Besançon. Simulation hyper-réaliste d’un attentat au collège de Quingey

Le 6 mai dernier, un exercice réaliste d'attentat a été organisé au collège de Quingey. Une simulation grandeur nature mobilisant gendarmes, sapeurs-pompiers et SAMU permettant de s'entrainer à la coordination d'opérations complexes.

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Organisé par les services de la préfecture, l’exercice simulant un attentat s’est déroulé de 14 h à 17 h 30 au collège de Quingey, mobilisant plus de 200 personnes. Les habitants et les personnes présentes dans le secteur ont d’ailleurs reçu un véritable message d’alerte sur leur smartphone, envoyé par la préfecture et précisant qu’il s’agissait d’un exercice.

Un scénario réaliste

Le scénario a été élaboré par les services de la préfecture afin de se rapprocher au plus près des menaces susceptibles de survenir dans la réalité. Il mettait en scène plusieurs assaillants armés de couteaux s’infiltrant dans le collège de Quingey et revendiquant une idéologie issue de la mouvance masculiniste. « Nous savons que les lieux d’enseignements sont particulièrement vulnérables » a confié Jennifer Rousselle. Morts, nombreux blessés et élèves confinés : tous les éléments étaient réunis pour que les intervenants soient confrontés le plus possible aux conditions réelles. Pour renforcer encore le réalisme de l’opération, une quarantaine de victimes fictives, principalement des élèves du collège de Quingey, participaient à l’exercice. Certaines étaient maquillées avec du faux sang, d’autres jouaient des élèves paniqués ou confinés dans les salles de classe. Les élèves avaient toutefois été préparés en amont et accompagnés par les services psychologiques.

La coordination des services au coeur de l’opération

Forces de secours et gendarmes lors simulation attentat collège

L’objectif principal de cet entraînement grandeur nature était de « s’assurer de la bonne coordination des services de secours« . Pour cela, 50 gendarmes, 70 sapeurs-pompiers et une trentaine de personnels médicaux ont travaillé conjointement afin de limiter les risques et d’intervenir le plus efficacement possible. « C’est important de s’entrainer régulièrement sur des exercices comme ceux-là car ce sont des évènements rares qu’on ne fait pas au quotidien », explique le commandant de sapeurs-pompiers Sébastien Freidig. Dans un premier temps, les forces de l’ordre ont pris le commandement des opérations afin de sécuriser le périmètre et de neutraliser les assaillants. Les sapeurs-pompiers ont ensuite pris le relais en déclenchant la procédure « nombreuses victimes » (NOVI). L’exercice visait également à tester une nouvelle procédure de commandement opérationnel mise en place après les attentats du Bataclan de 2015, afin d’améliorer la coordination des secours dans ce type de situation.

Un objectif de sensibilisation au masculinisme

Au-delà de l’entraînement grandeur nature à une attaque terroriste, l’opération menée au collège de Quingey portait également d’autres objectifs. Ceux de sensibiliser et de vulgariser les mouvances masculinistes, poussant à une haine viscérale des femmes, également appelées « Incels », chez les jeunes. « On sait qu’il y a une montée en puissance du masculinisme notamment sur les réseaux sociaux et touchent les jeunes adolescents. Le but de cet exercice c’est aussi de faire de la prévention chez les jeunes et d’identifier des personnes qui pourraient être en repli identitaire » confie la colonelle Montet.

Exercice attentat collège Quingey, élèves simulant victimes blessées

Le procureur de la République de Besançon était également présent afin de rappeler les procédures judiciaires applicables en matière de terrorisme : « Ces revendications masculinistes peuvent aujourd’hui être qualifiées de revendications terroristes, au même titre que des revendications religieuses. » Même si les principaux contenus masculinistes circulent principalement sur les réseaux sociaux, des groupuscules actifs émergent progressivement partout en France. « Dans la région, nous n’avons pas identifié de groupes masculinistes à proprement parler. En revanche, nous savons que ces discours existent sur les réseaux sociaux et qu’ils ciblent particulièrement les jeunes », conclut le procureur de la République de Besançon.