Geoffrey Ciet, rare donneur de moelle osseuse

Le jeune homme, kiné de profession, n’a rien d’un super héros. Il vient pourtant de sauver une vie en faisant un don de moelle osseuse. Un geste rare puisqu’en moyenne, seulement deux francs-comtois par an sont appelés à faire un don de cellules de la moelle osseuse.

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Comment avez-vous connu le don de moelle osseuse ?

Je suis donneur de sang régulier donc j’avais déjà eu une sensibilisation à l’occasion des collectes ainsi que dans le cadre de mes études de kinésithérapeute. C’est vrai que ce type de don est mal connu donc j’ai donc voulu me renseigner sachant que toutes les personnes en bonne santé peuvent sauver la vie de malades avec qui leur système sanguin est compatible, mais ils ne le savent tout simplement pas…Pour ma part, je me suis dit, il faut le faire.

Avec quand même une petite crainte ?

Non car il ne faut pas comme beaucoup faire de confusion entre moelle osseuse et moelle épinière. La moelle osseuse concerne le système sanguin. C’est elle qui est responsable de la formation des cellules souches c’est-à-dire celles qui produisent l’ensemble de nos cellules sanguines à savoir globules rouges, globules blancs et plaquettes. La moelle osseuse est donc indispensable à la vie. Son dysfonctionnement provoque les maladies graves du sang, comme les leucémies, et parfois, seul un don de moelle osseuse peut permettre de sauver la vie du malade. D’où ma décision.

Comment s’est déroulé ce don ?

Avant tout, Le jour de la sensibilisation, j’ai rempli un questionnaire puis j’ai été convoqué à l’Etablissement Français du Sang (EFS) pour faire une prise de sang pour l’inscription dans le fichier national DVMO avec la carte d’identité biologique de mon système sanguin. A partir de cette inscription, un malade peut avoir besoin d’un don de ma moelle osseuse dans le monde entier puisque le registre est international. Sachant que je n’avais qu’une chance sur un million d’être compatible…

Ce qui est finalement arrivé…quelle a été votre réaction quand on vous a appelé pour le don ?

J’ai été surpris quand on m’a contacté car je n’y pensais plus vraiment. Je ne m’y attendais pas mais j’ai été agréablement surpris d’avoir été appelé. A ce moment-là, j’étais en plein lancement de mon cabinet de kiné, il m’a paru indispensable de réussir à combiner les impératifs professionnels avec cet engagement envers le patient.

Quelle a été la suite ?

Il y a d’abord un bilan pré-don pour lequel j’ai eu un entretien au CHU et à l’EFS puis un passage éclair au tribunal pour le consentement au don qui je le rappelle est volontaire, anonyme et non rémunéré. Puis, dans les 5 jours qui ont précédé le don, des injections de facteurs de croissance se sont déroulées à la maison, provoquant de légères douleurs à cause de la stimulation produite sur la moelle osseuse. Pour le don en lui-même, une demi-journée au sein de l’EFS : prélèvement sanguin avec tri des cellules par une machine qui aura duré 4 heures, le tout sous la surveillance d’une équipe aux petits soins. Je n’ai eu aucun effet indésirable, ni pendant ni après. J’ai même repris le sport quelques jours après sans aucun souci.

Comment avez-vous vécu cette expérience inédite ?

Je me suis dit qu’un petit geste, sans souffrance de mon côté, pouvait tout simplement sauver une vie. C’est touchant et valorisant, sans parler d’héroïsme bien sûr. C’est même le contraire puisque tout le monde peut le faire. C’est important et même vital car il y a environ 2.000 personnes en France qui sont en attente d’une greffe de moelle osseuse, souffrant de leucémies, par exemple, et seulement un peu plus de 1.000 d’entre elles trouveront un donneur compatible. Or, la compatibilité est très rare, puisque d’ordre génétique, mais le fichier français est très pauvre : 370 000 inscrits contre 8 millions en Allemagne, par exemple.

Et pour vous, si c’était à refaire ?

Ayant été donneur anonyme une fois, je peux encore le faire mais uniquement pour un membre de ma famille et non plus pour un inconnu. Mais dans tous les cas, ce serait sans aucune hésitation que je renouvellerais ce très bel engagement qu’il est important de faire connaitre pour inciter un maximum de gens à s’inscrire pour devenir donneur potentiel !

 

ENCADRE

Pour augmenter les chances de guérison du malade, les médecins recherchent des jeunes de 18 à 35 ans révolus parce que leur moelle osseuse est plus riche en cellules souches. Ils privilégient les hommes parce que leur moelle osseuse est dépourvue des anticorps produits au moment des maternités. Enfin pour donner des chances à tous les malades quelle que soit leurs origines, il est important que des jeunes d’origine diverses s’inscrivent sur le fichier national.