Dominique Roy, président du CESER

Le Conseil économique, social et environnemental régional représente la société civile organisée. Par ses préconisations sur les grandes orientations de politique régionale, il concourt au développement du territoire. Détails.

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Le Ceser ? Peu de gens connaissent cette assemblée ?
C’est dommage qu’une instance comme la nôtre ne soit pas plus connue et reconnue, alors qu’elle existe depuis 1972 et a évolué comme notre société. Le CESER est en fait la deuxième assemblée de la Région, placée auprès du Conseil Régional, l’assemblée délibérante, dont les membres sont élus au suffrage universel.
Nous avons pour notre part un rôle consultatif, saisi obligatoirement pour les questions budgétaires et les grands schémas directeurs. Nous pouvons aussi être saisis sur décision de la présidence de la Région pour toute question autour d’une politique à mettre en œuvre.

D’où viennent les membres qui le composent ?
On parle souvent de représentation démocratique et de participation. Le Ceser en est une parfaite illustration car il émane de la société civile au travers de nos trois collèges : celui des employeurs, donc des milieux économiques où l’on retrouve les organisations et organismes représentatifs ; celui des salariés avec des représentants syndicaux ; et le troisième où l’on retrouve tous les conseillers issus du monde associatif ou autre, des personnes qui concourent à exprimer la réalité du tissu régional que ce soit par exemple dans l’environnement, la culture, le sport, le logement, la santé, la jeunesse…
A cela s’ajoutent cinq personnalités qualifiées désignées de concert entre la présidence du Conseil Régional et le Préfet de Région. Au total nous sommes 110 conseillers.

Vous intervenez donc dans la sphère politique ? Avec quelle légitimité ?
Absolument. Le Ceser est une assemblée éminemment politique mais non partisane. Politique, car nous nous prononçons sur des sujets de la chose publique, c’est-à-dire les politiques mises en œuvre par la Région. C’est une forme de démocratie participative organisée qui a tout son sens, d’autant plus quand on observe le désintérêt dans notre société pour la démocratie représentative…
Nous tirons notre légitimité de celle des structures d’origine qui sont reconnues dans leur champ d’application.

Peut-on parler d’une assemblée de sages, à l’instar du Sénat ?
Ce qui doit guider notre action, c’est en effet une forme de sagesse inscrite dans les gênes mêmes de l’institution. Si je prends l’exemple de nos débats sur la transition énergétique, les représentants des différentes structures n’abordent pas la question avec le même niveau de conscience, pas les mêmes obligations ni les mêmes freins. Les approches sont très différentes et les points de vue opposés. Pour autant, le Ceser doit tout mettre sur la table, analyser les points de consensus et de dissensus et en tirer des propositions équilibrées.

Votre mission est donc en lien étroit avec l’assemblée élue du Conseil Régional ?
Le Conseil Régional de Bourgogne-Franche-Comté est sans doute le seul en France à avoir un tel travail partenarial avec le Conseil économique, social et environnemental régional. 60% de nos avis sont directement repris. Quant aux autres, s’ils ont été mal exprimés, nous les reprenons et les rediscutons et peuvent faire l’objet de nouvelles préconisations.

Comment travaillez-vous ?
L’une de nos forces est de faire des propositions après avoir eu un dialogue sur un temps long mais aussi en allant chercher des informations et des témoignages sur les territoires; C’est le CESER « Hors les murs » projet que j’ai porté à l’occasion de ma candidature à la présidence il y 6 ans. Ce qui permet aussi de savoir si un exemple vu ici ou là peut être transposé ailleurs. J’avais tenu à mettre en place cette façon de travailler, de ne pas être dans un certain conformisme mais au contraire de s’immerger dans les réalités des territoires pour apporter des solutions sur les différentes thématiques.

Votre mandat se termine en fin d’année. Qu’en garderez-vous ?
Ce fut réellement une très belle expérience et on ne sort pas de ces six années de présidence comme on y est entré. J’ai eu à cœur de travailler dans un climat d’écoute, de tolérance, de dialogue et de respect des personnes et des opinions.
Tout cela, pour construire ensemble dans un état d’esprit apaisé. J’espère avoir apporté ma pierre à ce bel édifice.