La Suisse manque toujours plus de main d’œuvre

Bonne nouvelle pour les uns qui y verront peut-être une opportunité professionnelle, la situation en Suisse a aussi de quoi inquiéter les entrepreneurs et recruteurs côté France.

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Bonne ou mauvaise nouvelle pour la France?

Le nombre de frontaliers travaillant en Suisse a plus que doublé en l’espace d’une vingtaine d’années, pour atteindre 392 831 à la fin de 2023 selon l’Office fédéral de la statistique (OFS). Parmi eux près de 44 000 Bourguignons et Francs-Comtois dont les trois quarts sont originaires du Doubs, et surtout, à noter, une hausse d’environ 10 % sur un an. A ce jour, les travailleurs qui représentent 7% de la main-d’œuvre en Suisse et compte-tenu de la pénurie qui s’annonce en la matière chez nos voisins, les chiffres devraient continuer à grimper.

Même si au cours des derniers mois, l’inflation a quelque peu atténué la reprise économique constatée après la crise sanitaire et donc le besoin en main-d’œuvre, plus de 110 000 places de travail étaient encore vacantes en fin d’année dernière et ce n’est qu’un début. Selon les économistes helvètes, il devrait manquer près de 430000 personnes sur le marché du travail en 2040 de l’autre côté de la frontière mais cette fois sans même tenir compte du développement des entreprises mais juste en raison de l’évolution démographique. L’arrivée des jeunes suisses sur le marché du travail ne parviendra en effet pas à compenser les départs à la retraite de la génération dite du baby-boom.

L’envolée du nombre de frontaliers qui suscite de vifs débats depuis plusieurs décennies en Suisse devrait donc continuer à alimenter les discussions tout comme les propositions de certains partis politiques d’avoir recours à une immigration massive pour faire face. Vu de France, la situation aura sans doute également des conséquences notamment les difficultés de recrutement des entreprises de la zone frontalière.