Dominique Mulet, président du CDOS

Acteur majeur de la vie sportive dans le département, le Comité Départemental Olympique et Sportif (CDOS) a de multiples missions pour venir en aide aux 450 clubs du Doubs.

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Le monde change. Le sport aussi. Il faut donc que les clubs s’adaptent à cette évolution pour mieux prendre en compte les besoins et envies des pratiquants.

A quoi sert un CDOS ?

Notre premier rôle est de coordonner au niveau du département les dispositifs sportifs comme peut le faire le CNOSF au niveau national. Le CDOS est également un interlocuteur privilégié des collectivités locales et a un rôle de représentation auprès de différents organismes par exemple quand il est question du Fonds de Développement de la Vie Associative. Et globalement partout où un avis généraliste sur le sport est nécessaire.

Vous agissez aussi sur le terrain ?

Le comité est un appui pour les clubs et pour les comités départementaux de chaque discipline sportive. D’ailleurs, nous avons mis en place un groupe appelé justement Le Club où ils peuvent poser toutes leurs questions par exemple pour une modification de statuts, avoir des renseignements et être orientés dans leurs recherches de subventions, bref pour trouver le bon interlocuteur. C’est un soutien administratif important et apprécié. D’autres aides concrètes sont mises en place comme le prêt de minibus aux clubs pour leurs déplacements. Le CDOS les accompagne également pour trouver du personnel service civique donc à moindre coût. Là aussi notre rôle est de nous charger de toutes les démarches pour soulager les responsables des associations qui font appel à nous.

Un de vos objectifs est-il aussi de faire émerger de futurs médaillés olympiques ?

Je vais vous prendre un exemple concret : quand la ministre espère 24 médailles d’or au Jeux de 2024 à Paris, c’est aux fédérations sportives qu’elles s’adressent. Et quand elle souhaite voir 3 millions de personnes en plus pratiquer un sport, là, c’est aux CDOS d’entrer en action. C’est à nous d’aller les chercher, de les intéresser et de leur faire comprendre le bienfait à en tirer en termes de santé et de bien-être. C’est un objectif que nous atteindrons au niveau local en partenariat avec le Département du Doubs dans le cadre de l’action « Partageons nos sports » en vue des jeux de 2024. Le projet de transformer les anciens Haras de Besançon en lieu d’insertion par le sport est une belle opportunité pour aller dans ce sens. Nous aidons quand même des athlètes du département grâce à un fonds de dotation alimenté par des mécènes qui peuvent défiscaliser leurs dons. Et nous soutenons aussi les sportifs de haut niveau dans leur reconversion.

Comment se portent les clubs sportifs aujourd’hui ?

Le monde change. Le sport aussi. Il faut donc que les clubs s’adaptent à cette évolution pour mieux prendre en compte les besoins et envies des pratiquants. Autrefois, la majorité des gens pratiquaient au sein des clubs justement alors qu’aujourd’hui, beaucoup le font librement en dehors de toute structure. Notre rôle, au-delà de l’observation de cette évolution, est de trouver des idées pour réorienter ces personnes vers les associations où elles trouvent une solidarité et une convivialité à mettre en avant.

Avez-vous des idées sur le sujet ?

La perte d’adhérents est une chose. La bonne nouvelle est que ça ne veut pas dire perte de pratiquants s’il on en croit les ventes de matériels liées à certaines disciplines. On revient à ce que nous évoquions précédemment sur les pratiques hors clubs. On peut aussi évoquer la question économique qui pourrait être un frein pour prendre une licence. Avec les aides aujourd’hui mises en place par exemple par la CAF ou certains CE, je ne pense pas que le problème soit là. Par contre, en milieu rural notamment, la question de la mobilité se pose. Comment emmener les enfants ou aller les récupérer ? L’idée peut être de déplacer les activités là où sont les adhérents potentiels.

Et l’avenir du bénévolat : êtes-vous inquiet ?

Le plus préoccupant est finalement la perte de bénévoles. Là aussi, les associations doivent se réinventer et repenser leur projet dans sa globalité pour être en adéquation avec les nouvelles habitudes des gens. Il est possible qu’on s’achemine vers une professionnalisation tant au niveau des éducateurs que de la gestion même des clubs, tout cela sous des formes à réfléchir.