Immobilier : face aux multiples crises, quel projet de vie choisir ?

La crise sanitaire et maintenant la hausse du prix des matières premières pourraient changer les projets d'installations des français après une année 2021 record.

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En 2016, l’Insee publiait son étude sur l’évolution de la population dans le Doubs depuis 2011. Le rapport était clair : nous vivons dans le deuxième département le plus peuplé et le plus jeune de Bourgogne-Franche-Comté. Le Doubs et la Côte d’Or sont les deux seuls départements à avoir conservé une démographie positive entre 2013 et 2019. Des chiffres en corrélation avec ceux de l’immobilier, qui a encore explosé en 2021.

Car c’est l’argument phare des commerciaux et patrons d’agences immobilières : « Ce n’est pas un projet de maison ou d’appartements, c’est le projet d’une vie ». Un projet pour lequel nombreux célibataires, couples, familles pourraient revoir leur copie en 2022.

Les suisses cherchent moins cher

Le secteur de l’immobilier fait partie de ceux qui ont le plus profité de la crise. Confinés en ville, dans un petit appartement, nombreux sont les français à avoir cherché plus d’espace à la campagne et notamment dans le Haut-Doubs. Les élus locaux, qui craignent de voir s’envoler le prix au m2 sur leur territoire, doivent aussi faire face à de nouvelles arrivées :  les suisses.

Le prix du marché de l’autre côté de la frontière est désormais inatteignable pour beaucoup de foyer rêvant d’être eux aussi propriétaire. A défaut de dépenser plus d’un million d’euros pour une maison chez eux, en moyenne, nos voisins suisses investissent désormais en France, aux portes du département. « Ils ne sont pas beaucoup plus dépensiers que les français mais veulent une vraie maison avec de la place autour « , assure Adrien Pellegrini, co-gérant de la société du même nom, présente depuis 60 ans sur le Haut- Doubs. Face à la rareté de plus en plus forte des terrains pour construire, lui prône la rénovation. « Mais à quel prix ? La rénovation sera amenée à être l’un des secteurs importants de ces pro- chaines années, mais il faut aussi que l’on gère notre trésorerie. »

L’essence, premier frein ? 

Dans le sens inverse, le travail en Suisse favorise l’installation de jeunes actifs sur la zone frontalière française. « Avec 170 km de frontière avec le Doubs, une même identité linguistique, des salaires supérieurs, les pôles d’emplois suisses offrent des opportunités particulièrement attractives notamment dans l’industrie : 11 % des actifs du Doubs partent y travailler quotidiennement, soit 25 000 frontaliers, plaçant sur ce plan le département au 4e rang des départements français « , analyse l’Insee.

25 000 frontaliers qui pour la plupart utilisent un véhicule pour se rendre en Suisse, n’hésitant pas à rouler pendant des heures. Pendant la crise sanitaire, le litre d’essence dans sa meilleur période sur le secteur, tournait autour 1,20€ le litre. Une aubaine pour ces automobilistes. Le retour de l’activité économique, la guerre en Ukraine et les sanctions économiques contre la Russie, l’un des plus gros producteurs de pétrole, a rebattu les cartes. A 2€ le litre, malgré un salaire suisse en moyenne deux à trois fois supérieur en France, la question des déplacements se pose forcément dans la tête des frontaliers, qui ont peuplé les communes voisines de Pontarlier, Morteau, et autres axes routiers importants, n’hésitant pas à rajouter des kilomètres.

Reconstruire du neuf en ville

Le marché de l’emploi français sur la bande frontalière, comme à Pontarlier, compte bien surfer sur cette dynamique. La reconstruction elle s’opère déjà, notamment sur Pontarlier, où près de 60% des biens immobiliers ont plus de 25 ans. Le quartier Saint-Pierre a été l’une des cibles de la Ville. En 2023, 150 logements et une maison médicale seront en fonctionnement. Du neuf, en étant écologique et économique.

Le prix de vente médian des appartements anciens dans le Doubs grimpe de 8%

La chambre interdépartementale des notaires de Franche-Comté a dressé en décembre 2021 son bilan annuel concernant l’évolution des prix et loyers de l’immobilier dans le Région.

À fin août 2021 en France (hors Île- de- France et DROM), les marchés immobiliers du bâti ancien sont nettement orientés à la hausse : les indices de prix connaissent une progression annuelle de +7,6% en ce qui concerne les appartements anciens et de +9,4% pour les maisons anciennes.

En Bourgogne-Franche-Comté, le prix au m2 médian des appartements anciens est en hausse de +5,7% sur un an. Dans le Doubs, c’est une cause de +8,0% concernant ce secteur. Le prix au m2 médian de 1 830 €/m2, soit la plus haute valeur de la décennie (précédent record : 1 750 €/m2 en 2012). Le marché bisontin représente à lui seul plus de la moitié (55%) des ventes d’appartements anciens dans le Doubs. Pour autant, les niveaux de prix à Besançon restent comparables à ceux sur l’ensemble du département.

Pour une maison ancienne à Besançon, comptez 246 800 €

Toujours sur la région, le prix de vente médian des maisons anciennes croît de+2,3%. Dans notre département le prix médian des maisons anciennes est de 186 000 € , soit une légère hausse par rapport à 2020. Un record également, sur la décennie. À Besançon, le prix médian des maisons anciennes s’établit à 246 800 €, en hausse de +6,1% sur l’année. En terme de nombre de transactions, les secteurs les plus dynamiques sont la Périphérie Besançon et la Périphérie Montbéliard. À fin août 2021, ces deux secteurs concentrent près de la moitié (46%) des ventes de maisons anciennes sur le département. La encore, la zone urbaine Pontarlier et Mont d’Or et Lacs sont bien-au dessus. Dans ces deux secteurs, les prix de ventes médians dépassent la barre des 300 000 €.

Martin SAUSSARD