Besançon. La cheminée de Planoise bientôt détruite, la fin d’une époque

Le mercredi 10 juin, Ludovic Fagaut, président de Grand Besançon Métropole, Anthony Nappez, vice-président en charge des réseaux de chaleur, du gaz et des énergies renouvelables, Nathalie Bouvet, vice-présidente en charge du développement durable et de l'environnement ainsi que Matthieu Bonvoisin, directeur Bourgogne-Franche-Comté des infrastructures energétiques locales d'ENGIE, étaient présents pour une visiter le chantier de démolition de l'ancienne cheminée du réseau de chaleur de Besançon. Une avancée majeure et symbolique dans la politique de transition énergétique entamée par la Métropole depuis plusieurs années.

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Le démantèlement de la cheminée de Planoise a commencé c PG

L’imposante cheminée de la chaufferie de Planoise ne sera bientôt plus qu’un lointain souvenir. Implantée dans le paysage bisontin depuis 1972, les jours de cette tour qui voit passer des milliers d’automobilistes rue de Dole, sont comptés. Sa démolition, engagée depuis quelques jours, symbolise bien plus que la disparition d’un ouvrage industriel : elle marque la fin définitive de l’ère des énergies fossiles dans l’histoire du réseau de chaleur de Grand Besançon Métropole.

La cheminée de Planoise, symbole d’une époque révolue qui disparaît

Démolition de la cheminée de la chaufferie de Planoise
Ludovic Fagaut, président de GBM en train de tester le robot utilisé pour détruire la cheminée c PG

Construite en 1972, la cheminée qui culmine à 62 mètres domine le quartier de Planoise depuis plus de cinquante ans. Inutilisée depuis plusieurs années suite à l’arrêt de l’utilisation des énergies fossiles notamment le charbon, elle présentait des signes de vieillissement importants. « Cette cheminée ne fonctionnait plus depuis longtemps et les risques liés à son délabrement devenaient de plus en plus élevés. La détruire constituait la meilleure option » a expliqué Anthony Nappez, vice-président de GBM en charge des réseaux de chaleur, du gaz et des énergies renouvelables. Mais au delà des considérations purement technique, sa disparition revêt également une forte portée symbolique. « Elle était tellement implantée dans le paysage de Planoise que certains ne la remarquaient même plus« , poursuit le vice-président. Le démantèlement de la cheminée, qui devrait se poursuivre jusqu’à la fin du mois de juin, utilise une méthode de « grignotage » du sommet vers la base permettant de limiter les émissions de poussières.  Un échafaudage entoure entièrement l’ouvrage tandis qu’une plateforme accueille un robot télécommandé chargé de broyer progressivement le béton armé de la structure. « C’est un symbole fort qui marque un tournant vers la décarbonation » a justement résumé l’élu.

Un réseau innovant et en plein essor

« Le réseau de chaleur du Grand Besançon est en plein essor« , a souligné Matthieu Bonvoisin, directeur Bourgogne-Franche-Comté des infrastructures énergétiques locales d’ENGIE. Basé aujourd’hui exclusivement sur la valorisation énergétique des déchets ménagers et par du bois-énergie, « il propose aujourd’hui l’un des prix du kilowattheure les plus bas de France« .

Plus de 100 millions d’euros investis par GBM d’ici 2032

Depuis plusieurs années, le réseau de chaleur est désormais au cœur de la stratégie énergétique portée par Grand Besançon Métropole. Ainsi, un programme pluriannuel a été engagé avec plus de 100 millions d’euros investis d’ici 2032 dans la modernisation des infrastructures existantes, l’extension du réseau et l’amélioration des performances. Depuis 2023, les équipes de Grand Besançon Métropole et d’ENGIE travaillent conjointement à l’extension du réseau vers de nouveaux secteurs. Les quartiers de Rosemont, de la Butte, de la Grette ou encore des Trépillots sont progressivement raccordés à la chaufferie Ouest. Le village d’Avanne Aveney a lui aussi bénéficier d’un raccordement. À terme, l’objectif est ambitieux : connecter les bâtiments publics situés dans le centre-ville, au cœur de la Boucle jusqu’à Temis. « En 2030, un Bisontin sur quatre devrait bénéficier de ce réseau de chaleur alimenté à 90 % par des énergies renouvelables » a annoncé Ludovic Fagaut.

De futures infrastructures pour l’Est de Besançon ?

Si les investissements se concentrent aujourd’hui sur l’Ouest de l’agglomération, notamment avec la chaufferie de Planoise, Ludovic Fagaut n’a pas éludé la question de la partie Est de la ville. « La partie Est de Besançon mérite aussi un réseau de chaleur innovant » a-t-il déclaré. Plusieurs études sont actuellement en cours, même si aucun projet définitif n’a encore été validé. « Il faut que ce réseau de chaleur monte en puissance« , a insisté le président de Grand Besançon Métropole.

Le réseau de chaleur bisontin, une histoire énergétique qui traverse les décennies

L’histoire du réseau de chaleur bisontin débute à la fin des années 1960. La construction de la célèbre cheminée de Planoise accompagne alors le développement d’un système reposant principalement sur le fioul et l’incinération des déchets. En 1983, le charbon vient compléter les moyens de production de chaleur. Pendant plusieurs décennies, ces énergies fossiles alimentent une grande partie du réseau. Mais à partir de 2007, un véritable tournant s’opère avec la mise en service d’une première chaufferie biomasse. Neuf ans plus tard, en 2016, une seconde installation encore plus performante est construite. La sortie progressive des énergies fossiles s’accélère avec l’arrêt définitif du charbon en 2017, suivi du fioul en 2021. À son apogée, le réseau consommait chaque année plus de 4 000 tonnes de fioul et 5 000 tonnes de charbon. Un coût économique mais aussi environnemental devenu difficilement soutenable pour la collectivité.