Quoi de mieux que de lancer la saison du Mont d’Or sur le sommet qui porte son nom ? Il est 6h40 en cette fraîche matinée du jeudi 10 septembre. Les premiers rayons de soleil illuminent le paysage et rien ne semble décourager la foule qui commence à grimper à 1463m d’altitude pour goûter les premiers fromages de la saison. Élus régionaux, départementaux et municipaux ont fait le déplacement pour le lancement de la commercialisation de ce célèbre fromage au lait cru. Un rituel devenu tradition, cette dégustation a été organisée pour la sixième année consécutive. « Le croûtage est joli et ils fleurissent bien », sourit Éric Fevrier, président du Syndicat interprofessionnel du Mont d’Or. Une belle surprise et de l’espoir pour cette saison qui démarre différemment de l’année dernière, en raison notamment des mois de canicule et de sécheresse qui ont perturbé le travail des éleveurs.
Des dérogations pour surmonter les difficultés
Depuis le 15 août, les dix fromageries, dont un fabricant fermier, ont commencé la production de Mont d’Or, qui sera commercialisé jusqu’au 10 mai. « On sort d’une très belle saison avec 6 000 tonnes de produits vendus. L’an dernier, tous les curseurs étaient alignés (météo, qualité sanitaire, vente). Ce n’est pas facile à reproduire. La canicule a eu un impact sur les producteurs, avec notamment un manque de disponibilité en herbe. Le foin et le regain ont une différence majeure avec une vache en pâturages. Cet épisode doit nous questionner sur l’avenir et notre résilience notamment sur les questions de stockage, de fourrages et d’eau », poursuit Éric Fevrier.

Le syndicat a réagi en demandant deux dérogations au cahier des charges. La première a permis un approvisionnement de 20% maximum de fourrages extérieurs à la zone AOP, « afin d’avoir assez de fourrages pour passer l’hiver ». La deuxième concerne la consommation annuelle en aliments complémentaires des génisses. Dans le cahier des charges, elle est fixée à 500 kg par UGB génisse. La dérogation a permis de la monter à 1500 kg par UGB génisse. « L’objectif étant de destiner l’ensemble du foin des éleveurs à leurs vaches », explique le président du syndicat.
« On espère ne pas avoir une seconde saison identique »
« La Région n’est pas insensible à ce qui s’est passé cet été. Toutes les cultures ont été impactées. Nous travaillons sur la question de l’eau et la retenue en eau avec les exploitants pour voir ce que l’on peut faire », assure Jérôme Durain, président de la Région Bourgogne-Franche-Comté, présent au lancement de la saison. « On n’a pas attendu la canicule pour accompagner les agriculteurs sur la réserve en eau. On a déjà équipé de nombreuses fermes. Ce travail, on va le poursuivre. On travaille sur la qualité des prairies, du fourrage, sur le maintien des zones humides également. On accompagne financièrement. Cette année a été violente. Il a fait sec et chaud. Heureusement, il y avait le stock de l’année précédente. Si c’est la même chose en 2027, on n’aura pas de stock », poursuit Béatrix Loizon, vice-président au Département en charge de la gestion et de la préservation du patrimoine naturel, de la transition climatique et du tourisme. Une perspective partagée par Éric Fevrier qui « espère ne pas avoir une seconde saison identique ».
Jean-Louis Gagelin intronisé dans la Confrérie du Mont d’Or

Deux jours plus tard, le samedi 12 septembre, la Coulée du Mont d’Or a investi Pontarlier, avec défilé dans les rues de Pontarlier, dégustation gratuite de ce fromage au lait cru, démonstration de levage de sangles, ou encore repas géant. Une véritable fête pour célébrer « le retour sur nos tables de ce trésor du Haut-Doubs », a souligné le maire Patrick Comte. À cette occasion, Jean-Louis Gagelin, premier adjoint chargé de l’Urbanisme, de la Voirie et de la Circulation, des Espaces verts, du Patrimoine bâti et de l’Économie, a été intronisé dans la Confrérie du Mont d’Or. Cette association, créée en 2000, promeut, défend et célèbre le Mont d’Or. Pour s’engager, l’élu a juré en patois de « faire connaître le Mont d’Or que l’on appelle aussi vacherin du Haut-Doubs ».


























