C’est un sujet d’actualité ! En 2023, en France, « 9,7 millions de tonnes de déchets alimentaires » furent créés, d’après des chiffres avancés sur le site Internet du ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire. Peut-être pire encore, alors que des gens sur la planète rencontrent des difficultés pour se nourrir, une partie de ces déchets alimentaires était encore consommable. Pour l’année évoquée, le gaspillage alimentaire représentait 3,8 millions de tonnes (« Commissariat général au développement durable, 2025« ).

À la fin du XIXe siècle, le gaspillage alimentaire existait déjà. À cette époque, certaines personnes trouvaient également dommage de détruire de la nourriture encore consommable, alors même qu’une partie de la population était dans le besoin. À Besançon, en juin 1896, un homme prit une belle initiative pour aider les plus nécessiteux avec les produits non destinés à la vente. Un rédacteur anonyme raconte cette « bonne idée » dans l’édition du 22 juin 1896 du journal Le Petit Comtois.

 » Ce matin, vers onze heures, descendait à la criée municipale un lourd camion chargé de fruits et de légumes. Ces comestibles, trop avariés pour être mis en vente, n’étaient pas cependant absolument impropres à la consommation « , souligne-t-il, avant de poursuivre :  » Le facteur à la criée, au lieu de les faire enfouir, comme c’est l’usage en pareil cas, eut l’heureuse idée de les distribuer aux indigents. — Et pendant une demi-heure, c’était un curieux spectacle que celui des pauvres gens du quartier emplissant leurs paniers de choux, salades, pommes de terre et provisions de toutes sortes  » (n°4658, p. 2).