
Les chefs d’entreprises (industriels, commerçants et artisans adhérents de la CPME 25) souhaitaient avoir des réponses concrètes à quelques semaines d’une échéance électorale cruciale pour le territoire bisontin. Quelle attractivité pour Besançon ? Quelles mesures pour soutenir le développement économique et la croissance des entreprises ? Quelle fiscalité locale ? Des réponses claires, parfois alambiquées pour ce qui touche au quotidien des entrepreneurs.
L’économie de proximité au cœur du débat local
90% des entreprises sont des PME et TPE. David Sauvan l’a rappelé en préambule. « Nos entreprises sont ancrées dans leur territoire. Au sein de la CPME, elles trouvent un espace de dialogue constructif où elles peuvent exprimer leur liberté d’entreprendre mais aussi d’échanger et s’entraider ». Le président a également souligné que « la croissance d’un territoire, c’est l’entreprise qui la crée » avant de donner en priorité la parole aux deux candidates. Une galanterie qui a fait bondir Anne Vignot… !
Séverine Véziès (Faire mieux pour Besançon)

La candidate de la France Insoumise a inauguré l’exercice en vantant un travail de co-construction avec les acteurs économiques en rappelant le rôle sociétal des entreprises. Elle a surtout axé son intervention sur une réponse adaptée aux besoins des bisontins dont 23% vivent en dessous du seuil de pauvreté, notamment en proposant la gratuité des transports en commun pour tous et l’expérimentation d’un revenu minimum pour tous les jeunes de moins de 26 ans « contraints de travailler pour financer leurs études au détriment de leur réussite ». En matière de commerce de proximité, l’insoumise veut mettre fin à la spéculation financière immobilière en créant une coopérative immobilière pour offrir un accès facilité aux TPE du commerce. Sur la question (épineuse pour les entreprises) de l’accès aux marchés publics, Séverine Véziès souhaite augmenter les critères locaux dans l’attribution des commandes publiques.
Anne Vignot (Besançon vivante, juste et humaine)

La maire sortante a dressé un bilan « positif » de son mandat à la tête de Besançon, mettant en avant l’importance d’un « écosystème de l’entreprise » qui doit rendre service aux entrepreneurs et à leurs salariés. Sur la question de la simplification administrative, elle souhaite proposer aux entreprises un guichet unique pour répondre à toutes leurs questions d’installation, de financement. « Nous avons créé un service de conciergerie pour les nouveaux salariés arrivant à Besançon pour faciliter leur installation et ça marche ». Sur le développement des zones d’activités économiques, la maire sortante réfute son absence de volonté d’implanter de nouvelles entreprises à Besançon. « Le récent PLUi de Grand Besançon prend en compte les demandes d’implantation tout en respectant les contraintes réglementaires. Nous devons raisonner au niveau plus large du territoire, sans se focaliser sur la seule ville de Besançon ». Enfin, au niveau du commerce de proximité, « Besançon résiste » souligne la maire sortante.
Ludovic Fagaut (Ensemble, Besançon avance)

Le candidat républicain s’est appuyé sur des exemples concrets pour présenter son projet. « Je veux faire de Besançon une capitale économique en rupture totale avec la gestion existante ». Les élus doivent être les ambassadeurs du territoire au niveau local, national et international. « Nous devons reconstruire la confiance avec les acteurs économiques ». Il se veut être un facilitateur, citant un exemple concret « L’entreprise de logistique de Système U implantée à Saint Vit connaît des difficultés pour faire venir des salariés de Besançon tôt le matin. Nous devons proposer à cette entreprise un système de navette de transports en commun dès 5h du matin pour rendre plus accessible l’entreprise à ses salariés ». Sur les zones d’activités économiques, Ludovic Fagaut entend remettre en question certains aspects du PLUi récemment voté à GBM et rappelle que « le temps administratif n’est pas le temps des entreprises comme par exemple à la ZAE des Portes de Vesoul initiée en 2014 et dont la première commercialisation interviendra en 2028 ».
Thomas Lutz (Changeons Besançon)

Le représentant du Rassemblement national (RN) a souligné l’importance de développer un guichet unique pour les entrepreneurs, de baisser les charges qui pèsent sur l’économie et de leur simplifier la vie. Remplaçant au pied levé de sa tête de liste Jacques Ricciardetti, Thomas Lutz lui-même chef d’entreprise s’est insurgé contre l’importance du versement mobilités qui grève les comptes d’exploitation des entreprises sans pour autant être desservies par les transports en commun. Il a enfin axé son propos sur le dynamisme commercial du centre-ville par la mise en place de la gratuité des stationnements notamment à l’heure méridienne pour rendre plus attractifs les restaurants de Besançon.
Éric Delabrousse (Besançon mérite mieux)

Le chef de service de radiologie du CHU de Besançon a essentiellement axé son intervention sur la capacité de la Ville « à faciliter la tâche des entreprises, à fournir des boîtes à outils pour mieux répondre aux contraintes réglementaires et faciliter l’accès des PME et TPE aux marchés publics ». L’aménagement des zones d’activités économiques est également une priorité dans le soutien aux entreprises.
Les cinq candidats se sont prêtés de bonne grâce aux questions d’un auditoire attentif de chefs d’entreprises. Ont-ils eu des réponses concrètes ?






























