C’est dans la salle du Parlement, lieu emblématique de la cour d’appel de Besançon, que s’est tenue l’audience solennelle de rentrée de la juridiction. Présidée par Marie-Bénédicte Maizy, présidente de la cour d’appel de Besançon, cette audience a notamment permis d’officialiser la prise de fonctions d’Olivier Caracotch en qualité de procureur général. En provenance du tribunal judiciaire de Dijon au sein duquel il était procureur de la République depuis 2021, il succède ainsi à Marie-Christine Tarrare, figure des tribunaux bisontins qui est partie en retraite cet été.
Une succession qui revêt une dimension particulière pour Olivier Caracotch, qui avait eu l’occasion de côtoyer sa prédécesseure au début de sa carrière. Le nouveau magistrat a notamment salué « la rigueur et la bienveillance » dont a fait preuve Marie-Christine Tarrare tout au long de sa carrière, avant d’affirmer sa volonté « d’être à la hauteur de son action ». Cette prise de fonction intervient dans un contexte particulièrement difficile pour l’institution judiciaire. Il y a quelques jours, le procureur de la République de Montbéliard a été victime de menaces en pleine audience. « Ces évènements nous rappellent que les tribunaux ne sont plus des sanctuaires » a rappelé la Présidente de la Cour d’Appel.
La lutte contre le narcotrafic et la transparence comme priorités
A l’occasion de sa prise de fonction officielle, Olivier Caracotch a annoncé plusieurs axes de travail. Parmi ses priorités figure notamment la lutte contre le narcotrafic, un phénomène qui constitue aujourd’hui un enjeu important pour la justice et les forces de l’ordre, notamment à Besançon. Le nouveau procureur général a annoncé que les tribunaux bisontins ont prononcé plus de 627 condamnations pour des faits liés aux stupéfiants en 2025, soit près de deux condamnations par jour. Un chiffre qui illustre l’ampleur prise par les affaires de stupéfiants et la place qu’elles occupent dans l’activité judiciaire.
Olivier Caracotch a également insisté sur la nécessité de renforcer la transparence et la compréhension de l’institution judiciaire auprès des citoyens. Il a souligné le manque de confiance d’une partie des usagers envers les tribunaux, évoquant une institution « en queue de peloton sur la satisfaction des usagers ». Autre priorité affichée : « l’amélioration des délais d’audiencement ». L’objectif est de parvenir à une justice « plus accueillante, plus à l’écoute et plus protectrice des infractions pénales ». Olivier Caracoch a finalement résumé son ambition pour les mois à venir en quelques mots : « Nous devons faire mieux car la justice est le socle de notre État de droit et nous avons la ferme volonté d’améliorer et de moderniser nos méthodes de travail. »
Une « dyarchie » au service de la juridiction
L’audience a également été l’occasion pour les deux principaux responsables de la cour d’appel de Besançon, la présidente et le procureur général, de rappeler l’importance du fonctionnement en « dyarchie » au sein d’une cour d’appel. Marie-Bénédicte Maizy a ainsi insisté sur le caractère particulier de ce « binôme institutionnel » formé par le procureur général et la présidente de la cour d’appel. Une relation fondée, selon elle, sur « une véritable synergie » et sur « deux regards complémentaires : l’arbitrage du litige et la défense de l’intérêt général ». Une position que partage le nouvel homme fort de la juridiction de second degré. « Nous sommes condamnés à nous entendre », a notamment résumé Olivier Caracotch.
Des nouveaux magistrats nommés à la Cour d’Appel de Besançon
Cette audience solennelle était également l’occasion de présenter les autres magistrats ayant pris leurs fonctions le 1er septembre 2026. Il s’agit de Valérie Messer Pin nommée présidente de la chambre de l’Instruction, d’Alina Saleh nommée conseiller, d’Arlane Lacroix nommée conseiller en charge du secrétariat général de la première présidence ainsi que de Louise Clere, Benjamin Drezet, et d’Alexandre Vial, nommés juges placés.





























