Haut-Doubs. Municipales 2026 : le défi de l’engagement et de la parité dans les petites communes du Haut-Doubs

À l’approche des municipales de mars 2026, plusieurs communes du Haut-Doubs doivent composer avec le départ de maires sortants et la difficulté de constituer des listes paritaires dans les petites communes.

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crise des vocations maires Doubs
La commune de La Planée, où Laurette Pagnier-Pawlak exerce ses fonctions de maire. Photo CCLMHD.

À quelques mois des élections municipales, les communes du Haut-Doubs se préparent à un renouvellement des équipes municipales. Entre fatigue, contraintes personnelles et nouvelles obligations légales, plusieurs maires choisissent de ne pas se représenter, laissant certains villages en difficulté pour mobiliser des candidats et former des listes paritaires.

Le départ des maires

À La Cluse-et-Mijoux, Yves Louvrier s’apprête à tourner la page après 18 ans passés à la tête de la commune.« Ça fait un an que je dis que je n’y retournerai pas, mais la vérité, c’est qu’aujourd’hui la décision n’est pas encore totalement prise », confie-t-il. À ce stade, aucune liste n’est en préparation : « Les gens ne s’investissent plus dans le collectif, ça me laisse pantois. Le métier de maire est devenu de plus en plus exigeant, c’est un engagement lourd », souligne-t-il.

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Le maire de la Cluse-et-Mijoux depuis 18 ans, Yves Louvrier.

À La Planée, commune de 325 habitants, Laurette Pagnier-Pawlak a également fait le choix de ne pas se représenter. Élue en 2022 après la démission de son prédécesseur, elle jongle entre sa vie de jeune maman, son activité professionnelle et son mandat municipal. « C’était une superbe expérience, mais aujourd’hui l’engagement est trop lourd. C’est frustrant de ne pas avoir plus de temps », explique-t-elle. La maire sortante pointe aussi l’impact de la nouvelle loi sur la parité : « avec les contraintes imposées, il est de plus en plus compliqué de constituer une équipe entièrement mixte. C’est un vrai frein à la démocratie ».

Le casse-tête de la parité

La loi du 21 mai 2025 étend le mode de scrutin paritaire aux communes de moins de 1 000 habitants, soit environ 70 % des communes françaises, pour les élections municipales de mars 2026. Sur le terrain, Charles Picard, président de l’Association des maires ruraux du Doubs et maire d’Osse depuis 42 ans, en mesure déjà les effets : « Certaines communes ont du mal à constituer des listes paritaires, ça dissuade même certains de se représenter ». Un constat qui fait écho aux résultats de l’enquête nationale « Maires 2025 », menée en mars 2025 par Martial Foucault (Sciences Po) et Éric Kerrouche (CNRS), auprès de plus de 5 000 élus, en partenariat avec l’association des maires de France (AMF). Dans les communes de moins de 500 habitants, seuls 37 % des maires se disaient prêts à repartir pour un nouveau mandat, tandis que 30 % avaient déjà décidé d’arrêter.

« Certains finiront par changer d’avis »

Si ces chiffres confirment son ressenti dans le Doubs, Charles Picard se montre tout de même rassurant : « Face à leurs responsabilités, certains finiront par changer d’avis et ça devrait s’arranger ». Il plaide pour le maintien de conseils municipaux dans chaque village : « Je me bats pour que nos communes restent autonomes et ne soient pas contraintes de se regrouper pour fonctionner ». Lui-même tirera sa révérence après plus de 42 ans à la tête d’Osse, après avoir veillé à la constitution d’une liste pour pouvoir quitter ses fonctions sereinement.