Patrice Durand, Inspecteur d’Académie du Doubs

La rentrée scolaire approche à grands pas avec son lot de nouveautés en termes d'organisation, de programmes et de dispositifs. Le point dans le Doubs avec l'Inspecteur d'Académie.

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Quels sont les chiffres à retenir pour cette rentrée scolaire ?

En termes d’effectifs, le département du Doubs comptera en septembre, dans les écoles publiques et privées, 50 800 élèves de la petite section de maternelle jusqu’au CM2. Ils étaient 54 200 il y a tout juste trois ans. En ce qui concerne les collèges, les effectifs sont quant à eux passés de 22 292 à 22 021 désormais. En moyenne, les élèves sont 25,2 par classe au collège et 21,2 dans le premier degré. C’est une moyenne ce qui implique des réalités différentes selon les zones concernées.

 

Qui dit chiffres dit aussi ouvertures et fermetures…

Cette terminologie n’est pas une fin en soi. Je préfère parler d’une enveloppe globale de moyens à répartir selon les besoins. Ce qui passe donc, selon les situations locales, par des décisions d’ouvertures ou de fermetures de postes. Concrètement, pour cette rentrée, alors que nous comptons 1 200 élèves de moins dans le premier degré, deux postes ont été octroyés au département. En dehors d’autres mesures spécifiques, 36 classes vont ouvrir alors que 49 autres vont fermer. Il faut bien comprendre que ces moyens permettent de faire d’autres choix tels que décharger les professeurs qui sont aussi directeurs d’écoles dans le respect des nouvelles modalités, de créer des postes pour accompagner les enfants à besoins particuliers par exemple avec des classes ULIS et d’améliorer les remplacements des enseignants.

 

Comprenez-vous les réactions d’élus, d’enseignants et de parents d’élèves qui vivent souvent ces annonces comme des injustices ?

Je dois mettre en application les mêmes critères sur l’ensemble du territoire départemental en tenant bien entendu compte de certaines spécificités selon la localisation des écoles ou leur composition sociale. Mais sans jamais m’éloigner de l’équité nécessaire et indispensable pour procéder à la répartition des moyens humains disponibles. Tout ceci se passe généralement en bonne intelligence avec les différents interlocuteurs et pour bien faire comprendre ces différents paramètres et ce en toute transparence, dans le cadre d’un dialogue permanent qui n’exclut pas parfois des déceptions compréhensibles.

 

Quelles sont les réformes mises en place pour cette rentrée ?

Une mesure forte souhaitée par le Président de la République est de limiter les effectifs à 24 élèves maximum dans les classes de grande section de maternelle, de CP et de CE1. Ce sera le cas dès cette rentrée et ce dans tous les secteurs du département, en zone rurale comme en zone urbaine. L’objectif affiché est que, à ces niveaux charnières, les enfants acquièrent les fondamentaux dans de bonnes conditions à ces niveaux charnières afin d’avoir des bases solides pour la poursuite de leur scolarité.

Les autres mesures importantes sont les postes dédiés à l’accompagnement des élèves à besoins éducatifs particuliers dans le cadre de l’école inclusive, l’amélioration du régime de décharges des directeurs d’école et l’amélioration du remplacement et de la formation des enseignants.

 

Les deux années passées ont été compliquées compte tenu de la situation sanitaire. Qu’en sera-t-il pour celle-ci ?

Il est important de souligner la formidable capacité d’adaptation du corps enseignant face à cette situation extraordinaire. L’activité scolaire a pu se poursuivre à distance, en présentiel ou de façon hybride. La continuité pédagogique a donc pu être assurée. Les élus et les différents partenaires comme l’Agence Régionale de Santé ont eux aussi été réactifs et proactifs au fil des mois ce qui a été un gage d’efficacité. Par conséquent, si de nouvelles mesures devaient intervenir dans les prochaines semaines, je n’ai aucune inquiétude, le service public de l’éducation sera assuré !

 

Comment se dessine l’école de demain ?

Il conviendra de s’appuyer sur les fondamentaux qui fonctionnement bien tout en utilisant les nouvelles possibilités qu’offre le numérique. Il ne remplacera pas les rapports humains qui sont essentiels mais sera un complément pour favoriser un meilleur apprentissage répondant aux besoins des élèves. Le Doubs fait d’ailleurs partie des 12 départements retenus dans le cadre du dispositif Territoires Numériques Educatifs. L’Etat va donc apporter sur trois ans des moyens complémentaires à ceux déjà engagés par le Conseil Départemental pour un déploiement encore plus important des outils numériques dans le premier degré et dans les collèges. Cela permettra d’acquérir plus de matériel mais aussi de former mieux encore les enseignants ou encore de favoriser l’e-inclusion.