Besançon. En liesse, la ville célèbre le 82ème anniversaire de sa libération

Une foule nombreuse se pressait sur la place du Huit Septembre ce mardi pour célébrer la libération de la capitale comtoise après 4 longues années d’occupation de l’Allemagne nazie.

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Une foule nombreuse s'était massé sur la place du Huit Septembre pour célébrer le 82ème anniversaire de la libération de Besançon ©YQ

Le 8 septembre 1944, Besançon retrouvait sa liberté

Les personnalités civiles et militaires étaient présentes à la cérémonie sur la place du Huit Septembre ©YQ

Ce 82ème anniversaire marque une rupture dans la célébration de la libération. A l’initiative de Didier Gendraud, adjoint en charge du devoir de mémoire et référent défense de Besançon, la Ville a voulu renouer avec la fierté et le courage des quelque 400 morts civils et militaires, tués pendant les 4 jours qui ont marqué la libération de Besançon par la 3ème division d’infanterie américaine, fortement soutenue par les réseaux de résistance locaux.

« Une joie profonde »

La cérémonie a été marquée par la présence d’un détachement important de soldats du 19ème Régiment du Génie. Besançon demeure la première ville de garnison française (hors Paris). L’hommage aux soldats du XXIe siècle fait écho au sacrifice des héros de 1944.

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Romain Garcia, jeune lycéen du lycée Pergaud de Besançon, a lu « Délivrance » un texte émouvant paru le 10 septembre 1944 dans « Les nouvelles de Besançon » ©YQ

Empreint d’émotion, un texte des « Nouvelles de Besançon » daté du 10 septembre 1944 parle de « Délivrance », un article lu avec ferveur et incarnation par Romain Garcia, élève de 1ère au lycée Pergaud « Nous vivons d’émouvant instants qui ne sont pas sans ombre. Beaucoup ne sont plus là pour les partager ».

Ludovic Fagaut, maire de Besançon, a également renoué avec le souvenir du sacrifice de « ces milliers de boys américains ayant tout abandonné pour sauver notre liberté ».

Ludovic Fagaut, maire de Besançon, au cours de son allocution ©YQ

« Deux dates et une seule mémoire » a poursuivi le premier édile, pour rendre hommage à « ceux qui ont répondu au feu par le feu et ceux qui ont répondu au feu par le crayon ». Ludovic Fagaut fait ainsi référence au sacrifice d’Henri Fertet, jeune lycéen de 16 ans du lycée Victor Hugo, fusillé à la Citadelle le 26 septembre 1943. Compagnon de la Libération à titre posthume, sa lettre adressée à ses parents le matin de son exécution est désormais célèbre dans le monde « Ma lettre va vous causer une grande peine, mais je vous ai vus si pleins de courage que, je n’en doute pas, vous voudrez encore le garder, ne serait-ce que par amour pour moi ».

« Henri Fertet a été l’incarnation de la Résistance » a souligné Ludovic Fagaut, rappelant les propos de Périclès « Il n’est pas de bonheur sans liberté et pas de liberté sans courage ». Le maire de Besançon a conclu son propos en citant le Général de Gaulle à propos de la capitale comtoise « Jamais Besançon n’a renoncé à la grandeur », un propos qui fait écho à la période actuelle ?

Renouer avec la liesse de la libération

Le défilé des véhicules militaires d’époque rendait hommage à tous les « boys » américains morts pour libérer Besançon ©YQ
Parmi les véhicules anciens, une moto américaine de la « Military Police » ©YQ
Véhicules et costumes d’époque pour rappeler le sacrifice des femmes et des hommes morts pour notre liberté ©YQ
Philippe Petetin, Président de l’association « Doubs Libération US 44 » aux commandes du char Stuart de 1943 ©YQ
Le char Stuart de 1943, initialement dans l’armée portugaise en Angola pendant la seconde guerre mondiale, avait fini sa vie chez une collectionneur anglais avant que l’association de Beure « Doubs Libération US 44 » fasse revenir en France cet engin d’une quinzaine de tonnes ©YQ

Il y avait vraiment beaucoup de monde ce mardi soir place du Huit Septembre pour retrouver le bonheur de la liberté et la liesse qui avait emporté la population en 1944. Un défilé d’une quinzaine de véhicules militaires d’époque, dont un char Stuart « chasseur de chars » de 1943 paradant dans le centre-ville de Besançon. Les drapeaux américains et français faisaient la joie des petits et des grands, une parade rendue possible par les passionnés de l’association « Doubs Libération US44 » de Beure qui restaure et entretient des véhicules militaires de l’époque. Il y avait du bonheur et de la fierté dans les yeux des enfants saisissant les petits drapeaux US et français des mains des « Boys » d’un jour.

« Oublier ce serait trahir ». Garder la mémoire vivante pour tenter d’empêcher que l’Histoire ne se répète. Se souvenir sans transmettre serait une faute impardonnable à l’égard des générations futures.

Yves Quemeneur