Édito. Un soir, rue Mégevand

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C’était un soir. Je venais de la gare pour rentrer chez moi lorsqu’à l’angle de la rue Mégevand et de la rue Jean-Jacques Rousseau, je vis un homme assis contre le mur du palais de justice. Il était jeune, bel homme, pas encore creusé par le temps. Il avait sûrement mon âge, aux alentours de vingt-cinq ans. Sa jeunesse me frappa aussitôt.

Face à ce jeune sans-abri, je me sentis concerné. Avec plus d’embûches dans ma vie, j’aurais pu être à sa place, ai-je pensé. Je poursuivis toutefois ma route, probablement par habitude.

Tout le monde le voyait, mais peu le regardait. Il nous rappelait de facto cette peur du déclassement. Surtout en ce moment !

Ce jeune homme est loin d’être un cas particulier. Contacté, Philippe Cremer, conseiller municipal délégué en charge des dispositifs d’accueil des sans-abris, nous le confirme.
« Nous n’avons pas spécialement noté une augmentation des sans domicile fixe (SDF) à Besançon, mais ce que nous avons noté, et ce qui est inquiétant quand même, c’est qu’il y a de plus en plus de jeunes. » Il ajoute que « ce sont souvent des jeunes marginaux, qui peuvent avoir des problèmes avec leur famille. Ils sont souvent déconnectés de la vie sociale. »

Il est difficile de savoir combien de personnes sont concernées, d’autant plus que les choses sont bien plus complexes qu’elles n’y paraissent (sans domicile stable (SDS), sans domicile fixe (SDF), etc). Concernant uniquement les SDF, selon Philippe Cremer, ils seraient une centaine à Besançon.Maraudes, repas et abris permettent d’apporter une solution d’urgence à ces personnes en difficulté.