Il l’avait annoncé dès sa première prise de parole : la mise en œuvre des trois séances d’éducation à la vie affective et relationnelle et à la sexualité (EVARS), fait partie des priorités de Pierre Moya depuis son arrivée à la tête de l’académie de Besançon. Le nouveau recteur s’est rendu au lycée Louis Pergaud pour assister à l’une de ces séances. L’occasion d’échanger avec les élèves et les enseignants sur les modalités de mise en œuvre du dispositif, mais aussi sur les premiers retours du terrain.
Des débats sur des sujets sensibles
L’organisation des séances d’EVARS est bien différente de celle d’un cours magistral classique. Les élèves sont répartis en demi-classes et travaillent en petits groupes. Deux intervenants formés animent la séance à travers différents ateliers conçus pour favoriser les échanges et le débat. Découverte du violentomètre (échelle colorée de gradation des violences), débat mouvant… les formats d’échanges sont diversifiés et permettent d’aborder des sujets sensibles comme le consentement, l’emprise relationnelle, les violences psychologiques, la jalousie, la pornographie, le viol ou encore le contrôle coercitif.
Des séances bénéfiques et des retours positifs
Interrogées à l’issue de la séance, Sofia et Caroline, élèves de seconde, ont partagé leur satisfaction de participer à ces séances. « Ça nous permet de prendre conscience de la gravité de certaines choses qui pourraient nous paraitre normales », témoigne l’une d’elles. « On discute ensemble, on a différents points de vue sur les sujets et c’est intéressant d’échanger », expliquent-elles.
« On a vraiment des retours positifs d’élèves qui prennent conscience de certains comportements, de certaines limites », explique l’une des intervenantes, professeure en économie et en gestion. Certaines séances ont aussi permis de faire émerger des propos jugés préoccupants, notamment autour de discours issus de la mouvance masculiniste. Pour les équipes éducatives, ces échanges sont aussi un moyen de prévenir et d’identifier certaines représentations diffusées massivement sur les réseaux sociaux et qu’il est nécessaire de déconstruire. « Même si ça ne fonctionne pas à chaque séance, on plante des petites graines dans les esprits », résume l’autre intervenante, CPE au lycée.
Une vingtaine de personnels formés
Au lycée Louis Pergaud, une vingtaine de personnels d’enseignement et d’encadrement se sont portés volontaires, à la fin de l’année dernière, pour se former à la mise en œuvre de ces séances. « Nous avons formé des enseignants, des CPE, des documentalistes qui donnent des cours aux élèves dans l’établissement », explique le proviseur du lycée, Jérôme Baretje. Pour animer les séances, les personnels de l’établissement peuvent également être accompagnés par des membres d’associations spécialisées de Besançon. Une manière, selon l’équipe, de multiplier les approches et les ressources proposées aux élèves sur des sujets particulièrement sensibles. « L’idée est aussi d’apporter une diversité de ressources et de points de vue aux élèves pour que la parole se libère et que les consciences s’éveillent », explique l’une des encadrantes de la séance.



























