Besançon. Manifestation : plusieurs milliers de personnes dans les rues aux côtés des lycéens

L’appel de l’intersyndicale FSU, FO et CGT a été largement suivi ce mardi 6 octobre à Besançon, comme dans tout le pays. Plusieurs milliers de personnes se sont retrouvées au parc des Glacis avant de rejoindre le centre-ville. Lycéens, étudiants, fonctionnaires, enseignants ou encore infirmières ont défilé avec un même mot d’ordre : soutenir la mobilisation lycéenne et défendre les services publics.

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La mobilisation était placée sous le signe du soutien aux lycéens. Dès le début du rassemblement, Amélie Lapprand, co-secrétaire du Snuipp-FSU a d’ailleurs tenu à rappeler le rôle des syndicats : « C’est la manifestation des lycéens. Nous, on les accompagne pour que tout se passe bien. » Dans le cortège, enseignants et représentants syndicaux ont unanimement expliqué être venus soutenir les revendications portées par les jeunes, mais aussi les accompagner après les tensions et incidents survenus ces derniers jours lors de certains blocages avec les forces de l’ordre.

« Plus de moyens pour l’Education Nationale »

Parmi les nombreuses revendications portées par les lycéens, une revient unanimement : celle de donner davantage de moyens pour « les services publics délaissés par l’État », témoigne une lycéenne. « On en a marre de ne pas avoir de remplaçants et d’étudier dans des locaux vétustes. L’Éducation nationale n’a pas assez de moyens pour bien faire son travail, alors qu’on est censés être le futur du pays », ajoute-t-elle.

« On veut qu’on nous prenne au sérieux », exprime un autre adolescent, scolarisé au lycée Jules Haag.

Dans le cortège, plusieurs slogans ont été entonnés par les lycéens, parmi lesquels : « Du fric pour l’hôpital public, pas pour l’armée et les flics » ou encore « De l’argent, il y en a dans les caisses du patronat. »

Une stratégie policière qui interroge les syndicats et les manifestants 

« On vient pour soutenir les revendications lycéennes, qui sont les mêmes que les nôtres », témoigne une professeure présente dans le cortège. « On vient aussi pour les protéger et les encadrer, au vu de ce qu’il s’est passé ces derniers jours, notamment du point de vue des violences policières, qui sont inacceptables. » a-t-elle ajouté.

Une représentante du syndicat FSU raconte avoir été particulièrement marquée par les événements de la semaine dernière : « J’ai vu des choses vraiment choquantes sur les points de blocus. Est-ce que les violences policières sont justifiées ? Je ne pense pas. J’ai vu et entendu des policiers qui parlaient extrêmement mal aux jeunes. Et ça n’est pas justifié. Ils ont le droit de manifester et de protester. Le fait qu’ils ne soient pas majeurs n’enlève rien à leur légitimité de s’exprimer. » Elle dénonce également ce qu’elle considère comme une différence de traitement selon les mouvements sociaux : « On a l’impression qu’il y a deux poids deux mesures. Quand ce sont des lycéens, c’est facile d’être violent, mais dès qu’en face il y a des agriculteurs, tout de suite, on change de stratégie. »

Lycéens et parents unis dans le cortège

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Au delà des organisations syndicales, habituées aux manifestations, la présence de nombreux parents d’élèves, inquiets pour leurs enfants a interpellé. Interrogés, certains ont expliqué vouloir accompagner leurs enfants par « crainte de nouveaux incidents avec la police.» Les lycéens des différents établissements de Besançon étaient également nombreux en tête du cortège. Avant de rejoindre le parc des Glacis, plusieurs d’entre eux s’étaient rassemblés devant leurs lycées respectifs pour maintenir les blocages. La manifestation s’est finalement élancée du parc des Glacis vers 10h30, en direction du centre-ville. Aucun incident n’a été relevé.