Rubrique. L’invité de la semaine : Florian Gentilhomme, délégué départemental Doubs-Jura de l’association Rêves

Avec son équipe de bénévoles, il propose d’offrir à des enfants très gravement malades qui ont besoin de rêver une parenthèse enchantée pour oublier la maladie. Des projets stimulant qui donnent la force de se battre contre la maladie.

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Présentez-nous votre association encore peu connue du public ?

Rêves fête cette année son 30ème anniversaire. L’association est née dans la région lyonnaise à l’initiative d’infirmiers et infirmières en oncologie pédiatrique. L’objectif depuis le début est de proposer à des enfants de 3 à 18 ans dont le pronostic vital est engagé en raison de leur maladie de réaliser un de leurs rêves. Au niveau national où nous pouvons compter sur un réseau de près de 900 bénévoles, nous répondons aujourd’hui à environ 350 demandes chaque année. A ce jour, 8000 enfants ont vu leur rêve se réaliser depuis le création de l’association.

Quels types de Rêves ont ces enfants ?

Beaucoup veulent vivre un moment inoubliable dans un parc d’attractions comme Disneyland ou Europa-Park, des entreprises avec lesquelles nous avons d’ailleurs un partenariat. Il y a aussi l’envie de rencontrer des personnalités comme des sportifs, des acteurs ou des chanteurs et même des influenceurs et youtubeurs ! Des enfants rêvent aussi de nager avec des dauphins et même d’aller sur la lune… dans ce dernier cas, c’est beaucoup plus difficile alors on organise une visite du centre spatial de Toulouse. Sinon, la règle est de respecter la demande à la lettre et de ne rien modifier.

Comment se déroulent ces journées particulières ?

Avant tout, nous souhaitons que ce soit un moment inoubliable en famille. Donc nous impliquons parents, frères et sœurs pour qui la maladie fait aussi partie du quotidien. Pour eux comme pour l’enfant malade, il s’agit de sortir de l’ambiance et des odeurs de l’hôpital. La réalisation du rêve se doit d’être inoubliable car on le sait, cela peut tout changer. Parfois, l’enfant se bat pour tenir jusqu’à ce jour-là et voit au final que tout est possible, la réalisation de son rêve en l’occurrence, donc pourquoi pas la guérison… On observe souvent une amélioration de leur état de santé par la suite. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas… certains enfants nous quittent et c’est évidemment très dur mais l’équipe de bénévoles est là pour se serrer les coudes.

Comment demander la réalisation d’un rêve ?

Il suffit d’aller sur notre site national rêves.fr, de se présenter en évoquant sa maladie puis d’y détailler la demande de rêve. Alors, la présidente de l’association et une infirmière étudient et valident ou non la faisabilité. En cas de rejet, la famille est orientée vers une autre association susceptible de répondre favorablement. Si c’est validé, les équipes de Rêves entrent en action pour le préparer et le financer.

L’aboutissement dépend en effet du financement. Comment faites-vous ?

Nous avons besoin de partenaires. Parfois des associations organisent des actions au profit de Rêves ou d’un projet en particulier. Chacun peut aussi individuellement participer en faisant un don, y compris par de petits prélèvements mensuels à partir de 7€ sachant que 66% sont défiscalisables donc un don de 100€ ne coûte finalement que 34€. Les collectivités peuvent aussi devenir partenaires, tout comme les entreprises qui, elles, peuvent déduire 60% sur leur imposition, le tout en faisant un beau geste qui honore leur structure, motive le personnel et le rend fier de donner le sourire à des enfants grièvement malades.

Quelles actions sont en cours ou à venir ?

Nathan Brugnot, un jeune Doubien de 21 ans est parti naviguer en kayak sur le Danube depuis Ulm, en Allemagne jusqu’à son delta près de la mer Noire soit 2 600 km en trois mois. Son expédition est baptisée « Ramer pour rêver » avec pour objectif de récolter près d’un euro par kilomètre parcouru. Un autre rendez-vous annuel important aura lieu le dimanche 16 juin avec des voitures de rêve qui transporteront des enfants malades et leurs familles jusqu’à Salins-les-Bains où un repas sera offert par le restaurant du casino, le Senso.

Vous avez également de prestigieux soutiens ?

En effet, pendant deux ans, la Patrouille de France a été la marraine de l’association ce qui a permis à de nombreux enfants accompagnés de leurs parents, frères et sœurs de découvrir de l’intérieur cette prestigieuse équipe, re rencontrer les pilotes et bien sûr d’assister à des meetings. D’autre part, nous avons des ambassadeurs comme le pilote Sébastien Loeb, l’actrice Vanessa Demouy, Clémence qui a remporté deux fois Koh-Lanta… et enfin des soutiens comme Soprano et M. Pokora qui, à chaque fois qu’un rêve consiste à les rencontrer, prennent en charge tous les frais qu’engendre l’organisation.