Grand Pontarlier. L’acquisition d’un étang à Doubs par la CCGP suscite les débats

Lors du conseil communautaire du 18 décembre, les élus du Grand Pontarlier ont voté à la majorité l’acquisition de l’étang du lieu-dit de la Grande Oie à Doubs, en lien avec la mise en conformité de la station d’épuration de la commune. Cette acquisition devrait permettre de réaliser un bassin tampon qui servira de zone intermédiaire de traitement des eaux pluviales et usées avant rejet dans le milieu naturel. Un objet qui ne convainc pas plusieurs élus.

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Conseil communautaire Pontarlier

À proximité de la station d’épuration de Doubs, se trouve un étang, une « gravière », rectifie Sylvain Charrière, directeur Eau et Assainissement au Grand Pontarlier. D’une surface de 67 000 m², ce plan d’eau suscite un intérêt particulier pour la CCGP afin notamment de répondre à la mise en conformité de la station. « Comme cet étang n’est pas qualifié d’espace naturel, il peut être utilisé pour prendre en charge une partie des rejets de la station d’épuration ce qui nous permettra à coût moindre de pouvoir atteindre les objectifs fixés en termes de qualité de rejet en m3 et de qualité de rejet de l’eau après traitement. C’est une vraie opportunité qui se présente pour la CCGP », explique Patrick Genre, président du Grand Pontarlier.

« L’objet me déplaît fortement »

Cette acquisition au prix de 1,65€ / m² soit environ 110 000€, devrait permettre de « réaliser un bassin tampon qui servira de zone intermédiaire de traitement des eaux pluviales et usées avant rejet dans le milieu naturel », détaille la CCGP. Un objet qui inquiète plusieurs élus, à l’instar de Gérard Voinnet, qui estime que « si on peut acheter les autres (étangs du secteur ndlr), il ne faudra pas se priver. Par contre, les plus grandes réserves quant à l’utilisation de cet étang, pour en faire en gros un bassin d’orage, c’est quand même ramener une pollution potentielle sur un endroit qui pour l’instant peut-être n’en a pas. Ça demandera des études approfondies mais il n’est pas certain que la pollution amenée dans cet étang là n’aille pas ailleurs ». Un avis rejoint par Laurence Invernizzi, maire de Vuillecin. « Je trouve que c’est bien parce qu’on fait de la préservation sur un secteur où l’eau est présente et en grande quantité mais je voterai contre car l’objet me déplaît fortement »

L’étang situé au-dessus de la station d’épuration de Doubs, est d’une surface de 67 000 m² ©capture d’écran Google Maps

Un étang à triple objectif 

« L’étang, si on l’achète, ne pourra pas être utilisé dans son état actuel. Il faudra faire un certain nombre d’aménagements pour, et après autorisation de toutes les instances (DREAL, DDT, ARS), qu’il soit rendu compatible. Ça nous donne une capacité à venir mais qui peut être, bien entendu, étudiée et peut-être modifiée, mais on ne va pas vider l’étang pour en faire un autre », veut rassurer Patrick Genre. De son côté, Sylvain Charrière explique que cet étang à un triple objectif. Le premier consiste à faire une zone de rejet végétalisée, « les eaux usées traitées vont aller dans une zone d’écoulement préférentielle qu’on va essayer de réaménager dans ce bassin pour traiter avec des macrophytes, des roseaux, l’eau usée traitée. La DDT nous oblige à faire une zone de rejet végétalisée. Deuxième objectif, bipasser le DO (déversoir d’orage) externe de la station d’épuration dans cette gravière dans l’objectif de ne pas rejeter d’écoulement brut dans le Doubs, notamment en période d’étiage. La troisième opération qui reste à valider vraiment en termes de faisabilité, c’est est-ce qu’on sera en mesure en plus de construire un bassin d’orage en lieu et place d’une partie de la gravière pour pouvoir stocker les eaux usées pour les renvoyer dans la filière de traitement ? Je n’ai pas la réponse aujourd’hui, ça nécessite des études de faisabilité et une validation »

Des précisions qui ne convainquent pas l’entièreté des élus. « J’ai quand même beaucoup de doutes sur la faisabilité d’utiliser cet étang pour la station d’épuration. Ça m’interpelle parce que les réseaux souterrains, on ne les connaît pas », estime Laurent Petit, élu de Doubs. L’acquisition de l’étang a été votée à la majorité, avec deux oppositions et quatre abstentions.