La population de seniors ne cesse d’augmenter depuis plusieurs années. Or, qui dit entrée dans la vie de sénior, dit souvent une perte d’autonomie progressive. En Franche-Comté, de plus en plus d’habitants ne peuvent plus assumer seuls l’ensemble des tâches de la vie courante. Ils étaient 97 600 en 2021 et leur nombre pourrait atteindre 121 000 dans 20 ans.
40 000 seniors en perte sévère d’autonomie à l’horizon 2050
L’INSEE estime à 35% le nombre de seniors en perte sévère d’autonomie, c’est-à-dire des personnes qui ont besoin d’aide pour sortir du lit ou d’un fauteuil et pour les actes de la vie courante. Pourtant, le maintien à domicile reste la solution privilégiée par les séniors et leurs familles. Ainsi, les analystes de l’INSEE Bourgogne Franche-Comté estiment que 7 personnes âgées sur 10 en perte d’autonomie résideraient à domicile en 2055, soit 81 000 personnes dont 14 000 seniors en perte sévère d’autonomie.
Des métiers à revaloriser
Les personnes âgées en perte d’autonomie nécessitent des moyens humains pour subvenir aux besoins du quotidien : aides pour le ménage, la cuisine et également pour les soins médicaux. Or, ces besoins d’accompagnement vont augmenter fortement ces prochaines années. L’un des problèmes majeurs de la région se pose ici : la Suisse, pays frontalier est confrontée à la même situation. Or, son attractivité économique plus avantageuse pour les salariés français pourrait avoir pour conséquences « l’aspiration » une part importante des travailleurs qualifiés pour les tâches auprès de personnes âgées.
Alors que ces métiers connaissent déjà de fortes difficultés pour recruter, leur revalorisation semble donc indispensable, sinon à créer une vieillesse à deux vitesses selon que l’on habite en ville ou à la campagne. Face à ces besoins nouveaux, les salariés ou indépendants dans les métiers de l’accompagnement à domicile devraient voir leur nombre croître de l’ordre de 8 000 à 14 000. Parallèlement, 1 250 postes de soins infirmiers à domicile sont nécessaires d’ici 2030.
La Région dispose d’une offre importante en EHPAD
La Bourgogne Franche-Comté dispose de 104 places pour 1 000 habitants âgés de plus de 75 ans. L’offre est supérieure à la moyenne nationale (93 places) et loin devant la région PACA (76 places) et la région parisienne.
De fait, les capacités d’accueil en EHPAD ne devraient pas évoluer. D’une part, ils ne remplissent pas totalement leur capacité d’accueil. Le taux d’occupation moyen s’établissait à 94% en 2024 et il demeure stable. D’autre part, des investissements de rénovation sont nécessaires dans certains établissements. Le département du Doubs est légèrement en retrait par rapport à l’offre globale de la région. C’est dans ce seul département que l’on compte la construction de nouveaux établissements. Les tarifs (compris entre 46€ et 115€/jour pour une chambre individuelle) orientent aussi le choix des personnes âgées et/ou de leur famille. Néanmoins, les personnes âgées privilégient le maintien à domicile, l’entrée en EHPAD étant souvent considérée comme une antichambre de la mort.
L’amélioration de l’état de santé des personnes âgées retarde la perte d’autonomie
L’augmentation attendue du nombre de personnes âgées en perte d’autonomie pourrait s’expliquer par trois facteurs : la progression du nombre de personnes âgées de plus 60 ans, le vieillissement de cette population (l’âge moyen passant de 72,7 ans en 2022 à 74,8 ans en 2055). Troisième effet, l’amélioration moyenne de l’état de santé des seniors évitant de passer dans la dépendance.
Les résidences autonomie et les colocations sont-elles une réponse adaptée ?
Le nombre de places en résidences autonomie a progressé de 12% dans la région entre 2016 et 2022, plus rapidement que la population concernée (+ 7%). De nombreuses collectivités s’interrogent notamment sur les colocations intergénérationnelles dans la mesure où cette solution créée du lien social. Maintien à domicile, résidence autonomie ou colocation, les besoins en aménagements vont être importants dans les années à venir. C’est à la fois des relais de croissance pour les entreprises du bâtiment, des économies pour le budget de la santé et un confort de vie accru pour les seniors en perte d’autonomie. Les pouvoirs publics (État, Régions, Départements) ne devront pas tarder à s’engager dans ce chemin gagnant/gagnant au bénéfice de tous les ainés.




























