Quel a été l’élément déclencheur de ce nouveau livre ?
J’ai trouvé des traces de la Franche-Comté un peu partout dans le monde au fil de mes voyages ces cinq ou six dernières années. Cela peut être du Comté à Copenhague, un tableau de Courbet aux États-Unis ou une statue de Pasteur ailleurs… À partir de ces éléments, j’ai creusé le sujet et je me suis rendu compte que notre région s’exporte à l’échelle internationale. J’ai également recherché des sujets annexes pour en faire un livre.
C’est un ouvrage de 130 pages avec 14 chapitres. Quel en est le fil conducteur ?
J’ai cherché à (re)définir ce qu’est la culture comtoise à travers ce que l’on parvient à exporter. La Franche-Comté a eu, et a toujours, cette capacité à influencer le monde par son histoire et son patrimoine. Dans ce livre, les 14 chapitres abordent la gastronomie, l’art, l’histoire bien sûr. Je me suis entouré de nombreux spécialistes français et étrangers, c’est très enrichissant. La Franche-Comté n’est pas hors-sol, il existe ici une idée un peu latente selon laquelle notre territoire ne serait pas très dynamique ou manquerait de richesses, alors qu’en réalité, il bénéficie d’un véritable rayonnement à l’étranger.
Les grands noms de la Franche-Comté ont donc toute leur place dans votre ouvrage…
Louis Pasteur occupe évidemment une place importante. De nombreux hommages lui sont rendus en Amérique, du Nord comme du Sud. J’en ai recensé plus de 170 : noms de rues, d’établissements, statues… Quand on parle de « l’hôpital Pasteur », on pense souvent à Dole, mais il en existe également en Argentine, en Afrique du Sud ou encore en Slovaquie.
Hasard du calendrier, vous consacrez un chapitre à Gustave Courbet au moment où éclate un mini-scandale en France, autour de la vente discrète du tableau Le Désespéré au Qatar…
Oui, mais ce tableau est loin d’être le seul ! Il est encore visible au musée d’Orsay pour un temps. J’ai tenté de répertorier les œuvres de Courbet dans le monde. J’en ai repéré plus de 300 conservées à l’étranger, dont plus de 40 % aux États-Unis, qui est le pays étranger en comptant le plus selon mes recherches. Viennent ensuite, dans l’ordre, l’Allemagne, la Suisse, le Royaume-Uni, le Japon et les Pays-Bas.
La Franche-Comté est-elle particulièrement présente aux États-Unis ?
C’est en tout cas là-bas que j’ai recensé beaucoup d’éléments. Il existe par exemple une communauté nommée « Besancon », créée par des familles franc-comtoises qui ont émigré au XIXᵉ siècle dans l’État de l’Indiana, dans l’espoir de trouver une vie meilleure. J’ai aussi repéré de la cancoillotte au Mexique : des habitants de la région de Champlitte sont partis à la même époque en emportant la recette, qui s’est perpétuée jusqu’à aujourd’hui, même si elle est bien différente de celle de chez nous !
Une partie de vos travaux universitaires figure également dans ce livre…
Je poursuis actuellement un doctorat en histoire sur le président français Jules Grévy, en fonction de 1879 à 1887, et seul président originaire de la Franche-Comté. Une petite partie de mes recherches apparaît dans l’ouvrage, car Jules Grévy contribue lui aussi au rayonnement de la Franche-Comté dans le monde, notamment aux États-Unis.
Quelle a été la découverte ou l’influence la plus marquante au cours de l’écriture de ce livre ?
Je « traînais » sur la base de données de la Bibliothèque du Congrès à Washington à la recherche d’une influence franc-comtoise et, en tapant le mot « Dole », je suis tombé sur deux articles de presse datant des années 1920. Ils évoquaient l’arrivée d’une tapisserie représentant la conquête de Dole en 1674 par Louis XIV. En échangeant avec la ville de Dole, nous avons retrouvé la trace de cette tapisserie, aujourd’hui conservée dans un musée du Kentucky. Le musée nous a autorisés à la reproduire et à en parler dans le livre.
Ce livre est non exhaustif. Doit-on s’attendre à une suite ?
On verra ! Je me suis concentré sur certains choix afin de les approfondir, mais pour l’instant, j’ai d’autres projets d’écriture.





























