
Conséquence de la loi NOTRE promulguée en 2015, l’eau et l’assainissement ne sont plus de la compétence des départements. Dès lors, ce sont les EPCI (métropoles, agglomérations, communautés de communes) qui ont la compétence en matière d’eau potable et d’assainissement.
Le département du Doubs s’engage toutefois aux côtés de ses partenaires (collectivités locales, État, Agence de l’eau) pour financer des actions afin de préserver la qualité des cours d’eau et des milieux aquatiques. Un engagement maintenu et officialisé par ce nouvel-accord cadre sur la politique de l’eau, signé le 10 juillet 2026 pour une durée de quatre ans.
Ensemble, les collectivités et l’Agence de l’eau ont financée 210 millions d’euros de travaux consacrés à l’eau et l’assainissement dans le Doubs depuis 2019.
Un soutien financier dans un contexte contraint
« Il faut rassembler les énergies, parfois au-delà des frontières et contraintes administratives. Le département agit aux côtés des collectivités, dans un contexte budgétaire contraint », a rappelé Christine Bouquin, présidente du Département. Ce dernier aspect avait suscité la polémique lors de l’assemblée départementale du 27 avril dernier, l’opposition, par la voix de Raphaël Krucien (PS), s’étonnant d’une baisse drastique du budget consacré, passé de 7 M€ à 3,2 M€ dont 2 M€ pour l’eau et l’assainissement. La présidente du Département a insisté sur l’importance d’une politique « dentelle », au plus près des habitants pour « sécuriser l’alimentation en eau potable, préserver la ressource et renforcer l’assainissement ».
L’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse gère la ressource de 29 départements, soit la moitié des usages de l’eau au niveau national. Le territoire métropolitain reçoit en moyenne chaque année 500 km³ d’eau dont deux tiers disparaissent en transpiration. « Pour faire face aux usages annuels, il va falloir tout faire en même temps » a souligné Nicolas Mourion. « Nous devons intervenir sur les rivières, les zones humides, les fuites sur les canalisations et l’amélioration de la ressource ».
Pour le département du Doubs, cet accord-cadre avec l’Agence de l’eau va permettre de « coordonner les interventions conjointes pour accompagner les projets du bloc communal visant à améliorer la gestion de l’eau et des milieux aquatiques ».
Adapter la politique de l’eau aux particularités du massif jurassien
L’un des objectifs du partenariat est la préservation de la ressource dans un territoire karstique dans lequel les hydrogéologues ont du mal à identifier « le grand cycle de l’eau ». L’autre objectif est le bon dimensionnement des stations d’épuration. « L’eau est un enjeu identifié depuis 50 ans » a insisté Renaud Nury. « Dans la zone frontalière, les stations d’épuration ne sont plus dimensionnées au regard de l’augmentation de la population frontalière. Nous devons raisonner sur le long terme » a rappelé Raphaël Krucien.
La qualité de la ressource est également un enjeu important en matière d’attractivité touristique alors » qu’Ernest Hemingway pêchait la truite à Goumois », a rappelé Béatrix Loison, vice-présidente du département en charge de l’eau et l’assainissement et également en charge le tourisme. Vivien Rossi, chargé d’affaires « eau et milieux aquatiques » à l’Agence de l’eau soulignait l’importance des actions ponctuelles pour améliorer la qualité de la ressource. Ainsi, supprimer les petits barrages le long des ruisseaux et rivières permet la restauration du processus naturel de purification de la rivière et la possibilité pour les poissons de remonter le courant. Planter des haies le long des berges évite l’étalement de l’eau, favorisant un débit plus rapide et le retour d’une biodiversité riche en nutriments pour les poissons.
Quatre objectifs sont au coeur de ce 12ème programme d’intervention entre Agence de l’eau et Département. Ils consistent à atteindre un bon état des milieux aquatiques, adapter les territoires au changement climatique, reconquérir la biodiversité et renforcer la solidarité entre les territoires.






























