il n’y a pas de négociation possible. Les élevages qui ne sont pas dans les clous au niveau sanitaire ne peuvent pas participer aux comices », insiste Richard Ielsch.
Si la DNC semble derrière les agriculteurs, ces derniers doivent faire face à d’autres défis : la sécheresse et l’impact qu’elle a sur l’alimentation des troupeaux. « Il faut nourrir nos troupeaux au foin, comme en hiver. Ça impacte les stocks. Les productions ont diminué un peu en volume de lait. Les trésoreries sont doublement impactées avec l’effet d’achat de foin et l’effet de production moindre. On a encore un peu de stock de 2024 et 2025, mais ça ne va pas suffire à nourrir les animaux jusqu’au 1er mai 2027. Il y a eu des achats groupés de paille pour nourrir les génisses. Les cahiers des charges ont été assouplis au niveau de l’alimentation des génisses. Toutes les AOP sont touchées ».
Calendrier des prochains comices
3 octobre : comice du canton de Marchaux à Val-de-Roulans ; comice de Pierrefontaine-les-Varans ; comice de Maîche ; comice du canton de Levier à Frasne
10 octobre : comice du canton de Morteau à Villers-le-Lac ; comice du canton de Belleherbe à Cour-Saint-Maurice ; comice du 1er plateau à Naisey-les-Granges
11 octobre : comice d’Amancey
17 octobre : comice de Baume-les-Dames
24 octobre : Super Comice à Morteau
























