Économie. Un bilan inquiétant pour le marché du travail dans la région

Présenté conjointement par l’INSEE, la DREETS et l’URSSAF le 2 avril dernier, le bilan économique de la région Bourgogne-Franche-Comté ne semble pas au beau fixe.

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Il y a des bilans plus positifs que d’autres. Sans surprise, celui dressé par l’INSEE, la DREETS et l’URSSAF au début du mois d’avril concernant la situation économique de la région ne semble pas annoncer une situation économique florissante.

Marché automobile toujours en recul, consommation des ménages en berne et mises en chantier de logements à l’arrêt : tous les secteurs d’activité ont perdu des effectifs en 2025.

Une conjoncture nationale et internationale bouleversée par la guerre en Iran

Pourtant, pour les analystes de l’INSEE, les indicateurs conjoncturels semblaient positifs avant le début de la guerre au Moyen-Orient. Le commerce mondial s’est même accéléré au début de l’année 2025, notamment par des phénomènes d’anticipation liés aux incertitudes de la politique douanière des Etats-Unis.

En Europe, la situation semblait plutôt stabilisée avec une inflation contrôlée et une industrie manufacturière florissante. Mais toutes ces projections ont été complètement chamboulées par le déclenchement de la guerre en Iran. Conséquence, la flambée du cours des hydrocarbures pourrait fragiliser la croissance dès le second trimestre 2026.

De + 0,9% en 2025, la croissance pourrait redescendre à +0,2% par trimestre sur les 6 premiers mois. L’inflation, quant à elle, devrait remonter autour de 2% vers la fin du 1er semestre, mais à un niveau plus bas que dans le reste des pays européens.

L’effet inflationniste et de baisse de croissance devrait se faire ressentir durant le second semestre 2026, si le prix des hydrocarbures se maintient à un niveau élevé.

Au niveau national, les effets de la guerre pourrait être particulièrement dévastateurs pour l’économie. Si la situation se poursuit, l’emploi ne progressera pas et le taux de chômage pourrait continuer à augmenter jusqu’à dépasser 8% mi-2026.

De son côté, l’INSEE prévoit un recul de 0,2% du pouvoir d’achat à la fin du 1er semestre.

Au niveau local, l’emploi dans le secteur privé est en crise

En Bourgogne-Franche-Comté, on comptait 988 900 emplois salariés en 2025. Un quart de ces emplois sont issus du secteur public (245 900 fonctionnaires). Les 743 000 emplois restants appartiennent au secteur privé dans la région.

Pour autant, la tendance globale semble toute aussi inquiétante qu’au niveau national. En effet, l’emploi se replie dans tous les secteurs, à l’exception de l’agriculture qui gagne 610 emplois. Mais ce secteur n’emploie que 21 000 salariés comparé à l’industrie qui totalise plus de 165 900 emplois (en repli de 0,9%), des services marchands (241 300 emplois en recul de 0,5%), le commerce (124 700 emplois et -1%).

48 300 frontaliers de la région et des secteurs aussi en baisse

Au total, ce sont près de 48 300 frontaliers qui se déplacent, chaque jour de la région Bourgogne-Franche-Comté pour travailler en Suisse. Pour autant, l’emploi frontalier n’échappe pas à la tendance avec une nette baisse enregistrée dans l’industrie et notamment dans l’horlogerie (-1,6%).

Cependant, un secteur tire son épingle du jeu : le tertiaire et particulièrement le domaine de la santé avec une hausse de +6,1% d’emplois frontaliers.

Un taux de chômage en hausse sur un an

En France, le taux de chômage actuel tourne autour de 7,9%. Avec une moyenne légèrement inférieure à 7,1%, la région Bourgogne-Franche-Comté semble se placer du bon côté de la balance.

Cependant, des disparités fortes existent entre les départements : le Territoire de Belfort et le Doubs enregistrent des taux de chômage particulièrement élevés avec respectivement 9,5% et 7,7%.

Avec 5,8% pour le Jura et 7,2% pour la Haute-Saône, les deux départements semblent être plus épargnés par le chômage en 2025.

La création d’entreprises en hausse dans la région

Les micro-entreprises fleurissent de plus en plus en France. Et la Franche-Comté n’échappe pas à la tendance. On comptabilise ainsi 35 100 créations d’entreprises dans la région en 2025, soit une hausse de 5,4%.

Conséquence indirecte, les défaillances d’entreprises atteignent elles aussi un niveau jamais atteint depuis plus de 10 ans. Pour autant, ces fermetures d’entreprises n’ont qu’un effet limité sur l’emploi, la plupart étant des micro-entreprises.

Yves Quemeneur