Besançon. Municipales 2026 : À Battant, la France insoumise rêve en grand

En inaugurant son local de campagne au 62 rue Battant, la France Insoumise poursuit sa stratégie de rassembler les « éloignés de la politique », afin d’imposer sa radicalité à l’ensemble de la gauche, en attendant l’union.

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Séverine Véziès
Séverine Véziès a reçu le soutien de Chantal Vivien, responsable d'unité éducative en hébergement collectif ou encore d'Anne Gauthier, présidente de Tambour Battant.

Séverine Véziès (LFI) le sait mieux que quiconque : du score de sa liste insoumise « Faire mieux pour Besançon ! » au premier tour des élections municipales le 15 mars, dépend la « radicalité » à imposer au reste de la gauche bisontine. « Par leur vote, les électeurs choisiront la politique à mener », martèle la cheffe de file insoumise, consciente que son électorat, à l’instar du mouvement national, se trouve en majorité dans les quartiers populaires et chez les abstentionnistes. Alors ses équipes iront aussi à leur rencontre, lors de « cafés en bas des tours » chaque samedi en janvier. Outre la permanence inaugurée vendredi 9 janvier au 62 rue Battant, une réunion publique est également prévue le 29, autour de la lutte contre les discriminations avec la députée de la 10e circonscription de la Seine-Saint-Denis, Nadège Abomangoli. Un premier tour de chauffe avant le grand rendez-vous du 23 février, où le mouvement veut marquer les esprits avec plusieurs ténors nationaux.

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Si la candidate peut mesurer le poids des insoumis à Besançon sur la base de deux scrutins législatifs et une élection européenne séismique, ces élections municipales restent un tournant : dix ans après la naissance du mouvement et les premiers groupes d’actions, le vote le plus mobilisateur après l’élection présidentielle constituera le juge de paix d’une alliance avec Anne Vignot qui ne fait plus de doute « pour garder la ville à gauche ». « Si nous sommes en tête au soir du premier tour, nous serons responsables pour faire l’union ! »,lance même la cheffe de file insoumise. Du côté d’Anne Vignot, convaincue d’être devant LFI le 15 mars au soir, on mise sur le plus petit score insoumis possible pour faciliter les négociations. Séverine Véziès le sait « le premier doit créer les conditions de l’union et respecter le vote des Bisontins ».

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Municipales 2026 : À gauche, le double V de la victoire
Anne Vignot (LE) d’un côté, Séverine Véziès (LFI) de l’autre. Après avoir été alliées, les deux candidates ne semblent plus sur la même longueur d’ondes… en apparence. On se jauge, mais on se juge peu. Oui, le Parti socialiste en prend pour son grade côté insoumis, à l’image d’un dernier communiqué cinglant revenant sur le « mariage forcé » avec l’union autour de la maire sortante. Mais « l’ennemi » n’a jamais été à gauche : cette « droite extrémisée » et cette extrême droite toujours plus grande à l’image « de ces petits nervis et nazillons que l’on a vus émerger ces dernières années », dégaine Séverine Véziès. Jamais l’insoumise ne tacle l’écologiste et réciproquement, y compris sur la gestion de Battant, où Séverine Véziès assure tout juste qu’avec son équipe, la gauche bisontine saura « faire mieux ».
Les signes de rapprochement se multiplient aussi : loin de la frange « anti-LFI », le nouveau patron du Parti socialiste en Bourgogne Franche-Comté Jérôme Durain a clairement indiqué qu’il souhaitait un rapprochement avec les insoumis. Vendredi 9 janvier, les mots de Séverine Véziès au moment d’inaugurer son local ont été à la virgule près les mêmes qu’Anne Vignot. « On poussera toujours pour une écologie populaire, qui profite d’abord aux plus modestes ». Enfin le premier sondage sur les élections municipales bisontines par Cluster17 et révélé par nos confrères de France 3, place le ticket Vignot – Véziès très largement en tête du second tour, face à Ludovic Fagaut. À gauche, qui pourrait donc encore refuser ce double V de la victoire, à deux mois du scrutin ? Pas si simple d’y répondre. « LFI, c’est notre fenêtre d’Overton programmatique », souffle un écologiste. « En dessous de 10% au premier tour, ils n’auront pas vraiment de marge de manœuvre. À 15% en revanche, on risque de ne pas beaucoup dormir le dimanche soir pour négocier leur place dans notre équipe ».