Un écosystème tourné vers la médecine de demain
Le mois de juin 2026 affirme la région comme l’un des territoires moteurs des biothérapies en France.
Le jeudi 4 juin, près d’une centaine de participants s’étaient retrouvés au sein du bâtiment Bio Innovation de Temis Santé à Besançon. Étudiants, chercheurs, entrepreneurs se rencontraient à l’occasion de la journée nationale de la bio production de biomédicaments. La capitale comtoise accueille l’une des principales plateformes nationales de fabrication de médicaments innovants, notamment spécialisée dans les immunothérapies.
Phare de la recherche académique et point d’ancrage des entreprises de médecine innovante, Bio Innovation réunit en un même lieu les équipes de recherche de l’Université Marie et Louis Pasteur, du CHU Besançon Franche-Comté, de l’Inserm et du Pôle des microtechniques. Toutes ces compétences et expertises réunies dans un même lieu pour créer les conditions du passage de la recherche à l’application clinique et industrielle. Un challenge ambitieux pour le territoire bisontin qui dispose des atouts pour réussir.
Le mercredi 10 juin, le conseil régional de Bourgogne Franche-Comté réunissait à Dijon les 3ème Assises régionales de la filière biothérapies et bio production. La matinée était consacrée à dresser le bilan de la feuille de route élaborée fin 2024.
Une filière fédérée sous la bannière « Biovaliance »
« Une nouvelle étape de la médecine est en train de se créer, une nouvelle ère thérapeutique s’annonce » a insisté Jérôme Durain, le président du conseil régional. Il s’agit d’une dynamique en plein développement, celui des médicaments issus du vivant, destinés à traiter certaines formes de cancers, des maladies neurologiques ou encore des pathologies rares. Elle s’appuie sur de solides atouts sur ce marché stratégique : deux pôles universitaires et hospitaliers complémentaires, un tissu de recherche reconnu et des entreprises déjà implantées dans la filière.
La marque régionale « Biovaliance » lancée en 2025, entend fédérer l’ensemble des acteurs du secteur. Chercheurs, établissements de santé, entreprises, laboratoires de recherche et organismes de formation sont réunis dans une stratégie commune.
« Nous sommes au rendez-vous des engagements pris en 2024 lorsque nous avons voté cette feuille de route » a assuré Nicolas Soret, vice-président en charge du Développement économique.
Recherche, innovation et souveraineté sanitaire
Laëtitia Martinez, vice-présidente en charge de l’Enseignement supérieur et de la recherche au conseil régional, a insisté sur le rôle central de la recherche publique : « Il y a vraiment une richesse, un potentiel absolument dingue », évoquant les travaux dans le domaine des thérapies cellulaires ou des nouveaux vaccins thérapeutiques.
Dans ce domaine, l’EFS (Établissement Français du Sang) de Besançon tire parti de la proximité historique et géographique des acteurs de la recherche et de l’industrie microtechnique local. Ainsi, « Besançon possède la singularité, non seulement de développer de nouveaux traitements mais aussi la capacité de les produire » soulignait récemment le directeur national de la bio production de l’EFS.
L’industrie historique de Besançon au service de la médecine de demain
Déjà le 21 mai 2026, la journée de l’innovation du CHU Besançon Franche-Comté, avait pour thème la cardiologie. Une façon de mettre en lumière les innovations bisontines en matière de traitement des pathologies cardiaques, notamment du développement et la fabrication à Besançon de « stents », sorte de ressorts vasculaires pour maintenir ouverte une artère, pour faire simple. Des entreprises bisontines conçoivent et fabriquent également des défibrillateurs implantables miniaturisés. C’est l’histoire de la micro mécanique issue de l’horlogerie qui a permis à Besançon de développer ces technologies du futur en matière médicale.
Chercheurs, industriels et élus rappellent la dimension stratégique de cette filière d’avenir. Jérôme Durain, le président du conseil régional, l’a résumé en évoquant les enseignements de la crise du Covid. « Ceux qui ne produisent pas sont dans les mains de ceux qui produisent ».
La souveraineté sanitaire française comme l’attractivité économique du territoire et notamment de la Franche-Comté passe, au-delà des rencontres et autres colloques, par des efforts importants des pouvoirs publics pour favoriser le financement privé de ces innovations. Le terrain existant est riche des Hommes et des compétences. Besançon a la capacité de devenir un pôle européen des biothérapies et de la bio production.





























