Pouvez-vous nous présenter votre parcours ?
J’ai été nommé recteur de l’Académie de Besançon à la fin du mois de juillet 2026. Auparavant, j’ai été pendant trois ans recteur de l’Académie d’Amiens. Ce qui fait l’originalité de mon parcours, c’est que j’ai exercé de très nombreux métiers dans l’Éducation nationale. J’ai commencé comme professeur d’histoire-géographie, j’ai ensuite été chef d’établissement, puis directeur académique des services de l’Éducation nationale (DASEN). Mais j’ai aussi travaillé au ministère, au sein de l’administration centrale, et en rectorat. J’ai aussi bien travaillé dans des zones urbaines que dans des zones rurales. J’ai donc pu engranger une vision assez large du système éducatif.
Dans quel état d’esprit arrivez-vous ?
Je suis très heureux d’être nommé dans cette Académie et cette région que je commence à découvrir. Avec un réel enthousiasme et un vrai désir de découvrir ce territoire. Depuis un mois que je suis arrivé, j’ai la sensation qu’il y a eu un gros travail qui a été réalisé précédemment par ma prédécesseure et ses équipes. Le constat que je fais, c’est que l’Académie fonctionne bien, elle a des résultats satisfaisants et j’y vois le signe de l’engagement et du professionnalisme de tous ceux qui la font vivre aujourd’hui.
Quelle est votre marque de fabrique en tant que recteur ?
J’ai l’envie forte de me déplacer le plus souvent possible dans les écoles et dans les établissements. Je vais essayer de sanctuariser cela au niveau de mon agenda, car les déplacements dans les écoles sont toujours des moments particulièrement importants. C’est là que l’on sent la réalité du fonctionnement du système éducatif et que l’on prend le pouls de l’Académie. Mais au-delà de ces déplacements, je vais avoir à cœur de rencontrer tous ceux qui font vivre notre Académie. Les représentants des personnels, les représentants des parents d’élèves, les élus, les acteurs économiques, les acteurs culturels et les services de l’État… Bref, tous ceux qui vont me permettre de comprendre comment fonctionne ce territoire.
J’ai aussi cette volonté de territorialiser davantage les décisions en les adaptant aux réalités de chaque bassin de vie, et notamment en milieu rural. Concrètement, ce n’est pas dans mon bureau que l’on va décider de la manière dont le réseau scolaire va s’organiser, même pas au niveau des DASEN, mais au plus près des acteurs qui vont eux-mêmes s’emparer de la question.
Quelles vont être vos priorités pour l’Académie ?
Il serait assez présomptueux après avoir été nommé il y a seulement un mois, de vous dire ce qu’il faudrait faire pour l’Académie dans les années à venir. Mais il y a quelques sujets qui me sont chers. Première chose que j’ai chevillé au corps grâce à mon histoire personnelle depuis que je suis enseignant c’est que j’ai la conviction que nous devons être exigeants avec nos élèves. On a le devoir de leur ouvrir le champ des possibles. Je n’accepterai jamais aucune forme d’assignation sociale territoriale. On a vraiment ce devoir de promouvoir l’ambition de nos élèves. Et ça a une résonance particulière dans l’Académie car j’ai vu les performances des élèves qui sont globalement très satisfaisantes. Mais ça ne se traduit pas dans des poursuites d’études qui sont à la hauteur des résultats obtenus. C’est un sujet autour de l’ambition et des choix d’orientation de nos élèves.
Deuxième sujet que je souhaite mettre au centre des préoccupations, je suis très attentif aux conditions de travail des agents. Il faut que nous soyons en permanence à l’écoute pour leur permettre d’exercer dans les meilleures conditions possibles et offrir des conditions d’apprentissage les plus efficaces possibles pour nos élèves. Cela passe par exemple par l’intensification des remplacements qui restent une priorité. Nous sommes parmi les meilleures académies de France sur le remplacement mais il faut sans doute encore conforter et améliorer ces résultats.
Troisième chose qui est un sujet majeur pour l’Académie et le pays, la question démographique. On va perdre dans les 10 ans qui viennent 30 000 élèves dans l’Académie. Mais cette perte de 30 000 élèves s’ajoute à la perte des 28 000 élèves dans les 10 années précédentes. Donc face à cela, on a le devoir d’accompagner cette transition démographique pour ne pas la subir. Et donc ça implique de penser une politique d’aménagement du territoire par et autour de l’école. Cela suppose d’assurer la transparence des chiffres et avoir une vision pluriannuelle avec l’ensemble des acteurs du territoire. L’idée est de donner de la visibilité et de la lisibilité sur ce que l’on va faire en mettant fin aux cartes scolaires annuelles qui ne sont satisfaisantes pour personne.
Y-a t-il un sujet qui vous tient particulièrement à cœur ?
Oui, j’ai une appétence toute particulière pour les élèves en difficulté. C’est quelque chose à laquelle je me suis beaucoup intéressé tout au long de ma carrière et que je souhaite mettre au cœur de mon engagement.





























